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Athlétisme

Diamond League Paris 2025 : Records de France pour Azeddine Habz et Jimmy Gressier, le récap’ du meeting

Victor Clot-Amiot

Publié le

Diamond League Paris 2025 Records de France pour Azeddine Habz et Jimmy Gressier, le récap' du meeting
Photo Icon Sport

DIAMOND LEAGUE 2025 – Comme souvent, les performances sont nombreuses à Paris. Jimmy Gressier et Azeddine Habz ont battu le record de France du 5000 et du 1500m alors que de nombreux Français ont réalisé les minima pour les Mondiaux.

Record de France pulvérisé par Azeddine Habz sur 1500 mètres

Si la course ne comptait pas pour la Diamond League, Azeddine Habz avait la ferme intention de marquer les esprits en partant à l’assaut du record de France de Mehdi Baala (3:28.98). Auteur il y a deux semaines d’un excellent chrono sous les 3:30 à Rome, le Français avait cette fois-ci le luxe d’avoir une course pleinement montée pour lui. Parfaitement emmené par ses lièvres, Habz a couru à merveille, abordant les 400 derniers mètres en tête et en avance sur les diodes indiquant le record de France. Si celui-ci devenait une évidence à mesure que la ligne se rapprochait, c’est davantage le chrono qui intéressait tant il était en avance sur les diodes vertes !

Finalement, Azeddine Habz s’impose en 3:27.49, explosant le record de France de son aîné. Au-delà du record, il devient par la même occasion le sixième performeur mondial de tous les temps et réalise bien entendu la meilleure performance mondiale de la saison. Derrière, le Kényan Phanuel Kipkosgei Koech a lui aussi marqué les esprits en battant le record du monde junior avec un temps canon de 3:27.72 ! Flavien Szot, Pierrik Jocteur-Monrozier, Romain Mornet et Paul Anselmini réalisent tous les minima (3:32.09) en battant tous leur record personnel.

Record de France pour Jimmy Gressier sur 5000 mètres

Si le demi-fond était à l’honneur ce soir sous la chaleur qui pesait sur Paris, les organisateurs ont également monté un très beau 5000 mètres mettant notamment aux prises le champion olympique du 3000m steeple Soufiane El Bakkali venu se tester sur la distance ou Yomif Kejelcha. Dans une course partie sur les bases du record du monde (12:35.36), Jimmy Gressier s’est longuement accroché en queue du groupe de tête avant décrocher quelque peu à mi-course.

En tête tout du long, Kejelcha a petit à petit vu ses espoirs de record du monde s’éloigner, mais s’impose néanmoins en costaud avec un temps de 12:47.84. Si l’Éthiopien luttait contre lui-même sur les 800 derniers mètres, Jimmy Gressier remontait petit à petit, place après place pour terminer finalement quatrième, explosant son record de France (12:54.97) avec un temps de 12:51.59. S’il reste à distance du record d’Europe porté à 12:44.27 il y a cinq jours par Andreas Almgren, Gressier signe évidemment les minima pour Tokyo et ne sera pas seul puisque Yann Schrub termine huitième en 12:56.57 à peine trois petits dixièmes devant le temps imposé. En revanche, s’il pulvérise son record personnel de 18 secondes, Etienne Daguinos bute lui sur les minima pour six dixièmes. El Bakkali termine par ailleurs sixième en 12:55.49, minima en poche.

Gabriel Tual piégé sur le 800 mètres

Il devait s’agir sur le papier de l’un des temps forts de la soirée côté tricolore. Auteur d’un excellent chrono d’1:42.72 sur le 800 mètres de Stockholm, Gabriel Tual pointait à la cinquième place des bilans mondiaux avant son 800 mètres du soir. Auteur de cinq chronos en dessous de la barre des 1:43, le Français est depuis l’an dernier l’un des fers de lance de l’athlétisme français et avait l’occasion de marquer les esprits devant son public.





Dans une course dense dans laquelle il retrouvait notamment Josh Hoey et Tshepiso Masalela qui l’avaient devancé dans la capitale suédoise, Tual a d’abord dû jouer des coudes pour se rabattre à la corde. Contraint de faire l’effort à 300 mètres de l’arrivée, le tricolore n’a pas pu remonter et n’a jamais été en mesure de jouer la gagne. Il termine cinquième en 1:43.84. C’est l’Espagnol Mohamed Attaoui qui s’est imposé (1:42.73), passant Josh Hoey à la corde dans les vingt derniers mètres. Yanis Meziane termine lui beaucoup plus loin, dixième en 1:44.55.

