Lorine Schild : « Enfin libérée d’avoir franchi le cut »
CHAMPIONNATS DU MONDE DE PATINAGE ARTISTIQUE 2024 – C’est une Lorine Schild libérée et bavarde qui arrive en conférence de presse pour s’exprimer sur son programme court. Elle retourne vendredi soir sur la glace pour son programme libre.
Lorine Schild était sans doute stressée avant de monter sur la glace du Centre Bell ce mercredi soir, le cut raté l’an dernier au Japon dans un coin de la tête. Mais l’entraînement du matin l’a aidée et elle était contente de sa prestation. Avec sa coach Malika Tahir, elle est revenue sur sa prestation du jour.
Alors, ce programme court ?
Lorine Schild : Eh bien, je suis contente, même s’il y a une petite erreur au début. Mais dans l’ensemble, c’était plutôt bien, je n’ai rien lâché, tout était propre. Donc, je suis très contente et peut-être qualifiée. Et c’était surtout cela l’objectif, là où l’année dernière, je n’avais pas passé le cut. Je suis très contente de ce que j’ai fait.
Comment l’as-tu abordé ? Est-ce que tu as pensé à l’année dernière ?
Ce matin, un petit peu et il y a eu un petit coup de stress, mais j’ai réussi à l’évacuer. Je voulais juste prendre plaisir et le résultat serait ce qu’il serait.
« Je voulais juste prendre du plaisir et peu importe ce qui pouvait se passer »
Tu nous avais dit que tu voulais prendre du plaisir. Comme tu as su au dernier moment que tu allais participer à ces Mondiaux, ta préparation n’a pas été optimale. As-tu pu prendre du plaisir ?
Oui, oui, surtout après ce matin. J’étais trop dans l’objectif de vouloir passer le cut et ça m’a trop occupé l’esprit. Mais j’ai réussi à passer à côté et Malika (Tahir, sa coach, ndlr) m’a aidée. J’avais juste à me dire de prendre plaisir à patiner et peu importe ce qui pouvait se passer, il se passera ce qui se passera.
Malika, es-tu aussi sur la même longueur d’onde ?
Malika Tahir : Moi, je suis super contente qu’elle n’ait rien lâché. Elle était très stressée à l’entraînement de ce matin, où elle avait un peu le traumatisme du non-passage du cut de l’an dernier. Donc là, elle s’est prouvée qu’elle pouvait passer le cut. Je suis contente qu’elle se soit remobilisée et qu’elle se soit battue comme elle s’est battue.
« On a joué aux cartes pour essayer d’occuper son esprit »
Justement, comment lui faire oublier ce traumatisme, ou comment passer au-dessus pour pouvoir aborder à peu près sereinement le programme court de ce soir ?
Malika Tahir : Déjà, il a fallu qu’elle le verbalise. En fait, à la sortie de l’entraînement de ce matin, elle ne savait pas trop ce qui se passait. On a pas mal discuté pour qu’elle arrive, justement, à pleurer et à sortir qu’elle avait peur de ne pas passer le cut. J’ai essayé de la rassurer avec mes mots en lui disant qu’il ne fallait pas penser à ça, qu’il fallait patiner et d’abord patiner, et qu’après, on verrait bien ce qui se passe. Ce qui était super positif après l’entraînement de ce matin, c’est qu’elle a pu sortir, ce qui la perturbait un petit peu. Donc le fait d’en parler, c’était une bonne chose. Et on a joué aux cartes (rires) pour essayer d’occuper son esprit.
Lorine, qu’est-ce que cela indique de ta personnalité de devoir te tirer les vers du nez, de te pousser à verbaliser les choses ?
J’ai toujours un peu de mal à verbaliser et j’ai toujours tendance à tout garder pour moi. Et au bout d’un moment, si je garde trop pour moi, ça craque. Ça fait plusieurs années que j’essaye de verbaliser un peu plus, mais c’est encore un peu difficile. Mais c’est vrai que quand on verbalise, ça fait du bien et les personnes peuvent alors nous aider.
Maintenant que tu es libérée, comment vas-tu aborder la suite ?
Je vais prendre plaisir, patiner au mieux que je peux, puis je verrai le résultat. Je ne me fixe pas d’objectif de résultat, juste prendre plaisir ici pour la dernière compétition de la saison puis on verra bien.
Qu’est-ce que tu as pensé de l’ambiance, de la glace, de l’enceinte ?
Elle est super grande, c’est un super beau complexe. Et puis l’ambiance, il y a plein de monde, c’est super agréable de patiner avec une ambiance aussi chaleureuse.
Ce n’est pas trop impressionnant quand tu arrives sur la glace ?
Non, ça va. Ça fait déjà plusieurs compétitions que je fais dans ces conditions, comme celle au Japon (Mondiaux de l’an dernier, ndlr), donc on s’habitue. Et puis, après, quand je suis dans le programme, je ne vois pas les gens en tribune.
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— Mao Yanzheng (@maoyanzheng) March 20, 2024
« J’arrive quasiment tout le temps à me reprendre »
Aujourd’hui, je pense que l’une de tes plus grandes forces, c’est la régularité. Je me suis amusé à faire une petite statistique. Tu as subi quatre chutes depuis le début de la saison, ce qui fait environ 5 % de tes sauts, c’est hyper bas. Comment cela t’aide à prendre confiance ?
Je sais que peu importe ce qui se passe sur mes entraînements, que ce soit à la maison ou aux entraînements officiels, j’arrive quasiment tout le temps à me reprendre et à passer à autre chose pour patiner le mieux possible sur le moment.
Malika Tahir : Même s’il y a des jours où c’est moins bien, comme tout le monde, car ce ne sont pas des machines, je pense que sa force, depuis toute petite, c’est qu’elle ne lâche pas. Si aujourd’hui, elle peut aller chercher une combinaison, même difficile, c’est parce qu’à l’entraînement, elle s’habitue à faire cela. Elle ne pourrait pas le faire en compétition si elle ne s’habituait pas à ne pas lâcher à l’entraînement et j’essaie de la pousser à cela. Même si tout n’est pas parfait, c’est d’aller au bout de l’objectif du saut demandé. Et là, ça l’a clairement aidé.


