Gabriel Tual : « Je suis capable d’être champion olympique »
DIAMOND LEAGUE 2024 – Troisième du 800 mètres du meeting de Paris en 1′41″61, Gabriel Tual a battu le record de France ce dimanche. Engagé dans le double tour de piste le plus dense de l’histoire, le Bordelais avait du mal à y croire dans les entrailles du Stade Charléty.
Quelle performance !?
C’est dingue. À l’entraînement, on sent quand on a des gros chronos. Je me disais que 1:42, c’était jouable, mais de là à faire 1:41.61… je ne réalise pas. C’est lunaire (il répète). Je suis sur la lune.
Pouvez-vous nous détailler la course ?
Je me suis vachement bien engagé dès le début, je n’ai pas été trop gêné. Puis j’ai essayé d’être le plus fluide possible, le plus concentré sur ma course et sur mes sensations internes et externes. Quand on arrive aux 500 mètres, je suis bien. Je reste fluide et puissant. Et puis aux 600 m, je tourne la tête et je vois une 1:05 et je me dis que ça va super vite… mais en même temps, je suis super bien donc j’accélère. Dans la dernière ligne droite, je mets un petit coup d’œil à l’intérieur, mais je ne vois plus de lumières (la wavelight) donc je me demande ce qu’il se passe. Je ne regarde pas forcément le chronomètre, je me concentre pour finir ma course à fond et casser. Je n’ai pas les mots. Je voulais avant tout confirmer que je pouvais me battre avec les meilleurs et que j’étais capable de faire de bonnes choses. C’est chose faite. Je ramène le record de France à la maison et c’est la petite touche en plus.

Cela vous donne-t-il encore plus de confiance ?
Je ne suis jamais dans l’excès de confiance. Forcément, il faudra montrer que je suis présent aux Jeux, car ce sera d’autres courses. Je suis rassuré et soulagé. Ça fait du bien de se dire que je vaux 1:41. Je sais les faire, donc je saurai les reproduire. J’avais déjà coché beaucoup de cases, et là, j’en coche une de plus. Je n’en ai plus beaucoup à cocher (rires). Il reste Paris, mais c’est exceptionnel ce qu’il se passe, c’est magnifique.
Est-ce que ça renforce votre idée qu’être champion olympique est possible ?
Oui, je me le dis. Je me disais déjà, mais là, c’est encore plus présent. Il ne manque pas grand-chose. J’ai complètement ma carte à jouer. Il ne faut pas que je coule sous la pression, mais c’est faisable. Je pense que je suis capable.
En conférence de presse, samedi, vous nous disiez que si vous pouviez prendre quelque chose à Benjamin Robert, ce serait son finish. Il était plutôt pas mal sur cette course ?
Oui, il était pas mal (rires). Je ne peux pas trop me plaindre. J’ai fait une course parfaite, il n’y a rien à redire.
Vous avez côtoyé le même entraîneur que Pierre-Ambroise Bosse (ancien recordman de France en 1:42.53). Peut-on parler d’une passation de pouvoir ?
C’était d’autres courses à l’époque de PAB. On ne peut pas trop comparer. Je pense que quand je vais le croiser, il me fera un gros câlin. Les records sont faits pour être battus. Aujourd’hui, on a les pointes, on est à fond sur la technologie et les détails, ça y fait beaucoup aussi.


