Patinage de vitesse : Qui est Timothy Loubineaud, la sensation française de l’anneau de glace ?
PATINAGE DE VITESSE – Le week-end dernier, Timothy Loubineaud a décroché son deuxième succès en Coupe du monde. Un exploit compte tenu du manque d’infrastructures en France.
Du roller à l’anneau de glace
Le patinage de vitesse français naviguait dans le vide depuis la retraite d’Alexis Contin, trois fois médaillé aux Championnats du monde entre 2015 et 2017. Il faut dire que la discipline, véritable niche dans le sport français, peine à séduire. Et pour cause, il n’existe aucun anneau de glace dans l’Hexagone. Pourtant, depuis 2023, le patinage de vitesse a quitté la Fédération Française des Sports de Glace pour rejoindre celle du Roller & Skateboard. Les effets n’ont pas tardé à se faire sentir notamment en ce qui concerne l’optimisation des transitions roller – patinage et les résultats au haut niveau.
À ce titre, Timothy Loubineaud incarne pleinement le parangon de ce changement. Après avoir débuté le roller à 5 ans, c’est en 2019 que sa carrière prend un véritable tournant lorsqu’il termine vice-champion du monde sur le 10 000 mètres à points sur route. Entre-temps, sa transition vers la glace avait déjà débuté. Pour l’heure, il apparaît comme un spécialiste de la mass start, épreuve dans laquelle il signe son premier top 10 (10e) en novembre 2019, sur l’étape de Coupe du monde de Tomaszów Mazowiecki. Depuis, il s’est aguerri, signant à Heerenveen en 2022 sa première performance référence. Quatrième de la mass start, il flirtait alors avec son premier podium en ne terminant qu’à quatre petits dixièmes du Néerlandais Jorrit Bergsma.
La saison de l’explosion
Il faut attendre plus de deux ans pour le voir triompher et ainsi offrir à la France une première victoire en Coupe du monde depuis Alexis Contin en 2015. C’était à Nagano, en novembre dernier. Un succès presque historique que les détracteurs auraient pu qualifier d’exploit sans lendemain. Pourtant, le week-end dernier, Loubineaud a marqué les esprits en remportant une nouvelle mass start à Calgary, après avoir pris le large avec deux compagnons d’échappée, dès le premier sprint. Un nouveau succès qui intervient après une phase d’entraînement éreintante qui a conduit son staff à faire une croix sur les Championnats d’Europe.

Un choix payant qui s’accompagne d’autres bonnes nouvelles ! D’une part, le Français est désormais en tête du général de la Coupe du monde de mass start à mi-parcours. Il est également 12e au général des longues distances. Pour cause, la veille, il pulvérisait son record de France du 10 000 mètres en abaissant sa marque de près de 15 secondes (12:44.180), terminant septième d’une course marquée par les 12.25:69 de Davide Ghiotto, synonyme de nouveau record du monde. D’autre part, il disputera les Mondiaux en mars lors desquels il espère bien décrocher son premier podium mondial (4e du 5 000m, 13e de la mass start, 8e de la poursuite par équipes l’an dernier).
La performance française du week-end ? La deuxième victoire en Coupe du monde cette saison de Timothy Loubineaud sur la mass-start de Calgary en patinage de vitesse après celle décrochée à Nagano en novembre.
Pour rappel, il n’y a aucun anneau de glace de 400 m en France… pic.twitter.com/29EKQs0TXW
— Thomas Bernier (@Tom__Bernier) January 26, 2025
Une densité historique en équipe de France
D’ici-là, il sera engagé ce week-end sur l’étape de Milwaukee au sein d’une délégation élargie. En effet, l’étape de Nagano en novembre dernier avait pour la première fois permis de voir six Français engagés lors d’une même Coupe du monde. Tout comme à Calgary la semaine dernière, ils seront six à nouveau à patiner sur l’anneau de glace du Wisconsin. Mathieu Belloir, de retour après une alerte mi-janvier, Germain Deschamps, Giovanni Trebouta, Valentin Thiebault, Timothy Loubineaud, et une femme, Violette Braun, 21e et 27e au général de la mass start et des longues distances… à seulement 18 ans depuis la semaine dernière ! Avec la perspective des Jeux Olympiques en France en 2030, le patinage de vitesse français entend bien entrer dans une nouvelle ère.