Tombée, Alice Finot réalise toutefois les minima sur 3000m steeple…

Alice Finot faisait quant à elle sa rentrée sur 3000 mètres steeple. Dix jours après avoir battu son record personnel sur 1500 mètres, la quatrième des Jeux Olympiques de Paris retrouvait notamment Peruth Chemutai et Faith Cherotich respectivement en argent et en bronze. Les trois femmes pouvaient espérer marquer les esprits en l’absence de Winfred Yavi championne olympique en titre. Néanmoins, il en a manqué beaucoup à Alice Finot.

Après un départ très rapide, Chemutai et Cherotich ont pris le large, emmenant avec elles Sembo Almayew. Reléguée loin à trois tours de l’arrivée après une chute, Finot figurait dans un groupe de quatre alors que les deux premières lâchaient l’Ethiopienne aux 2000 mètres. Finalement, la victoire s’est jouée au sprint, dans les cent derniers mètres, Cherotich s’imposant en pulvérisant la meilleure performance mondiale en 8:53.37 de près de cinq secondes. Alice Finot doit se contenter de la huitième place, mais ne repart pas bredouille puisque ses 9:15.33 sont synonymes de minima… au contraire de Flavie Renouard (11ème en 9:34.23).

… tout comme Agathe Guillemot et Sarah Madeleine sur 1500m

En clôture du meeting, Agathe Guillemot retrouvait notamment sur 1500 mètres Georgia Hunter Bell, qui l’avait devancée pour devenir vice-championne d’Europe à Rome il y a un an. Dans une course menée par sa copine Clara Liberman tous les ingrédients étaient au rendez-vous pour que ça aille vite puisque sept des 17 partantes avaient un record à 3.57:00 ou moins. Finalement, si la victoire est revenue à la Kényane Nelly Chepchirchir, les chronos ne sont pas tombés aussi bas qu’on pouvait l’attendre (3:57.02 pour la première).

Néanmoins, Agathe Guillemot et Sarah Madeleine ont toutes deux réalisé les minima respectivement septième et neuvième en 3:58.44 et 3:59.06, record personnel à la clé pour Madeleine. Elles achèvent là une soirée au cours de laquelle 12 athlètes tricolores ont réalisé les minima pour Tokyo !

Le sprint féminin à l’honneur

En ce qui concerne les épreuves de sprint, outre le 400m haies masculin et le 110m haies (voir par ailleurs), on peut dire que les femmes étaient à l’honneur ce soir. Sur le 100m haies, Grace Stark a mené la course de bout en bout, résistant au retour de Tobi Amusan sur les derniers mètres. Grâce à un chrono stratosphérique de 12.21, elle devient la cinquième performeuse de tous les temps mais n’est « que » troisième performeuse de la saison, preuve que la discipline connaît une émulation phénoménale cette année. Tobi Amusan, détentrice du record du monde, termine juste derrière avec 12.24 tandis qu’Ackera Nugent signe sa meilleure performance cette saison (12.30) pour prendre la troisième place.

Sur 400m, Marileidy Paulino a impressionné en battant le record du meeting avec un premier chrono sous les 49 secondes pour elle cette saison (48.81). Le duel avec Salwa Eid Naser qui risque de rythmer la saison ne fait que commencer puisque la Qatarie n’a cédé que pour quatre petits centièmes. Enfin, le 200m a vu Anavia Battle s’imposer une septième fois consécutive cette saison (neuf fois en comptant les relais) réalisant sa meilleure performance de l’été grâce à un chrono de 22.27 loin cependant des 21.88 de Julien Alfred, absente ce soir. Hélène Parisot prend la dernière place avec un temps de 22.92 à une demi-seconde des minima.

Rai Benjamin et Trey Cunningham solides sur 400m haies et 110m haies

Sur le 400m haies, Rai Benjamin et Abderrahman Samba ont logiquement assommé la concurrence en l’absence d’Alison dos Santos et de Karsten Warholm. L’Américain a réalisé un temps de 46.93, record du meeting à la clé. Déjà détenteur de la meilleure performance mondiale de la saison, le champion olympique réalise un deuxième chrono de rang sous les 47 secondes. Il s’impose devant Samba (47.09) tandis que les Français Fantin Crisci et Hugo Menin terminent bien plus loin pour leur baptême en Diamond League. Le premier termine avant-dernier en 49.40 alors que Menin a terminé bon dernier en 51.42.

