Athlétisme Championnats d’Europe U20 : Les Bleuets soufflent le chaud et le froid à Tampere
CHAMPIONNATS D’EUROPE D’ATHLÉTISME U20 2025 – On fait le bilan, plutôt mitigé, des Bleuets, sur ces championnats d’Europe. Quelques satisfactions, mais beaucoup de déceptions. Pour un total de 8 médailles, qui aurait pu être bien meilleur.
Huit médailles, une de plus qu’à Jérusalem, mais un bilan mitigé
Trois médailles d’or, cinq d’argent pour un total de huit médailles, les Bleuets ont rapporté une médaille de plus que lors de l’édition 2023, à Jérusalem. Et prend la 5ème place du tableau des médailles (comme à la placing table, avec 125,5 points). Comme pour les médailles, la densité est là sans être exceptionnelle, même si, avec l’Allemagne, les Bleuets sont les champions des 4ème place, avec six médailles en chocolat (la Fédération Française de la Lose en sera heureuse).
La liste des médailles
- Le relais 4×400 m féminin en or
- Elijah Pasquier or à la hauteur
- Le relais 4×100 m hommes en or
- Méta Tumba argent au 400 m haies
- Zacharia Dia argent à la perche
- Marie Rougetet argent au marteau
- Milann Klémenic argent au 400 m
- Melissa Benfatah en argent sur 100 m haies
Malgré ces médailles, les Français ont été largement dominés par quatre nations. L’Italie (en tête et qui confirme son statut de place forte de l’athlétisme européen), la Grande-Bretagne, l’Espagne (qui s’affirme comme une nation importante) et l’Allemagne. La France, qui arrivait à Tampere avec treize athlètes dans le Top 3 européen, pouvait nourrir de très grandes ambitions, en prenant en compte les relais (qui ont apporté deux médailles sur quatre courses). La barre des 10 médailles était un objectif minimum. 15 médailles n’étaient pas inenvisageables. Dès lors, les huit médailles apparaissent comme un bilan mitigé. Même si les deux dernières journées ont été meilleures (quatre médailles samedi, quatre dimanche, dont trois titres).
Des athlètes qui n’ont pas su être à la hauteur des attentes
Parmi les athlètes dans le Top 3 européen avant la compétition, certains ont manqué leur rendez-vous avec la médaille. On pense aux deux spécialistes du 100 m, Lenny Chanteur et Ylann Bizasène, premier et troisième au bilan européen. Et qui échouent tous deux au pied du podium, pour trois centièmes. Rageant, d’autant plus que la finale n’a pas été très rapide et qu’ils ont livré une course absolument aboutie, lors de la finale du 4×100 m. Preuve qu’ils étaient très forts. Une contre-performance à l’image des Bleus lors des deux premières journées de compétition, qui se sont transformées en cauchemar. Avec aucune médaille glanée.
Si les relais ont offert deux titres, on peut avoir de gros regrets sur le 4×400 m hommes, disqualifié pour un passage hors zone, alors qu’il était passé en finale. Un relais qui, avec le renfort à minima de Milann Klémenic et Melvyn Cavagnoux (4ème de la finale du 400 m) était candidat au titre. Dommage. Sur 100 m haies, Laura Montauban a connu une chute en demie, alors qu’elle était candidate à la médaille. Cruel, mais faute sanctionnée. Théo Thevenet, dès les séries, a semblé en difficulté sur 800 m. Il n’y a pas eu de miracles en finale. Samuel Conjungo, qui détenait la deuxième performance européenne, n’a pas pesé sur la finale du disque, avec un jet à près de cinq mètres de son record.
On peut ajouter Chloé Le Roch sur 10 000 m marche, même si on se doit d’être un peu plus nuancé pour elle. Même sur une grande course, il n’est pas sûr que le podium était jouable (malgré un record de France U20). Même constat pour Aloïs Abraham, cadet et 4ème du 1 500 m U20. La saison a été longue, et une configuration de course explosive n’était pas à son avantage. Idem pour Rémi Mourié, blessé en finale de la longueur, alors qu’il détenait la meilleure performance européenne. Mais lui aussi est cadet et a participé aux FOJE.
