Nouvelle-Zélande vs Afrique du Sud : Les duels de la finale
COUPE DU MONDE DE RUGBY 2023 – Samedi soir, le Stade de France sera le théâtre d’une affiche mythique pour décider du futur propriétaire de la coupe Webb Ellis. En effet, depuis plus d’un siècle, Nouvelle-Zélande – Afrique du Sud est un sommet du rugby mondial, qui voit les meilleurs se rencontrer. Cette fois-ci encore, nombre d’acteurs sont des champions expérimentés ou des joueurs de grand talent. De quoi nous offrir de sacrées oppositions durant la partie. Voici les principaux duels à suivre lors de la finale de la Coupe du monde 2023.
Sam Cane vs Siya Kolisi : les deux capitaines
En 2019, après François Pienaar et John Smit, il devient le troisième capitaine sud-africain à soulever la Coupe du monde. Quatre ans plus tard, Siya Kolisi (32 ans) a l’opportunité d’être le premier joueur des Springboks à gagner deux fois ce trophée en tant que capitaine. Il rejoindrait ainsi la légende des All Blacks Richie McCaw, seul capitaine à avoir réussi cet exploit jusque-là. Marcher dans les pas du flankeur aux 148 sélections, c’est aussi le rêve de Sam Cane (31 ans). Déjà champion du monde en 2015, c’est le premier mondial qu’il joue en tant que capitaine.
Mener son équipe en finale de Coupe du monde, ce n’est pas rien. Les deux flankeurs ont, certes, eu des parcours différents, mais en arrivent aujourd’hui au même point. D’un côté, le Néo-Zélandais, enfin épargné par les blessures, a réussi à faire taire les critiques, qui lui préféraient notamment Ardie Savea pour mener la sélection. De l’autre, Siya Kolisi est indéboulonnable depuis des années. Même s’il a souffert d’une grosse blessure avant la compétition, il s’est donné les moyens pour arriver à temps.
11 – Siya Kolisi will equal John Smit’s record for most games as Springbok captain at the Rugby World Cup in his 11th test in charge. 🇿🇦#RWC2023 #ENGvRSA pic.twitter.com/NHTLNsbXXX
— Jared Wright (@jaredwright17) October 20, 2023
L’influence des deux hommes sera prépondérante sur cette finale. D’une part, en tant que troisième ligne aile, ce sont des gros plaqueurs. Le Springbok a déjà effectué 44 plaquages (87% de réussite) dans cette compétition, quand le All Black en est à 47 (90%). Leur travail en défense aura forcément un impact sur la finale. D’autre part, si le match est serré, l’attitude envers l’arbitre Wayne Barnes aura des conséquences. Lequel des deux hommes saura le mieux gérer la communication et la pression ? Réponse samedi.
Aaron Smith vs Faf de Klerk : le poids des 9
C’est le duel de l’expérience au poste le plus important du jeu : celui de demi de mêlée. Tous deux champions du monde en tant que titulaires incontestables, ils sont des éléments incontournables de leur sélection, malgré des profils différents. Titré en 2015, Aaron Smith (34 ans) est sans nul doute le meilleur neuf de ces dix dernières années. Meilleur passeur de la planète, leader dans l’âme, le joueur des Highlanders sait aussi débloquer des situations et mettre les gaz pour planter des essais. Rendez-vous compte : en 124 sélections, Smith a inscrit 29 essais. Une statistique plutôt étonnante, vu son poste.
Un face à face qui s’annonce historique 🤩 #RWC2023 | #RWCFinal pic.twitter.com/lJA30otqYm
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Les Springboks comptent toutefois sur Faf de Klerk (32 ans) pour le museler. Peut-être moins dominant techniquement et davantage capable de sortir du cadre, il reste une arme quand il s’agit de harceler l’adversaire. De Klerk, c’est ce qu’on pourrait appeler un neuf pénible. Critiqué depuis plusieurs mois, l’ancien joueur de Sale n’a même pas été titularisé sur les deux dernières rencontres. Mais ses bonnes entrées ont rassuré le sélectionneur Jacques Nienaber, qui a décidé de le titulariser sur cette finale, témoignant aussi qu’il est important pour le groupe. Preuve de confiance, l’entraineur envisage peut-être même de le faire jouer tout le match, puisqu’il n’a pas prévu de demi de mêlée remplaçant. Aussi, il fera la paire avec Handré Pollard, afin de former une charnière très expérimentée.
