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Alain Massabova : « La France est le plus grand pays du BMX »

Killian Tanguy

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Alain Massabova « La France est le plus grand pays du BMX »
Photo Killian Tanguy / Dicodusport

BMX – Alain Massabova est l’un des pionniers de la discipline en France. Rider depuis 1986, il a également détenu un magasin à Paris, créé une marque de vélo et édité des livres ainsi que des magazines. Il a donc vu l’évolution de son sport sous tous ses angles. Aujourd’hui, il se décrit comme quelqu’un qui s’ « occupe du BMX en France » et s’il explique qu’il ne participera pas aux Jeux car « il faut laisser la place aux jeunes », il y prendra part en tant qu’intervenant.

Nous l’avons rencontré à SPOT24, l’exposition olympique sport et culture urbaine qui ouvrira fin novembre à Paris et qui expose notamment l’un des premiers bicross ainsi que ceux d’Anthony Jeanjean, seul rider français à avoir fait l’épreuve de BMX freestyle, et de Matthias Dandois, 9 fois champion du monde en flat. Il est revenu avec nous sur sa vision du BMX actuel dans l’Hexagone.

Vous pratiquez le BMX depuis près de 40 ans. Comment a-t-il évolué ?

Le BMX a évolué de tous les côtés. Au début, le vélo n’était pas très solide, il bougeait beaucoup et avait une géométrie un peu bizarre. Aujourd’hui, les vélos sont hyper rigides, hyper solides et hyper maniables, donc ça a tout changé. Au niveau des figures, elles étaient très simples : les riders enlevaient juste leurs mains. Maintenant, ils tournent dans tous les sens et sans les mains. Et puis, les riders avaient un bout de rampe ou un bout de terre pour faire un demi-tour, alors que, désormais, ce sont des skateparks avec des structures. Donc le BMX a énormément évolué, et ce n’est pas fini.

Que pensez-vous de la place du BMX aux Jeux Olympiques et surtout le freestyle, arrivé à Tokyo en 2021 ?

C’est la reconnaissance. C’est ce que nous avons toujours voulu avoir. Il y avait des compétitions dans le monde entier, mais les JO c’est le top. Depuis, le BMX n’est plus une petite discipline, c’est devenu un vrai sport. Ça change tout.

Vous n’avez pas eu cette crainte de la perte d’identité ?

Arriver aux JO voulait forcément dire UCI (Union Cycliste Internationale) et FFC (Fédération Française de Cyclisme). Donc un règlement sur un sport qui ne peut pas avoir de règlement, car, par définition, le freestyle n’a pas de règlement : nous nous habillons comme nous le voulons et nous faisons ce que nous voulons sur nos vélos. Personne ne nous dit ce que nous avons à faire. Mais en même temps, pour être reconnu, il fallait accepter les contraintes. J’étais anti-fédération quand elle nous imposait des choses. Mais là, elle ne nous impose rien. Les juges sont des riders, les organisateurs aussi, tout comme les membres de la fédération et les coachs.

Même si c’est une grosse fédération, ce sont des riders qui gèrent le sport. Nous y perdons un petit peu au niveau de la liberté, mais nous sommes reconnus. Majoritairement, les riders actuels ont compris que c’était une bonne chose. Ils veulent vivre de leur sport, ce qui implique d’avoir des sponsors. Pour cela, il faut les médias et donc les compétitions. Je pense que presque tous les riders français ont compris qu’il fallait passer par le fait de mettre un drapeau bleu blanc rouge sur le vélo et d’avoir quelques contraintes.





Comment sont les Français à neuf mois des Jeux ?

La France est le plus grand pays du BMX. Pendant longtemps, ça a été les États-Unis, car ils avaient dix ans d’avance, mais petit à petit, la France a rattrapé son retard. Aujourd’hui, elle est le pays du BMX, tout simplement parce que ce sont les Français qui créent les tendances. Même si parfois, les riders sont meilleurs à l’étranger, les figures viennent d’abord de chez nous. Et puis nous avons des champions avec Matthias Dandois. La France a toujours été précurseure. Avant, j’avais un magazine de BMX (ndlr : CREAM BMX) et dans le monde, pratiquement tout le monde le reconnaissait et disait que c’était le meilleur. La France a toujours été un peu au top et nous allons essayer de continuer. Mais ce n’est pas facile parce que le Japon vient en force dans le BMX. L’Australie et l’Angleterre aussi.

Que seraient des Jeux olympiques réussis pour le BMX ?

Faire des médailles parce que les médias parlent beaucoup plus des médailles que du reste. Mais les riders tombent beaucoup dans le BMX, donc le n°1 mondial peut arriver dernier à cause d’une chute, surtout dans la partie racing où ils tombent énormément. Mais ce que nous souhaiterions, c’est que grâce aux JO, le public voie ce qu’il y a derrière, comme l’entraînement. Généralement, il ne voit que la figure et la chute qui va avec.

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