Jean-Baptiste Mourcia : « Il y a quelque chose de plaisant dans la course d’obstacles »
PENTATHLON MODERNE – Six mois après sa onzième place aux Jeux Olympiques, Jean-Baptiste Mourcia reprend la compétition cette semaine, au Caire (Égypte), à l’occasion de la première étape de la Coupe du monde. Contrairement à son épreuve qui s’était déroulée à Versailles, l’été dernier, il n’y aura pas d’équitation. La discipline a été supprimée des compétitions à cause des polémiques de violences animales qui l’entouraient et a été remplacée par de la course d’obstacles. Une nouveauté à laquelle il a dû rapidement s’adapter.
Comment vous sentez-vous pour cette reprise ?
Tout va bien. J’ai assimilé ce qu’il s’est passé la saison dernière avec les Jeux olympiques et j’ai mis un peu de temps avant de me replonger dans la nouvelle saison et l’intégration de la nouvelle discipline. Mais je suis désormais prêt à essayer de performer à nouveau.
Justement, comment voyez-vous l’arrivée de la course d’obstacles ?
Je viens du milieu de l’équitation. Ma famille en a toujours fait. Ça m’a fait quelque chose (de voir la discipline partir) et j’étais content de terminer sur les Jeux olympiques qui ont été la dernière compétition de pentathlon moderne avec de l’équitation. La course d’obstacles s’est imposée à moi et je dois admettre, après l’avoir pratiquée, qu’il y a quelque chose de plaisant dans ce sport. Il demande beaucoup de technique et nécessite de sortir de sa zone de confort.
Êtes-vous déjà prêt à en faire en compétition ?
J’ai pu la travailler un petit peu, mais pas énormément non plus, parce qu’on a reçu le parcours complet un peu tard (il est arrivé à l’INSEP, l’Institut national du sport, de l’expertise et de la performance, où s’entraîne l’équipe de France, il y a un mois environ). Mais désormais, on a le parcours identique à celui que l’on retrouvera sur les compétitions internationales. Je ne me sens pas encore au top du top (sic), mais je n’ai pas de difficultés particulières non plus pour le moment.

Au niveau de l’entraînement, que change l’arrivée de la course d’obstacles ?
L’équitation était très chronophage. Il fallait s’y rendre (l’équipe de France s’entraînait avec la garde républicaine, en dehors de l’INSEP), faire le pansage des chevaux (brossage et nettoyage), etc. C’était aussi un peu rude, car on le faisait dehors, dans le froid. Maintenant, ça l’est beaucoup moins. On est en intérieur et on y a accès rapidement. Par contre, la course d’obstacles est très traumatisante au niveau des épaules et des mains. J’ai des cloques un peu partout au niveau des mains (sourire).
Il faut aussi modifier l’entraînement dans son ensemble, et on est encore sur une phase d’adaptation. Avoir mal aux épaules à cause de la course d’obstacles, ce n’est pas très agréable en natation. On a aussi vu arriver quelques blessures à cause de chutes. On essaye d’y aller progressivement en ne faisant pas une séance tous les jours. La durée des séances est aussi réduite : S’entraîner pendant une heure et demie, ce n’est clairement pas possible. Le meilleur compromis que l’on ait trouvé est de faire de petites séances de manière régulière.
Pensez-vous que l’on verra un bouleversement des classements en Coupe du monde ?
Complètement ! Les jeunes pratiquent la course d’obstacles depuis déjà deux, trois ans (les courses juniors ont intégré la nouvelle épreuve avant) ce qui fait qu’ils ont plus d’expérience que les plus vieux. C’est quelque chose d’étrange que l’on ne retrouve dans aucun autre sport. Si on veut mieux performer qu’eux, on va devoir s’adapter très rapidement. Après, ils nous ont montré les erreurs à ne pas faire et les meilleures techniques pour franchir certains agrès, donc ça va nous permettre de progresser plus vite et de rattraper notre retard.
La course d’obstacles peut-elle apporter un renouveau au pentathlon moderne ?
L’équitation rebutait certains garçons, car c’était vu comme un “sport de filles“, ce qui a peut-être empêché certains de se dire que le pentathlon moderne pouvait être sympathique. Je pense que la course d’obstacles peut attirer un public un peu plus large. Ça se rapproche de Ninja Warrior. Les gens connaissent un peu, donc ça peut donner envie d’essayer.


