Tour d’Italie 2024 : 4 coureurs français à suivre sur le Giro
TOUR D’ITALIE 2024 – 22 Français seront au départ de la course. Focus sur quatre d’entre eux qui pourraient briller sur les routes italiennes.
- À ce sujet – L’actualité du Tour d’Italie 2024
Romain Bardet (Team DSM-Firmenich PostNL)
Le tout récent 2e de Liège-Bastogne-Liège revient sur les routes italiennes, deux ans après son cruel abandon, alors qu’il était encore en course pour un podium à minima. Que va viser l’Auvergnat sur le Giro 2024 ? Romain Bardet avait laissé entendre, en début d’année, être moins intéressé par les classements généraux, notamment sur les Grands Tours. C’était d’ailleurs le cas sur les routes de la Vuelta 2023, où il s’était focalisé sur les étapes. Passé tout près, lors des 6e et 14e étapes (3e et 2e). C’était le cas aussi lors de la Vuelta 2021 et 2017. Mais jamais le Français n’a abordé un premier Grand Tour de l’année, dans la peau d’un chasseur d’étapes.
Et on a quelques raisons de penser qu’il risque de se focaliser sur la régularité. D’abord, derrière Tadej Pogacar, la course au podium reste relativement ouverte. Et il n’a pas connu les joies du podium en grand tour depuis le Tour de France 2017 (3e). Et sa place (et forme) sur la Doyenne, va peut-être augmenter son moral et le rassurer sur sa capacité à jouer avec les meilleurs. La seconde raison est davantage comptable. Sa formation joue le maintien en World Tour.
Elle est actuellement 20e sur les saisons 2023-2024-2025. Et donc virtuellement en Pro Teams 2026 (mais avec wild-card automatiques aux courses World Tour). Elle est à ce jour 16e sur l’année 2024, bien aidée par les points du Français à Liège (640). Or, une 2e place au général sur un Giro (hors places étapes) rapporte 885 points. 495 pour le 5e et 180 pour le 10e. Autant dire qu’un top 5 peut apporter du beurre dans les épinards.

Deuxième de Liège-Bastogne-Liège derrière Tadej Pogacar, Romain Bardet (DSM-Firmenich PostNL) sera à suivre sur le Giro – Photo Icon Sport
Julian Alaphilippe (Soudal Quick-Step)
À l’inverse de son compatriote ci-dessus, Julian Alaphilippe devrait viser les victoires d’étape. Le classement général d’un Grand Tour, ce n’est pas son truc. Ce n’est pas sa 5e place sur le Tour de France 2019 qui a changé la donne. Attendu sur le Tour de Romandie, le Français n’a pas répondu totalement aux attentes, malgré sa 3e place sur un prologue qui était vraiment spécial. Néanmoins, on sent qu’il ne manque pas grand-chose pour le Français, pour faire basculer la pièce du bon côté.
Le Giro, traditionnellement, sourit aux échappées. Que ce soit en 2022 ou 2023, plus de la moitié des étapes ont été gagnées par des baroudeurs. Ok, il y a Tadej Pogacar, terreur et ogre des temps modernes. Mais le Slovène, s’il veut briller sur le Tour de France, quelques semaines plus tard, devra tempérer ses ardeurs en Italie. S’il parvient à assommer la course assez tôt, les opportunités seront nombreuses. Julian Alaphilippe devra jouer malin. Mais il aura des occasions de briller, pour sa découverte du Giro. On le voit bien entrer dans le club des coureurs ayant gagné une étape sur chaque Grand Tour.

Christophe Laporte (Visma-Lease a Bike)
Remplaçant de Wout Van Aert, qui a connu une terrible chute fin mars, le Français va aussi découvrir le Tour d’Italie, malgré ses 31 ans et sa considérable expérience au niveau international. Le champion d’Europe en titre, ralenti par un virus en début de saison, qui a pourri sa campagne de classiques, pourrait bien être revanchard sur les routes italiennes. Revanchard, mais possiblement brisé par sa formation néerlandaise.
Car elle va aligner un sprinteur Olav Koiij, qui a de grandes ambitions de succès d’étape. Et qui, en plus, a quelque peu progressé sur les étapes plus difficiles, on l’a vu sur Paris-Nice. Le Français pourrait bien être le dernier lanceur du Néerlandais. Comme il pourrait travailler également pour Cian Uijtdebroeks, qui vise une bonne place au classement général, voire le maillot de meilleur jeune du Giro. On connaît le travail précieux du coureur français, notamment dans la plaine, comme dans certaines premières ascensions d’étapes montagneuses. Il a largement contribué au double succès de Jonas Vingegaard sur le Tour de France, en 2022 et 2023. Mais, à partir de là, difficile d’avoir une carte personnelle. Et s’il en a une ou deux, il lui faudra être très malin et très fort.

Valentin Paret-Peintre (Decathlon AG2R La Mondiale)
Valentin Paret-Peintre, c’est le 4e du dernier Tour des Alpes. Et qui aurait pu monter sur le podium s’il avait terminé 2e derrière son frère Aurélien, lors de la dernière étape. À cela s’ajoute une excellente 8e place du classement général sur le Tour Down Under (World Tour), mais aussi un gros travail pour Ben O’Connor, 2e de l’UAE Tour, le propulsant lors de son succès d’étape sur Jebel Jais. En bref, un début de saison très solide pour le coureur, qui n’a eu que 23 ans en ce début d’année 2024. Et le Giro pourrait lui ouvrir la porte de belles opportunités, même s’il ne sera pas le leader de Decathlon AG2R La Mondiale.
Ce sera bien Ben O’Connor le leader. Mais l’Australien, candidat au podium, n’aura pas, normalement, tout le poids de la course sur ses épaules. On en revient encore une fois à Tadej Pogacar, mais sa présence et son statut d’hyper favori libère des possibilités pour les autres équipes. À partir de là, le Français, qui a fait ses preuves en montagne, pourrait bien être tenté de s’échapper sur une ou deux étapes difficiles. Et ses qualités de grimpeur, conjugué à une pointe de vitesse loin d’être mauvaise, peut en faire un prétendant à un succès de prestige. Le Giro s’est déjà offert à de jeunes français audacieux, comme son coéquipier Victor Lafay en 2021… Ou son grand frère Aurélien, qui avait levé les bras l’an passé. Devançant Andreas Leknessund. Un succès qui pourrait bien inspirer le petit frère.

Valentin Paret-Peintre – Photo Icon Sport


