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Jean-Philippe Stefanini : « La course d’orientation n’est pas prête pour être une activité d’intérieur »

Killian Tanguy

Publié le

Jean-Philippe Stefanini « La course d’orientation n’est pas prête pour être une activité d’intérieur »
Photo via FF Course d'Orientation

COURSE D’ORIENTATION – Jean-Philippe Stefanini, le président de la Fédération Française de Course d’Orientation, aborde, pour Dicodusport, l’avenir de la discipline, à l’heure où le sport se pratique de plus en plus en ville. Il revient également sur le rejet du Comité International Olympique de mettre la course d’orientation au programme des Jeux de Paris 2024, et ce que cela aurait pu apporter à son sport qui compte actuellement un peu moins de 10 000 licenciés.

Vous venez de réaliser une animation de course d’orientation sur un terrain de 10 mètres carrés. Pas besoin d’un grand espace pour pratiquer donc.

Il s’agissait essentiellement de jeux d’orientation avec des petits parcours comprenant des multiples changements de direction. L’animation visait à faire découvrir le maniement d’une carte, parce que la course d’orientation, c’est d’abord une carte qu’il faut savoir manipuler. La carte représente le terrain, mais ne bouge pas. Donc quand on change de direction, il faut que la carte reste orientée. Cela permet aussi de montrer que la discipline rentre bien dans des activités de sport santé ou des activités pour enfants.

Est-ce que cela montre aussi que c’est une activité qui peut se pratiquer en intérieur à l’heure de l’urbanisation ? Un peu comme l’escalade avec de nombreuses salles qui émergent ?

Aujourd’hui, la course d’orientation se pratique surtout en pleine nature. Et je ne crois pas que l’on va l’abandonner, parce que c’est au cœur de l’activité. Mais elle se pratique aussi en ville avec des sprints urbains qui durent 12 à 15 minutes. La réflexion est autour du fait que la population française et européenne est de plus en plus urbaine et que c’est facile d’attirer les personnes dans un milieu où elles vivent. En plus, les techniques d’orientation sont plus simples à comprendre en milieu urbain : est-ce que je prends la route de droite, celle d’en face, celle du milieu ou celle qui est un peu en biais ?

On a moins de difficultés techniques à entrer dans la pratique de course d’orientation en milieu urbain qu’en pleine nature. Mais la course d’orientation n’est pas prête pour être une activité d’intérieur. On peut s’entraîner en intérieur – tous nos clubs qui pratiquent l’hiver le font – mais c’est de la simulation. C’est plus de l’acquisition de technique et du maintien de la forme pratique que de la pratique compétitive. On reste malgré tout une activité d’extérieur.

Quel était votre objectif en venant au Salon du Sport ?

On vient pour rencontrer les collectivités territoriales et leur offrir un produit que nous appelons « les espaces loisirs d’orientation ». C’est un outil d’aménagement du territoire. Le concept est de valoriser le territoire d’une collectivité territoriale en s’appuyant sur une petite carte de course d’orientation et en créant un parcours qui passe par les points remarquables de la commune : des bâtiments avec un intérêt architectural, un paysage ou un point où on peut parler de papillons, d’arbres, etc. Mais notre présence ici ne vise pas à augmenter le nombre de licenciés.

Ce nombre de licenciés est-il en augmentation ?

On est en augmentation depuis la sortie du COVID. Pendant la pandémie, on avait perdu, à peu près, 10 % de nos adhérents, puisque toutes les activités avaient été interrompues. Durant près de deux ans, on n’a pas eu de championnat. L’année qui a suivi la reprise du COVID, on a rattrapé l’intégralité de notre nombre de licenciés. Et depuis, on croît, à peu près, entre 4 et 5 % par an.





Avez-vous un objectif à atteindre ?

On a un objectif symbolique qui est les 10 000 licenciés. Aujourd’hui, on doit être autour 9 800 (9 699 licenciés selon les derniers chiffres, publié en septembre 2023 par l’INJEP). Mais c’est un symbole. L’objectif est d’avoir une croissance régulière, à la fois en conservant l’ensemble de nos licenciés et en acquérant de nouveaux licenciés.

La Fédération internationale a fait la proposition d’intégrer les Jeux Olympiques de Paris 2024. Est-ce qu’intégrer cet événement aurait été un moyen de passer les 10 000 licenciés ?

Oui, c’était un moyen. Les Jeux Olympiques offrent une visibilité médiatique importante, et on sait que toutes les disciplines qui sont aux Jeux Olympiques connaissent une croissance importante. Certaines ont même du mal à accueillir tous les nouveaux licenciés. C’était un moyen, mais notre objectif est de poursuivre notre croissance, même si on n’est pas présent aux Jeux olympiques.

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