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Athlétisme : Plongez au coeur du X-Athletics

Etienne Goursaud

Publié le

Athlétisme : Plongez au coeur du X-Athletics
Crédit Patrice Mallet Photographies

ATHLÉTISME – Plongez au cœur du X-Athletics, un des plus grands rendez-vous pour les épreuves combinées dans le monde. Mais aussi un meeting qui innove, avec le développement de son programme handisport et la création d’un heptathlon féminin, une première au niveau international. 

26 épreuves durant le week-end du X-Athletics

Samedi 11h15. Premier coup de pistolet. Les courses du 200 m handisport hommes et femmes viennent de s’élancer. Le coup d’envoi d’un week-end sans répit à Aubière, qui accueille la 7e édition du X-Athletics. Le rendez-vous numéro un en France et en Europe, pour les épreuves combinées, sur la saison en salle. Mais qui accueille, depuis le début plusieurs épreuves dédiées au para-athlétisme. Ainsi, Axel Zorzi, Aled Davies, Joël De Jong et d’autres cadors ont pu s’illustrer toute la journée du samedi. Pour la première fois cette année, le meeting est devenu international label World Paralympics.

Si en France, on retient surtout les 7.11 au 60 m d’Axel Zorzi, côté organisationnel, c’est un sacré défi. “C’était la volonté de rendre ce meeting inclusif”, confient les organisateurs du X-Athletics. « On veut promouvoir l’athlétisme à grande échelle et rappeler qu’il y a des performances de très haut niveau en handisport. Surtout, on voulait quelque chose d’aussi grandiose que l’heptathlon et le pentathlon”.

Le samedi, il a fallu faire loger quatre épreuves de l’heptathlon masculin, quatre de l’heptathlon féminin et cinq épreuves de para-athlétisme. Soit quatorze coups de pistolet – en ne comptant pas les différentes séries dans les courses – ou début de concours en à peine sept heures. Dimanche, il y avait trois épreuves de l’heptathlon masculin, trois de l’heptathlon féminin et tout le pentathlon féminin. Douze épreuves en 6h30. Une montagne organisationnelle. Car, après l’incorporation d’épreuves handisport en 2023, le X-Athletics a choisi de lancer le tout premier heptathlon féminin international de l’histoire. Six concurrentes, deux Américaines et une vainqueure, Noémie Desailly, avec 5 761 points.

Une première pour l’heptathlon féminin au X-Athletics

Car, en 2024 et dans un monde qui tend heureusement vers l’égalité des épreuves entre les hommes et les femmes, les épreuves combinées entretiennent l’exception. L’été, pendant que les hommes font un décathlon (10 épreuves), les femmes font un heptathlon (7 épreuves). L’hiver, c’est respectivement sept et cinq épreuves. Un paradoxe au niveau international et ce week-end du X-Athletics était l’occasion de mettre en avant l’égalité. C’est hyper jouissif de marquer un peu l’histoire”, commente Noémie Desailly. C’est une première étape vers le haut niveau vers l’heptathlon et le décathlon”, poursuit la jeune femme de 21 ans. Adeline Audigier, également présente dans cet heptathlon, a lancé un appel à aller vers le décathlon, pour les épreuves officielles chez les femmes. Relayant une pétition, invitant à la création du décathlon féminin pour les JO de Paris 2024.

« Une exigence financière et d’invitation »

Défi réussi pour le directeur du meeting, Aurélien Preteseille et le Clermont Athlétisme Auvergne, club organisateur. Qui nous a ouvert ses portes. Une organisation du meeting qui commence à se réfléchir dès le mois d’août de l’année précédente. C’est six mois d’organisation dont quatre mois à temps plein”, confient les organisateurs. Qui doivent faire face à un cahier des charges bien rempli, depuis le passage du meeting en « Silver » en 2023. C’est une exigence financière, car cela dépend aussi du prize money. C’est 10 000 €, 5000 pour le penta et 5 000 pour l’heptathlon. On a l’obligation d’inviter certains athlètes, en fonction de leur ranking au niveau mondial”.





Mais qui renforce l’attrait du meeting, une année de qualification aux JO, où chaque point marqué au ranking peut être décisif en cas de qualification sans passer par des minima. Ashley Moloney n’était pas invité et c’est lui qui est venu vers nous. Cela montre, que le X-Athletics prend de l’ampleur. Le Silver renforce le statut d’un des meilleurs meetings en salle au monde. On peut dire qu’on est devenu le rendez-vous incontournable des épreuves combinées en Europe”, se réjouissent les organisateurs. Et une fierté pour les quelques 100 bénévoles qui aident à la tenue de l’événement.

Le X-Athletics de plus en plus international

Une grosse machine et une grande pression : Elle commence dès qu’on envoie les invitations aux athlètes. On les envoie mi-septembre. Il faut faire un classement pour voir les tendances. Tout s’enchaîne. Avec plein de choses à cadrer. Une pression qui s’accumule. Et le pic, c’est au début du mois de janvier. C’est là qu’il faut être dans les starting-blocks”. Avant la concrétisation et l’installation de la salle dès le vendredi. Une fois qu’on voit les athlètes sur la piste, on est tous heureux et prêts pour un gros spectacle”.

Des athlètes en piste qui sont de plus en plus internationaux. Si Katarina Johnson-Thompson était la tête d’affiche du meeting, elle a dû renoncer pour cause de blessures. Néanmoins, le fait d’attirer une telle pointure est un beau symbole. Et Maria Vicente y a réalisé la meilleure performance mondiale de la saison, avec ses 4726 points. La volonté, à la création du meeting, c’était de faire venir les meilleurs athlètes du monde. Quand on a su qu’elle venait, on s’est rendu compte de notre changement de dimension”. L’an passé, Kevin Mayer était venu disputer le 60 mètres et le poids.

Et pour la première fois, on a une athlète américaine, pour la première fois, on a un Australien. On s’ouvre au monde entier. On a eu des pointures mondiales en handisport”, se réjouissent les organisateurs, en évoquant Michelle Atherley, 6e de l’épreuve et Ashley Moloney, médaillée de bronze aux JO 2021. Et le vainqueur, Simon Ehammer, est le vice-champion du monde en titre de l’heptathlon. À moyen terme, le X-Athletics vise le label « Gold », le plus haut label lors de la saison en salle. On doit encore s’affirmer. On y travaille”, confient les organisateurs. « Et nous avons été six fois meilleur meeting du monde en salle sur les sept éditions au ranking des compétitions épreuves combinées indoor World Athlétics ».

L’édition 2024 a été une réussite. Et les organisateurs vont pouvoir prendre un peu de repos pour savourer. Contrairement aux athlètes qui vont continuer à se battre pour des perfs et des points.

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