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Edito

La tribune de Julien Pierre : Coupe du monde des clubs, quand l’enjeu sportif éclipse l’enjeu écologique

Sébastien Gente

Publié le

La tribune de Julien Pierre Coupe du monde des clubs, quand l’enjeu sportif éclipse l’enjeu écologique
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SPORT ET ENVIRONNEMENT –  Alors que la Coupe du monde des clubs 2025, aux États-Unis, s’apprête à se terminer, une question fait surface : l’écologie a-t-elle été une fois de plus la grande absente ?

Avec des dizaines d’équipes parcourant un vaste territoire, dans un calendrier déjà surchargé, le risque d’un désastre en termes d’exemplarité environnementale n’est pas qu’une hypothèse. Après le précédent de la Coupe du monde au Qatar en 2022, on observe une inquiétante normalisation de compétitions mondiales à fort impact pour l’environnement.

On peut comprendre la logique économique d’un tel tournoi, et de notoriété pour le football de clubs, mais ces bénéfices ne sauraient balayer la nécessité d’un minimum de cohérence écologique. En tant qu’ancien sportif, même si cette compétition des meilleurs clubs mondiaux peut faire rêver, dans un calendrier déjà surchargé, je ne vois pas la cohérence.

Le sport mondial ne porte certes pas seul la responsabilité du dérèglement climatique, mais son immense visibilité lui confère un rôle clé, celui d’être un levier puissant pour impulser des changements. On ne peut plus se permettre d’envisager une compétition sportive majeure comme un simple spectacle déconnecté du monde réel.

Des solutions de bon sens

Faut-il renoncer à ce type d’événement ? Pas forcément, mais il faudrait le repenser.

  • Optimiser la logistique des déplacements : La FIFA pourrait regrouper les matchs par régions, limitant les trajets longue distance et réduisant la nécessité de vols intérieurs.
  • Exiger des engagements climatiques fermes : la FIFA pourrait imposer un cahier des charges écologique, incluant un bilan carbone transparent, l’obligation de plans de compensation crédibles et la mise en avant d’énergies renouvelables pour alimenter les infrastructures.
  • Impliquer les supporters : favoriser un système de billets incitant à la mobilité durable et mettre en place des campagnes de sensibilisation à la sobriété carbone.
  • Mobiliser les sponsors : leur engagement financier doit désormais être conditionné à des objectifs clairs, audités et vérifiables. C’est ainsi que le financement du sport se mettra au diapason des enjeux environnementaux.

Des solutions existent et certains clubs et championnats font déjà cette démarche d’un sport plus durable. Au-delà du ballon rond, c’est l’avenir de la planète que ces décisions dessinent. Le sport a l’opportunité, et le devoir, d’être un catalyseur d’un changement profond, à la hauteur de l’urgence climatique. L’heure est à une révolution verte du football et du sport.

Julien Pierre

Fondateur de Fair Play For Planet

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