NBA : Essengue, Traoré, Raynaud, focus sur les six Français sélectionnés à la Draft 2025
DRAFT NBA 2025 – La France a battu son record du nombre de joueurs sélectionnés cette année. Focus sur les six Bleus qui vont découvrir la NBA la saison prochaine, du moins en théorie…
Noa Essengue
Drafté en 12ème position par les Chicago Bulls
Position : Poste 4 / Équipe précédente : Ratiopharm Ulm (Allemagne)
Noa Essengue était considéré comme le meilleur français sur le papier dans cette Draft 2025, avec parfois quelques projections dans le Top 10 de la cuvée. Finalement drafté en 12 par les Chicago Bulls, ce n’est pas forcément une mauvaise nouvelle au vu des besoins de la franchise de l’Illinois.
When your dreams become reality 🙏@NoaEssengue‘s first moments as a Chicago Bull: pic.twitter.com/UtQ0NIswBM
— Chicago Bulls (@chicagobulls) June 26, 2025
Noa est un poste 4 qui peut défendre sur des ailiers, des ailiers forts et sur des (petits) pivots, et c’est cette polyvalence défensive qui fait sa force. 2ème plus jeune joueur de cette Draft 2025, on ne le verra certainement pas lutter pour le titre de rookie de l’année, mais sa marge de progression est très élevée. Avec seulement 25,6% de réussite à 3 points l’an dernier à Ulm, il est encore loin d’être prêt pour être un poste 4 moderne dans cette NBA, mais c’est un secteur qui peut se travailler. En revanche, ses belles prédispositions athlétiques lui permettent déjà d’être utile en transition et en défense, comme dit précédemment, avec une capacité à bien couper au panier également en attaque.
Concernant sa nouvelle franchise des Chicago Bulls, il sera forcément en concurrence avec le sophomore Matas Buzelis, les deux profils pouvant aussi être complémentaires, Noa étant déjà meilleur en défense que son futur coéquipier. L’avenir de Patrick Williams influera également sur le temps de jeu du Français, des rumeurs de transferts étant déjà sorties pour l’actuel titulaire au poste 4 des Bulls. Il faut donc espérer que Williams soit rapidement transféré afin de libérer de la place pour Noa Essengue, qui pourra sinon gratter quelques minutes en remplaçant de Nikola Vučević sur le poste 5 face à certaines équipes.
Joan Beringer
Drafté en 17ème position par les Minnesota Timberwolves
Position : Poste 5 / Équipe précédente : Cedevita Olimpija (Slovénie)
Qui mieux que Rudy Gobert pour former Joan Beringer ? La raquette des Timberwolves sera tricolore la saison prochaine, une bonne nouvelle pour l’intégration du jeune pivot français. Joan Beringer est sans doute l’un des meilleurs défenseurs de cette cuvée 2025, bien aidé par ses 2m11. Comptez sur lui pour nous gratifier de contres monstrueux et de belles séquences défensives tout du long de la saison, qui sera sans doute marquée par quelques passages en G-League. Tout comme Essengue, il est très jeune (19 ans en novembre) et va donc avoir du temps dans son développement, notamment dans le secteur offensif.

Il ne peut pour l’instant que scorer près du panier ou sur des pick’n’roll, il lui faudra au moins développer un tir à mi-distance ou quelques skills au poste pour survivre en NBA. Son temps de jeu aux Wolves dépendra fortement de la situation contractuelle de Naz Reid, qui pourrait ne pas activer sa player option cet été et se retrouverait ainsi agent libre, à moins qu’un contrat longue durée lui soit proposé par les Timberwolves. Cette dernière option semble plus vraisemblable, et le temps de jeu de Beringer en pâtira certainement. Sur le long terme, avoir Rudy Gobert et Naz Reid comme mentors semble plutôt positif pour son développement, tant défensif qu’offensif.
Nolan Traoré
Drafté en 19ème position par les Brooklyn Nets
Position : Poste 1 / Équipe précédente : Saint-Quentin Basket-Ball (France)
Nolan Traoré est tombé dans une des franchises qui a, sur le papier, pris les pires décisions dans cette Draft 2025 (coucou les Pelicans, on ne vous oublie pas). En effet, les Nets ont décidé de drafter, sur leurs 5 picks du 1er tour, 3 meneurs qui ont besoin de la balle en main, mais qui dépassent à peine les 30% de réussite à 3 points : Egor Demin, Nolan Traoré et Ben Saraf. Alors certes, c’est un poste qui avait besoin d’être renforcé, mais on a l’impression qu’ils vont jeter ces 3 joueurs dans une arène afin de voir qui va survivre, les Hunger Games des ball handlers en soit.