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Brodie Retallick vs Eben Etzebeth : déjà des légendes du poste
Dans l’univers des deuxième lignes, a-t-on déjà vu des joueurs aussi forts ? En tout cas, difficile de trouver mieux qu’eux sur ces dix dernières années et on sait l’impact majeur qu’ils ont sur leur sélection respective. Eben Etzebeth (31 ans) et Brodie Retallick (32 ans) sont sans nul doute les deux joueurs les plus complets de l’histoire à ce poste. Malgré leur taille (2.04 m pour les deux), ils savent tout faire et sont précieux dans tous les secteurs du jeu.
En touche, d’abord, ils sont des éléments essentiels, même s’ils jouent dans des équipes armées sur ce secteur. Dans le jeu, on notera que le All Black a certainement un avantage technique, avec des capacités dignes d’un trois-quarts, capable donc de mettre de l’incertitude dans la ligne adverse. En face, c’est plutôt la puissance qui caractérise le jeu du Springbok. Difficile à stopper, le Springbok a l’image d’un joueur rugueux, guerrier dans l’âme, iconique donc des avants sud-africains. C’est sans doute le plus beau duel de cette finale et celui qui caractérise le mieux la rivalité des deux nations depuis plusieurs années.
Jordie Barrett vs Damian de Allende : un duel atypique au centre du terrain
Ce ne sont peut-être pas les deux premiers joueurs auxquels on pense lorsque l’on évoque cette finale. Ils ne sont pas non plus de genre à crever souvent l’écran en cours de match. Néanmoins, Damian de Allende (31 ans) et Jordie Barrett (26 ans) sont devenus des joueurs indispensables et qui ont la lourde tâche de peser au centre du terrain.
Pourtant, ces deux hommes ont des profils bien différents. Ayant commencé sa carrière professionnelle à l’arrière, le benjamin des frères Barrett est un joueur de grande taille, efficace sous les ballons hauts. Mais si Ian Foster a choisi de le positionner au centre, c’est pour profiter de toute sa palette technique, qui sied parfaitement au jeu des All Blacks. Dans le rôle de régulateur, le joueur des Hurricanes possède un très bon jeu au pied, de belles qualités ballon en mains et provoque beaucoup d’incertitudes. C’est aussi un défenseur efficace, avec 45 plaquages effectués pour 81% de réussite, depuis le début du mondial. En quart de finale, c’est lui qui réalise le plus beau geste défensif avec une défense héroïque sur un maul irlandais, au meilleur des moments.
Ireland 24 – 28 New Zealand. THREAD – A game changing moment. Jordie Barrett with incredible timing and technique to wrap up the ball and save a certain try.
The new goal line drop out rule gets the All Blacks out of jail…. (4/5)#RWC2023 #IREVNZL #IRE #NZL pic.twitter.com/giiavd7Jwx— RugbyGlobal (@RugbyGlobal) October 19, 2023
Décisif en quart de finale, De Allende le fut également. Le centre est notamment l’auteur du deuxième essai qui a fait mal aux Bleus. Contrairement à Barrett, l’ancien joueur du Munster est davantage un casse muraille, utilisé pour fixer la défense, en faisant des dégâts bien évidemment. Depuis le début de la compétition, il a déjà battu 17 défenseurs. Il est d’ailleurs l’un des tout meilleurs au monde dans ce rôle de premier centre très physique. En défense, il fait aussi le boulot avec 31 plaquages depuis le début de la compétition (77% de réussite).
Mark Telea vs Cheslin Kolbe : qui sera le facteur X ?
Du côté des All Blacks, Mark Telea est certainement la révélation de ce mondial. À 26 ans, le joueur des Blues a mis un peu de temps à exploser, mais le voici désormais sur le devant de la scène. Si Will Jordan a déjà marqué huit essais dans cette Coupe du monde, et ainsi égalé des légendes comme Jonah Lomu ou Bryan Habana, Mark Telea délègue le rôle de finisseur, malgré trois essais, pour celui de X-Factor. En effet, il impressionne avec son dynamisme, son agilité et sa puissance qui font de lui un joueur difficile à attraper : depuis début septembre, il a déjà battu 31 défenseurs, alors qu’il n’a joué de trois rencontres !
Ces caractéristiques, on les retrouve aussi chez un certain Cheslin Kolbe (29 ans). Connu pour ses appuis insaisissables, le joueur casqué fait les belles années de cette équipe des Springboks dominante sur le circuit mondial. Aussi, c’est un joueur qui peut faire des différences aux bons moments. Depuis le début de la compétition, il a battu sept défenseurs, réalisé six franchissements et conclu deux actions. L’une de ses armes, c’est aussi sa pointe de vitesse, qui en fait l’un des joueurs les plus rapides du monde.
The last time Cheslin Kolbe played England at a Rugby World Cup… 🇿🇦 🏆#RWC2023 | #ENGvRSA pic.twitter.com/Riw2uaSaKa
— Rugby World Cup (@rugbyworldcup) October 19, 2023


