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Coupe du monde de biathlon

Coupe du monde de biathlon : 5 femmes pour un gros globe

Victor Clot-Amiot

Publié le

Coupe du monde de biathlon 5 femmes pour un gros globe
Photo Icon Sport

BIATHLON COUPE DU MONDE 2023-2024 – Alors que la saison touche à sa fin et que les dernières courses se tiendront entre jeudi et dimanche, cinq femmes nourrissent encore des espoirs pour décrocher le gros globe de cristal.

Au classement général, 136 points séparent Ingrid Tandrevold (964 points), première, de Lou Jeanmonnot (828 points), cinquième. Entre les deux biathlètes, on retrouve intercalées Lisa Vittozzi (891 points), Justine Braisaz-Bouchet (881 points) et Julia Simon (858 points). Elvira Oeberg suit, plus loin, avec 753 points. Si la Suédoise n’est, mathématiquement, pas hors course pour le gros globe de cristal, les probabilités qu’elle puisse le remporter sont de l’ordre de celles de gagner au loto. Ainsi, 136 points d’écart auraient semblé rédhibitoires il y a encore deux ans, mais le nouveau système de points, introduit la saison dernière, change quelque peu les perspectives.

Alors qu’une victoire offrait 60 points jusqu’à la fin de la saison 2021-2022, elle en offre désormais 90. La raison officielle est de ne pas éliminer un biathlète de la course au général en cas d’absence en cours de saison alors que les deux moins bons résultats, qui jusqu’alors étaient supprimés, ne le sont plus. Ainsi, avec trois courses encore à disputer, il reste 270 points à prendre au maximum. De même, les résultats des championnats du monde, au grand dam de Julia Simon et Justine Braisaz-Bouchet, ne comptent plus pour le classement de la Coupe du monde. La Norvégienne Ingrid Tandrevold semble donc en position de décrocher son premier gros globe et succéder ainsi à Julia Simon.

Des dynamiques différentes

Si la Norvégienne peut faire valoir sa régularité puisqu’elle est montée sur le podium lors de six des huit courses disputées jusqu’à présent, la dynamique actuelle est plutôt en faveur de Julia Simon et Lou Jeanmonnot qui ont obtenu respectivement quatre et cinq podiums sur les six dernières courses individuelles (deux et quatre depuis la fin des Mondiaux). Pourtant, ce sont elles qui ont le plus gros déficit à combler. Lisa Vittozzi peut également compter sur sa régularité. Si elle est celle qui a le moins de podium cette saison (5), elle est aussi celle qui est la moins sortie du top 10 (deux fois) et qui a l’intervalle le plus long entre son premier et son dernier podium.

🇸🇪 Ostersund 🇦🇹 Hochfilzen 🇨🇭 Lenzerheide 🇩🇪 Oberhof 🇩🇪 Ruhpolding 🇮🇹 Antholz 🇸🇯 Oslo 🇺🇲 Soldier-H
I S P S P S P M S P S P I M I M S P
Ingrid Tandrevold 7 6 5 🥇 🥉 🥈 15 5 17 🥉 🥇 🥈 12 17 🥇 4 🥈 11
Lisa Vittozzi 🥇 9 9 5 4 🥉 14 4 7 8 🥉 🥇 16 6 4 5 4 🥈
Justine Braisaz-Bouchet 21 24 15 🥉 8 🥇 🥇 🥇 🥇 🥈 12 7 42 9 7 11 🥇 7
Julia Simon 31 16 7 7 5 4 🥈 6 10 🥇 10 13 🥈 🥇 16 🥈 7 🥉
Lou Jeanmonnot 24 🥇 🥇 15 13 14 9 5 4 4 🥉 🥈 13 🥉 🥉 🥇

Justine Braisaz-Bouchet, qui a signé un retour de maternité virevoltant, semble légèrement marquer le coup actuellement. Malgré sa victoire, le week-end dernier, sur le sprint de Soldier Hollow, elle a paru moins forte sur les skis et derrière la carabine lors de la poursuite et du relais. Malgré tout, à l’exception de ses deux dernières courses, la biathlète des Saisies s’est peu à peu rapprochée d’Anna Maria Lampic sur les skis. Elle pointait à 2 secondes par kilomètre de la Slovène en début de saison et n’est plus qu’à 0.9 seconde en cette fin de saison. En revanche, ses statistiques au tir debout ont baissé puisqu’elle n’est plus qu’à 81%, après avoir flirté avec les 90%.

Si les statistiques de Julia Simon et Lisa Vittozzi demeurent plutôt constantes, la tendance positive est à mettre au crédit de Lou Jeanmonnot là encore. Elle aussi grappille du temps sur Anna Maria Lampic, puisqu’elle ne concède en moyenne que 3 secondes au kilomètre contre presque 5 début janvier. En outre, on peut souligner ses statistiques au tir puisqu’elle pointe à 90% au tir debout après un trou d’air pendant quelques semaines. En comparaison, sur l’ensemble de la saison dernière, son bilan était de 86%. Sur le couché, elle est l’une des plus solides du circuit avec 94% de réussite (avec Lisa Vittozzi notamment).





Pour qui la Coupe du monde de biathlon 2023-2024 ?

Surtout, ses statistiques augmentent alors que trois de ses six derniers podiums (hors Championnats du monde) l’ont été sur des courses en confrontation directe. Preuve s’il en fallait que la Française est de plus en plus solide mentalement. Après sa victoire sur la poursuite, ce week-end, elle déclarait d’ailleurs à nos confrères de L’Équipe, être « contente d’avoir réussi à trouver les solutions » face au stress qu’elle contenait. Au contraire, Ingrid Tandrevold n’a jamais semblé aussi friable derrière la carabine. Toujours aussi forte sur le tir couché (94%), les standards de la Scandinave, sur le debout ont de quoi inquiéter : alors qu’elle tournait autour des 80% de réussite à mi-saison, elle n’est plus qu’à 73% depuis quelques semaines.

Alors qu’il ne reste qu’un sprint, une poursuite et une mass start à disputer, le suspens reste donc entier même si Tandrevold et Vittozzi sont les mieux placées. La lutte à cinq s’annonce prometteuse et le scénario, idéal pour l’IBU et les téléspectateurs, semble écrit : une mass start où les cinq seraient encore en lice. Néanmoins, cela dépendra notamment des résultats de Tandrevold qui pourrait au contraire s’octroyer le gros globe dès samedi si elle réalise une performance de choix sur l’enchaînement sprint-poursuite.

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