Nolan va donc devoir améliorer son tir extérieur et sa défense pour se démarquer, tout en capitalisant sur ses points forts qui sont principalement la vitesse, l’attaque du panier sur du drive et le playmaking. Contrairement à certains de ses homologues tricolores, il aura largement les opportunités pour saisir sa chance, et prouver dès cette saison qu’il peut s’imposer en NBA comme un bon meneur gestionnaire. Ce n’est pas gagné au vu de ses faiblesses qui sont parmi les plus rédhibitoires lorsque l’on arrive en Playoffs, mais le potentiel pour s’améliorer est là, et on y croit !
Noah Penda
Drafté en 32ème position par le Orlando Magic
Position : Poste 4 / Équipe précédente : Le Mans Sarthe Basket (France)
On pouvait l’attendre un peu plus haut dans la Draft, en fin de 1er tour en tout cas, et c’est finalement le Orlando Magic qui fait la bonne affaire en sélectionnant le Frenchie en début de second tour. Noah Penda est un ailier polyvalent de 20 ans, qui peut défendre sur plusieurs postes, grâce à des qualités physiques plutôt avantageuses qui le rendent assez costaud avec de longs bras. Il a déjà une très bonne compréhension du jeu sur le plan défensif, ce qui ne fera certainement pas de lui une cible en NBA. Il évoluera aux côtés de Desmond Bane au Magic, un profil qui lui est similaire et avec qui il pourra certainement apprendre beaucoup.

Offensivement, il a, lui aussi, du travail afin de trouver son rôle en NBA, mais ses qualités physiques lui permettront au moins d’être une menace en transition. Si on parlait il y a quelques années de l’importance des 3&D (joueurs sachant tirer efficacement à distance et apporter en défense) en NBA sur les ailes, ces derniers doivent désormais aussi savoir être des passeurs efficaces afin de jouer un rôle de connecteur en attaque. Cela tombe bien, Noah est déjà un bon playmaker, et il ne lui manque plus qu’un tir à 3 points efficace (seulement 32,2% cette année) pour être certain de s’imposer en NBA comme l’ailier parfait dans un collectif.
Dans une équipe du Magic qui vise à minima la finale de Conférence est la saison prochaine, Noah va vite devoir prouver aux entraînements qu’il peut faire partie de la rotation, sinon on le retrouvera sur le banc ou en G-League. Pas évident, sachant que Tristan Da Silva et Jonathan Isaac semblent tenir la corde en remplaçants de Franz Wagner et Paolo Banchero sur les postes 3-4.
Maxime Raynaud
Drafté en 42ème position par les Sacramento Kings
Position : Poste 5 / Équipe précédente : Stanford Cardinal (États-Unis)
Projeté lui aussi en fin de 1er tour, le pivot de 22 ans se retrouve finalement un peu plus loin dans la Draft et atterrit aux Sacramento Kings. Une équipe compétitive et dense à tous les postes, qui ne lui garantira pas un temps de jeu immédiat en NBA avec Domantas Sabonis et Jonas Valančiūnas devant lui dans la hiérarchie des pivots. Son profil est toutefois différent des deux joueurs précédemment cités : offensivement, il peut mettre à contribution ses 2m16 pour scorer efficacement près du panier tout en sachant écarter le jeu à 3 points (35% de réussite l’an dernier). Il sait faire les bonnes passes au bon moment et prendre son quota de rebond offensif, mais c’est en défense que le bât blesse.
The only major conference players to average 20 PPG & 10 RPG with 50+ threes in the last 25 seasons:
🏀 Maxime Raynaud
🏀 Kevin Durant
🏀 Carmelo Anthony pic.twitter.com/NybGrBdSeu— ACC Network (@accnetwork) June 27, 2025
Tant à l’intérieur qu’au périmètre, Maxime Raynaud a de sérieuses lacunes et sera ciblé par les attaques adverses. Au vu de sa faible protection de cercle, une solution envisageable serait de tenter de le faire jouer poste 4, mais c’est loin d’être gagné pour l’instant. On peut aussi se rassurer en regardant la progression de Quinten Post l’an dernier, qui a un profil similaire au Français et qui a réussi à percer aux Warriors. Ce n’est donc pas la meilleure situation pour Maxime Raynaud, mais il a suffisamment d’atouts dans sa manche pour s’en sortir.
Mohamed Diawara
Drafté en 51ème position par les Los Angeles Clippers
Position : Poste 4 / Équipe précédente : Cholet Basket (France)
C’est la belle surprise de cette Draft 2025 avec la sélection inattendue à la toute fin du second tour du 6ème français de cette cuvée historique. Malheureusement, avec l’expérience, on sait qu’il est très compliqué pour un Français de faire son trou en étant sélectionné aussi loin (Hugo Besson, Rayan Rupert, Sidy Cissoko notamment) et Mohamed Diawara semble voué à retourner en Europe. Il lui reste quoi qu’il arrive un an de contrat avec Cholet, avec qui il pourra continuer à progresser après une 1ère saison prometteuse.
Knicks 51st pick 6’8″ wing Mohamed Diawara on his game:
« My shooting, my defense, the way I can play many positions…I feel like I’m ready
« I spoke with…Pacome Dadiet…that’s my friend
« Weaknesses? More regular on my 3, working on it
« I love Jaden McDaniels & Pascal Siakam » pic.twitter.com/dy9EXbQ01f
— New York Basketball (@NBA_NewYork) June 27, 2025
À tout juste 20 ans, il a encore le temps de reculer pour mieux avancer par la suite. Seul espoir, les Knicks n’ont pas encore de coach après le départ de Tom Thibodeau, avec qui Diawara aurait eu littéralement 0% de chance de jouer vu sa gestion des jeunes joueurs (et des joueurs tout court en général). S’il parvient à taper dans l’œil du successeur de Thibs pendant la Summer League, alors un espoir est peut-être permis pour Mohamed Diawara…