Du côté des haies hautes, un impressionnant plateau était engagé dans un format de championnat séries + finale. Après avoir terminé troisième de sa série, Trey Cunningham est monté en puissance en s’imposant en finale avec un gros chrono de 13.00. Dylan Beard termine deuxième en 13.02 tandis que Jason Joseph, troisième, a égalé le record de Suisse avec 13.07. Grant Holloway, en tête à mi-course, a payé ses erreurs techniques et termine finalement cinquième. Just Kwaou-Mathey a pris la septième place de la finale avec un temps de 13.24 mais a réalisé les minima grâce à ses 13.15 en série. Wilhem Belocian, Erwann Cinna et Aurel Manga n’ont pas passé le cap des séries même si le premier a, lui aussi, réalisé les minima pour Tokyo.

Neeraj Chopra répond à Julian Weber

On attendait beaucoup du duel entre Julian Weber et Neeraj Chopra. Entré dans une nouvelle dimension après avoir cassé la barrière des 90 mètres à Doha il y a quelques semaines (91.06m), Weber retrouvait le champion olympique indien pour la troisième fois cette saison. Menant 2-0 dans leurs confrontations cet été, l’Allemand doit cette fois-ci céder face à son adversaire auteur de 88.16m dès son premier lancer. Si Chopra s’impose, Weber ne démérite pas pour autant, deuxième avec 87.88m. Côté français, en l’absence de Teuraiterai Tupaia, opéré du coude juste après les Jeux Olympiques, Rémi Rougetet a ainsi pu se frotter aux meilleurs mondiaux après avoir lancé au-delà des 80 mètres (80.49m) pour la première fois de sa carrière il y a un mois. Il termine dernier avec 70.37m sur son deuxième essai, avant de se retirer du concours.

Au triple saut, Hugues-Fabrice Zango pensait renouer avec la victoire après onze mois sans remporter le moindre concours. Il a néanmoins été coiffé au poteau par Jordan Scott à la faveur d’un très beau dernier essai mesuré à 17.27m, six centimètres de plus que le Burkinabé. Thomas Gogois a réalisé un beau concours pour prendre la troisième place (17.11m) alors que Jonathan Seremes a battu son record personnel et prend la quatrième place (17.08m).

Les Bleues loin du compte à la perche

À la perche, Marie-Julie Bonnin et Margot Chevrier partaient avec des ambitions différentes. La première, auréolée d’un titre mondial cet hiver, espérait s’envoler plus haut que ses 4.58m de Montreuil il y a dix jours. Pour Margot Chevrier, sauter à Paris était déjà une victoire près d’un et demi après sa terrible blessure de Glasgow. De fait, la Française n’a pas passé la moindre barre, échouant par trois fois à 4.13m. « MJB » n’a pas connu beaucoup plus de réussite en terminant sixième avec 4.53m. Autre Française en lice, Bérénice Petit a dû se contenter d’une barre à 4.28m. Les trois femmes terminent loin de Katie Moon qui s’impose avec 4.73m.

Au disque, les Françaises Amanda Ngandu-Ntumba et Mélina Robert-Michon ont quant à elles respectivement lancé à 62.77m et 61.16m. Elles prennent la cinquième et sixième place. C’est Valarie Allman qui a remporté sur le fil le concours avec 67.56m devant Jorinde van Klinken.  L’Américaine, largement favorite, a dû s’employer puisqu’elle n’était que troisième avant son dernier lancer.

Parmi les autres performances de la soirée, Lamecha Girma a soigné son retour près de dix mois après sa terrible chute aux Jeux Olympiques. Il a remporté un 3000m steeple hors programme en 8:07.01. Baptiste Fourmont, premier Français, a terminé cinquième à plus de dix secondes. Au saut en hauteur, Nicola Olyslagers, a remporté le concours avec un saut à 2.00m alors que Yaroslava Mahuchickh qui avait battu le record du monde ici même il y a un an, doit se contenter de la deuxième place (1.97m).

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