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Hockey sur glace

Hockey Mondiaux D1A 2025 : La France rate la montée, autopsie d’un échec frustrant

Maxime Cazenave

Publié le

Hockey Mondiaux D1A 2025 : La France rate la montée, autopsie d’un échec frustrant
Photo Icon Sport

HOCKEY SUR GLACE MONDIAUX D1A FEMMES 2025 – Battues par l’Autriche ce samedi matin, les Bleues ont fait une croix sur une promotion à l’échelon supérieur. À la fois si proche mais si loin, cette montée était finalement impossible à obtenir, la faute notamment à des lacunes rédhibitoires dans les zones de vérité.

Avant le début de la compétition en Chine, l’Équipe de France abordait les Mondiaux D1A avec ambition. Il faut dire qu’en raison des deux places attribuées pour se hisser dans le groupe Élite, les Tricolores semblaient armées pour rivaliser avec les autres candidats au Top 2 (Autriche, Slovaquie, Danemark). Le constat est donc amer à l’issue d’une semaine où le collectif a pêché dans les séquences clés.

L’efficacité offensive en gros point noir, un Powerplay dramatique

Le véritable point noir concerne naturellement un secteur offensif qui s’est montré bien trop inoffensif pour espérer mieux. Certes, la France termine co-meilleure attaque avec 15 buts au compteur. Mais ce total est à relativiser fortement puisque plus de la moitié (8) ont été inscrits d’entrée, face au petit poucet de la poule, les Pays-Bas. Ensuite, les Bleues ne sont pas parvenues à inscrire plus de deux buts dans le même match (le 3ème but face à la Chine étant obtenu en tirs de barrage).

Pourtant, ce ne sont pas les occasions qui ont manqué. C’est bien simple, dans les cinq matchs disputés à Shenzhen, les Bleues ont constamment plus tiré que leurs adversaires, dans les victoires comme les défaites. En revanche, le bât blesse en terme d’efficacité. Si elles ont accumulé le plus de tirs (196, soit plus de 39 par match), les Bleues ont affiché le deuxième pire taux de conversion (7,65%). Si l’on enlève le match d’ouverture face aux Pays-Bas, ce taux tombe à seulement… 3,5 % (5 sur 143) !

Ce problème a été exacerbé lors des phases de supériorité numérique. En effet, les Tricolores ont disposé de 24 powerplays dans ce tournoi pour seulement… deux réussites ! Et encore, le but de Clara Rozier lors de l’ultime revers face à l’Autriche a sauvé au buzzer un pourcentage de conversion qui reste dramatique : 8,33 %. Dans ce même match décisif, les Bleues ont notamment laissé filer huit opportunités. Bien trop pour espérer faire mieux, en dépit de l’énergie déployée, et d’une domination globale quasi constante.

La relève tarde à prendre son envol

Cela a mis en exergue le manque criant de relève dont souffrent les Tricolores depuis le Mondial 2022. Le virage tourné vers la jeunesse a encore du mal à se mettre en place. Comme un symbole, ce sont les habituelles cadres qui ont « sauvé » le bilan global. D’Estelle Duvin à Chloé Aurard, en passant par Clara Rozier, mais aussi la capitaine Lore Baudrit. Derrière ce quatuor fort, difficile de tirer de réelles satisfactions.

Cela aurait pu être Jade Barbirati ou Margot Huot-Marchand, très performantes au Canada. Mais la première était absente, tandis que la seconde a pêché dans la finition, tout en peinant à trouver sa place au sein des lignes mises en place par Grégory Tarlé. Le processus engagé il y a trois ans semble stagner depuis un long moment déjà, et ce Mondial D1A en a malheureusement été la confirmation.





Un choix de gardiennes qui interroge, la défense prise à revers

Un processus dont la ligne directrice a également pris un coup. En effet, lors de l’annonce de la liste des joueuses sélectionnées, la sélection d’Alice Philbert (28 ans) avait surpris. La gardienne canadienne évoluant à Wasquehal a en effet été naturalisée pour l’évènement. Sportivement, cela tient la route puisque cette dernière a prouvé sa valeur, et a sa place en Équipe de France. Elle l’a d’ailleurs prouvé sur la glace. Sans être au-dessus du lot, cette dernière a effectué le boulot qui lui a été demandé. Mais ce choix du staff pose question, car dans le même temps, la jeune Justine Crousy Théode (23 ans) a été cantonnée au banc. Cette dernière s’apparentait à la relève tant attendue du monument Caroline Baldin. Un projet qui a pris du plomb dans l’aile, l’addition de Philbert représentant un frein considérable à son développement.

Par ailleurs, si la défense tricolore a globalement tenu en concédant peu de lancers (113, soit 22,6 par match), elle a en revanche vu ses adversaires faire preuve de l’efficacité qui lui a fait défaut (13 buts encaissés). Notamment en Powerplay, où les unités spéciales françaises – les moins efficaces du Mondial – ont été prises à défaut une fois sur trois (6 sur 18). Ce qui a coûté cher, notamment face à la Chine, où en dépit d’un écart astronomique (51 tirs à 21) sur la glace, il aura fallu attendre les tirs au but pour faire la différence.

Une opportunité en or gâchée

Le bilan global est donc décevant à l’issue de cette semaine, et les interrogations restent nombreuses. En attendant une potentielle participation aux Jeux Olympiques, les Bleues ont laissé filer une occasion en or de remonter dans l’Élite. En effet, à partir de l’année prochaine, il n’y aura plus qu’une seule promotion possible depuis la division D1A. Alors que la Slovaquie sera toujours là, il faudra également composer avec la Hongrie ou la Norvège, tandis que l’Italie, qui vient de l’échelon inférieur, commence à représenter une réelle menace. Une fenêtre a été ratée cette semaine, et l’Équipe de France pourrait s’en mordre les doigts longtemps…

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