Quelques belles surprises, mais qui n’ont pas compensé
Heureusement, pour le bilan de la France, que certains athlètes ont su répondre présent. On pense forcément à Elijah Pasquier, qui a su battre le record de France U20 de la hauteur, avec un bond à 2.25 m. Une superbe satisfaction et un premier titre depuis près de 50 ans en U20. Une superbe nouvelle pour une discipline en souffrance en France depuis près de 10 ans. Marie Rougetet au marteau, Milann Klémenic (en raison d’un début de saison perturbé par les blessures) sur 400 m ou encore Zacharia Dia (encore U18 et qui a matché avec les meilleurs U20) n’était pas dans le Top 3 européen avant leur course, ont su sortir la course ou le concours parfait le jour J, battant tous leurs records personnels au bon moment.
Pour offrir des médailles moins attendues à la France. Certains, comme Marie Rougetet, confirmant tout leur potentiel montré depuis deux ou trois ans. On peut ajouter à cette liste Victoria Kwarteng, 4ème du 400 m, avec un nouveau record de France U20, en 52.26. Un record qui tenait depuis près de 40 ans. Dans l’histoire des championnats d’Europe U20, seules deux filles ayant terminé 3ème du 400 m ont couru plus vite que la Française. Dont – malheureusement – Anastazja Kus, qui a couru en 52.22. Globalement, les quelques belles surprises n’ont pas pu compenser les échecs français. La balance n’est pas équilibrée. Le record de médailles, 11 en 1998 et 2011, tiendra encore une édition au moins.
Les chronos des 3e aux Europe U20
2023 : 52.85
2021 : 53.41
2019 : 52:37
2017 : 52.55
2015 : 53.27
2013 : 52.27
2011 : 53.73
2009 : 54.01
2007 : 53.68
2005 : 53.48
2003 : 54.21
2001 : 53.52
1999 : 53.78
1997 : 53.17
1995 : 53.69
1993 : 53.17
1991 : 53.42
1989 : 53.57(1/2) https://t.co/hmI4mMQPq9 pic.twitter.com/rccJSkAjEP
— Etienne Goursaud 🇫🇷 (@EtienneGoursaud) August 9, 2025
Méta Tumba, Elijah Pasquier, Victoria Kwarteng, Chloé Le Roch se sont offerts des records de France U20. Cela ne doit pas remettre en cause le fait que l’équipe de France possède une belle génération. Les petites claques reçues peuvent être une bonne chose pour la suite de la carrière de certains. Qui auront tous très faim en 2026.
Le cas Emmanuel Idinna
Parmi les quelques douches froides de ces championnats d’Europe juniors, le cas Emmanuel Idinna. Le jeune français a, sur la piste, décroché la médaille d’argent dans le concours de triple saut. Avec un bond à 15.85 m à sa deuxième tentative. Avant de se faire disqualifier pour des chaussures non conformes. Son modèle de chaussures n’étant plus homologué par World Athletics, en raison d’une semelle trop épaisse sous la lame carbone. Qui procure un trop gros avantage. Outre le débat sur les chaussures carbones, en vogue depuis quatre ans, comment le staff de l’équipe de France a pu passer à côté d’une telle information.
Le jeune athlète, qui semble avoir sauté avec ces chaussures depuis le début de saison (mais qui ne risque pas l’annulation de ses résultats précédents), est évidemment aussi en faute. Mais les cadres présents à Tampere aurait dû vérifier si le modèle de chaussures était bon. D’autant qu’il est assez facile de le savoir, via le module, mis en place par World Athletics. Dommage pour l’athlète, privé d’une médaille. Un nouvel exemple du French Amateurism de la FFA, qui accumule les boulettes au fil des compétitions.
Attends pardon ? https://t.co/JUEXudchY5
— Fédé 🇫🇷 de la Lose (@FFLose) August 10, 2025


