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Football

Ligue 2 : Le Stade Malherbe de Caen, institution en péril

Maxime Cazenave

Publié le

Ligue 2 : Le Stade Malherbe de Caen, institution en péril
Photo Icon Sport

LIGUE 2 – Bon dernier du championnat et embourbé dans une série de huit défaites de rang, le Stade Malherbe de Caen est au bord du précipice. Malgré un changement d’entraîneur et un recrutement actif cet hiver, la magie n’opère pas. La défaite subie face à Dunkerque à Michel-d’Ornano lundi n’a fait que mettre un peu plus en lumière la faillite actuelle totale du club.

Ces dernières années, le football français compte chaque année bon nombre de clubs historiques connaissant une descente aux enfers plus ou moins accélérée. S’il n’est pas question de dépôt de bilan ou de relégation administrative pour le Stade Malherbe de Caen, cela n’empêche pas ce dernier de se retrouver aux portes de l’enfer.

Le Stade Malherbe de Caen au bord du précipice

Cantonné à la Ligue 2 depuis l’été 2019, le club normand avait déjà connu le spectre de la descente lors de son retour dans l’antichambre, terminant successivement 13ème et 17ème, avant de retrouver son standing lors des trois exercices suivants (7ème, 5ème, 6ème). Propriété du fonds américain Oaktree depuis 2020, le club pensait pouvoir passer dans une autre dimension, lorsqu’en septembre dernier, le fonds Coalition Capital, propriété d’un certain Kylian Mbappé, a pris les rênes de l’institution. À l’époque, le club vivait déjà une entame de saison délicate, mais semblait avoir la capacité de réagir pour se repositionner en première partie de classement. Hélas, depuis, rien ne s’est arrangé.

Si le mois de novembre correct avait permis de donner une légère bouffée d’oxygène, Caen a ensuite totalement explosé. Depuis une défaite concédée à Laval le 6 décembre dernier, Malherbe a concédé neuf défaites de rang, dont 8 en Ligue 2 ! En toute logique, le club est donc lanterne rouge du championnat avec seulement 15 points en 22 journées. Et surtout déjà huit points de retard sur le 16ème et barragiste.

Au-delà de l’aspect comptable, tous les autres voyants sont au rouge. Sur le terrain, l’équipe ne répond plus. Lundi, face à Dunkerque, les Normands ont été humiliés à domicile, se faisant balader par une équipe qui évolue deux crans au-dessus. Encore une fois, les limites actuelles de ce groupe ont été évidentes. Avant même d’être réduits à 10 en fin de première période, les Caennais se sont fait dominer, affichant des lacunes grossières dans tous les secteurs de jeu. L’animation offensive a été inexistante, le milieu de terrain s’est révélé friable, et la défense toujours aussi poreuse. Le 2-0 final est même flatteur, tant la partie a été à sens unique.

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Un club sous tension, l’énigme Bruno Baltazar

Sur la pelouse, les joueurs ont vécu un véritable calvaire, subissant même les moqueries de leur propre public, se traduisant par des « olé » sur les séquences de possessions dunkerquoises. Une situation qui a provoqué des tensions sur la pelouse, impliquant notamment le capitaine Alexandre Mendy, qui est, à l’image de tout le club, dépassé par cette situation. Pourtant, les dirigeants avaient tenté de provoquer un électrochoc en renvoyant l’entraîneur et légende locale Nicolas Seube, entre Noël et le premier de l’An. Une annonce qui avait surpris. L’ancien défenseur disposait d’une grande cote de sympathie, et n’avait pas été aidé par les nombreuses blessures de ses joueurs cadres. Mais le nom de son remplaçant a encore plus étonné : Bruno Baltazar.

Du haut de ses 47 ans, le Portugais écume les bancs du monde depuis une dizaine d’années avec une particularité intrigante, celle de ne jamais rester plus de quelques mois dans un club. Ainsi, il officiait depuis mai dernier au Radomiak Radom, une équipe moyenne du championnat polonais. Avant cela, il a accumulé les passages express au Portugal, à Chypre, aux États-Unis, en Bulgarie… Le scepticisme était de mise, et est en train de se confirmer. Après six matchs, le bilan est de six défaites, et ce dernier semble déjà être totalement dépassé par la situation, comme l’a démontré son abattement pendant et après le match. Il n’a pas encore réussi à insuffler quoi que ce soit, et semble n’être qu’un simple passager supplémentaire dans ce navire voguant à vue.





Un recrutement hivernal qui pose question

Le recrutement hivernal a également de quoi laisser songeur. D’autant plus qu’un changement de directeur sportif s’est produit en plein mercato, Reda Hammache étant débauché du Red Star pour remplacer Gérard Prêcheur. Dans l’urgence, le club a empilé les joueurs en attirant cinq joueurs. En défense, Alex Moucketou-Moussonda a débarqué de Chypre, tandis que le latéral gauche Jules Gaudin est prêté par le Paris FC. L’intégration du droitier Moucketou-Moussonda à la charnière centrale a ainsi poussé Brahim Traoré à être décalé sur son pied faible, dans l’axe gauche. Tout sauf un cadeau pour un jeune joueur déjà en difficulté cette saison.

Pour apporter de la force au jeu offensif, plusieurs milieux offensifs et ailiers ont aussi été attirés, de Yassine Benrahou à Samuel Grandir, en passant par Adriel Ba Loua. Trois profils différents, mais empilés dans le même secteur de jeu. D’autant plus que l’on parle là de trois garçons, qui malgré un talent certain, ont disputé très peu de matchs ces trois dernières saisons. Dans l’optique de la périlleuse opération maintien à venir, auront-ils le temps de se mettre en rythme pour avoir un réel impact ? Pour le moment, seul Grandsir a pu être utilisé, sans grand succès.

Par ailleurs, dans le sens des départs, le club a également déploré la perte du meilleur talent de son centre de formation, Tidiam Gomis, qui a refusé de prolonger, et a été bradé pour un million d’euros à Leipzig à six mois de la fin de contrat. Un terrible coup dur tant financier que sportif.

Les douze travaux de Caen

Dans ce climat désolant, les supporters continuent de répondre présent. Même s’ils peuvent se montrer chambreurs. Depuis plusieurs semaines, la gronde monte, et de nombreuses banderoles ont déjà été déployées à l’encontre de la direction. Lundi encore, des « dirigeants démission » appuyés sont également descendus des travées de Michel-d’Ornano, À seulement 12 journées de la fin de la saison, la situation est critique. Trouver un remède miracle est désormais une nécessité pour ne pas sombrer au troisième échelon du football national, après plus de quarante ans de présence récurrente au sein des deux premières divisions du football français.

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