Cyclisme : Tudor, de la 2ème division à un recrutement XXL et au Tour de France 2025 ?
CYCLISME SUR ROUTE – Tudor Pro Cycling Team est une équipe très jeune dans le peloton mondial. Elle a pourtant réalisé un mercato 5 étoiles ces dernières semaines, avec notamment la signature de Julian Alaphilippe, ancien double champion du monde. Une continuité dans un projet qui ne se brûle pas les ailes.
Fondée en 2018, l’équipe Tudor Pro Cycling n’est réellement lancée qu’en 2022. Cette année-là, Fabian Cancellera, toujours très impliqué dans le cyclisme suisse, apprend la disparition de la Swiss Racing Academy. Les 16 jeunes coureurs de cette équipe suisse vont alors perdre leur contrat. L’ancien triple vainqueur de Paris-Roubaix est alors contacté par l’horloger Tudor. Ce dernier souhaite s’implanter dans le peloton cycliste. Fabian Cancellera est la figure de proue parfaite pour la marque suisse. C’est ainsi que naît la Team Tudor Pro Cycling le 16 avril 2022. L’équipe est alors composée de 16 coureurs.
En 2023, elle obtient une licence Pro Team. Pour sa première saison à ce niveau, l’équipe suisse recrute. Des Suisses bien sûr, comme l’expérimenté Sébastien Reichenbach ou Yannis Voisard. Mais aussi des coureurs qui ont fait leurs preuves, comme le sprinteur néerlandais Arvid de Kleijn. Ce dernier va briller tout au long de la saison. Avec, en apothéose, sa victoire sur Milan–Turin devant notamment Fernando Gaviria ou Dylan Groenewegen.
Les premiers succès en World Tour
L’année suivante, le recrutement continue, ce qui assume son projet neuf et ambitieux. Les dirigeants ajoutent Michael Storer, double vainqueur d’étape et ancien meilleur grimpeur sur le Tour d’Espagne, Alberto Dainese (2 victoires sur la Vuelta, 1 sur le Giro) ou encore Matteo Trentin, sextuple vainqueur d’étape sur les Grands Tours. Dans le même temps, aucun coureur ne quitte la formation suisse. Des ajouts qui s’avèrent payants. Sur la deuxième étape de Paris-Nice, le sprinteur maison de Kleijn remporte la première victoire en World Tour de Tudor. Devant un panel de spécialistes assez impressionnant : Laurence Pithie, Groenewegen, Sam Bennett, Mads Pedersen ou encore Pascal Ackermann.
👀 🇳🇱Arvid de Kleijn tout en puissance 💪
👀 A strong sprint by 🇳🇱Arvid de Kleijn 💪#ParisNice pic.twitter.com/MCm4eXWgQS
— Paris-Nice (@ParisNice) March 4, 2024
Quelques semaines plus tard, c’est sur le Tour de Romandie que la formation suisse brille de nouveau. Aidé par une météo favorable, Maikel Zijlaard remporte le prologue inaugural. À la mi-août, Tudor compte déjà 9 victoires au palmarès (29e au nombre de victoires, bien loin des 65 de UAE Emirates). 23e au classement UCI, elle n’est que la 5e équipe Pro Team au classement. Bien loin d‘Israel – Premier Tech, 2e Pro Team. En deuxième division, les deux meilleures équipes de l’année écoulée obtiennent des invitations automatiques la saison suivante pour toutes les courses World Tour. En clair, si elle est trop loin de Lotto-Dstny et Israel-Premier Tech pour espérer avoir un ticket d’office en 2025, l’équipe Tudor peut espérer de meilleurs résultats en 2025 pour assurer sa présence en 2026 sur les plus grandes épreuves.
Le recrutement de l’été vise aussi à grimper dans ce classement, avec en optique la participation à toutes les grandes courses du calendrier. Déjà invitée sur de nombreuses courses italiennes grâce à sa proximité, Tudor n’a pour l’heure jamais participé au Tour de France ou aux grandes classiques du calendrier (Liège-Bastogne-Liège, Flèche Wallonne, Tour des Flandres ou encore Paris-Roubaix). Une situation qui pourrait changer avec le nom des deux principales recrues de l’été.
« Je rêve de retourner sur les routes du Tour de France avec cette équipe un jour »
Marc Hirschi et Julian Alaphilippe. Tout simplement les deux premiers de la Clasica San Sebastian 2024, le 10 août dernier. Les deux puncheurs rejoindront pour la saison 2025 l’ambitieuse Tudor. Ils apporteront à coup sûr toute leur expérience à un effectif très jeune (plus de la moitié de l’équipe a moins de 26 ans). Mais ils pourraient également permettre à l’équipe suisse de sauter le pas vers les plus grandes courses. « Je rêve de retourner sur les routes du Tour de France avec cette équipe un jour ». Ces mots de Julian Alaphilippe lors de l’annonce de sa signature laissent présager de son objectif l’année prochaine.
En fin de cycle chez Soudal-Quick-Step, où il aura passé plus d’une décennie, le coureur de 32 ans veut de nouveau gagner : « Les courses importantes, comme les classiques, passeront en priorité ». Sa dernière grande victoire sur une course d’un jour remonte à la Flèche Wallonne 2021. C’était il y a déjà trois ans.


