Coupe du monde de rugby : L’Afrique du Sud doit maintenir le cap
COUPE DU MONDE DE RUGBY 2023 – Alors que les Sud-Africains ne cessent de s’affirmer comme des candidats plus que crédibles à la défense de leur titre de champion du monde, acquis en 2019, leur capacité à maintenir leur forme affichée pendant l’été pose question.
Qui soulèvera la coupe Webb Ellis le 28 octobre prochain ? À l’aube de la deuxième journée, la question continue à faire débat chez les amateurs de rugby. Avec la France qui accueille l’évènement, l’Irlande, première nation au classement de World Rugby ou la Nouvelle-Zélande, sacrée par trois fois depuis 1987, l’Afrique du Sud, trois couronnes également, s’affiche parmi les plus sérieux prétendants au titre. Ce statut de favori s’est d’ailleurs affirmé ces deux dernières semaines, en infligeant aux Néo-Zélandais la plus lourde défaite de leur histoire (35-7), puis en signant une entrée dans le tournoi réussie face à l’Écosse en n’encaissant que trois petits points (18-3), dimanche dernier.
Job done for the reigning champions 🔐#RWC2023 | #RSAvSCO pic.twitter.com/cm1c2nCkwZ
— Rugby World Cup (@rugbyworldcup) September 10, 2023
La machine à broyer springbok tourne sur courant continu depuis le début de l’été. L’équipe a entamé le Rugby Championship le 8 juillet, l’a conclu à la deuxième place au terme des trois matchs, puis a enchaîné avec trois test-matchs contre l’Argentine, le Pays de Galles et la Nouvelle-Zélande tout au long du mois d’août. Les coéquipiers de Siya Kolisi ont donc entamé leur tournoi contre l’Écosse, en pleine possession de leurs moyens, avec six matchs dans les jambes.
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La Coupe du monde ressemble pourtant davantage à un marathon qu’à un cent mètres. Cinquante-et-un jours séparent le match d’ouverture et la finale, soit sept matchs pour les finalistes. Faut-il donc se préparer à être performants dès le premier match, comme a voulu le faire l’Écosse, qui a débuté sa préparation un mois avant le XV de France, ou pour monter en puissance tout au long du tournoi comme les Bleus ? En 2019, le schéma était identique pour les Sud-Africains (six matchs en juillet et août). L’issue, on la connaît : une victoire avec la manière contre les Anglais en finale (32-12) pour glaner un troisième titre en sept participations.
Une situation différente à celle de 2019
Les planètes semblent donc alignées pour rééditer cette performance. Cependant, il y a cette année une différence notable avec 2019. La saison dernière, quatre franchises sud-africaines ont disputé le United Rugby Championship (championnat réunissant des équipes écossaises, irlandaises, galloises, italiennes et sud-africaines) et les Coupes d’Europe (Champions Cup et Challenge Cup). Ainsi, en prenant l’exemple des Stormers, l’équipe du Cap a disputé seize matchs au cours de la saison qui a précédé la Coupe du monde au Japon, contre vingt-sept cette saison. L’exemple est encore plus frappant pour les Sharks avec vingt matchs en 2019 contre quarante cette année ! Une telle différence s’explique par le fait que l’ancienne équipe de Frédéric Michalak a disputé l’URC, la Champions Cup mais également la Currie Cup, principale compétition sud-africaine.
À titre de comparaison, c’est quatre matchs de plus que le Stade Rochelais, fort d’un parcours victorieux en Champions Cup. Néanmoins, entre le dernier match des deux équipes (le 17 juin) et le premier match de l’Afrique du Sud et de la France cet été, il s’est écoulé respectivement trois et sept semaines. Les Bleus du Stade Rochelais ont donc eu plus de temps pour récupérer d’une saison éprouvante que leurs homologues sud-africains.
Bien entendu, d’autres variables sont à prendre en considération, telles que l’adaptation de l’effectif des équipes sud-africaines (cinquante joueurs en 2019 pour les Sharks contre cinquante-six la saison dernière) et les différentes rotations. Néanmoins, ce facteur pourrait avoir des conséquences lors de la phase finale, et conduire la machine à broyer à s’enrayer, puisque quatorze des trente-trois joueurs retenus par le sélectionneur, Jacques Nienaber, évoluent dans une équipe qui dispute l’URC. Affaire à suivre.



Michel
15 septembre 2023 à 19h31
Bel article, la pertinence est au rendez-vous ! De plus, l’actualité sportive avec les blessures récentes des Springboks Etzebeth et de leur talonneur titulaire Marx vous donne raison.