D1 féminine, 7ème journée : Camille Abily couronnée
Saveur particulière pour cette 7ème journée de championnat : Camille Abily revêt les couleurs lyonnaises pour la 300ème fois. Une soirée comme un rêve pour l’emblématique numéro 4, avec un doublé, une victoire 6 à 0, et, au bras, pour un match, le brassard de capitaine.
Ce qu’on aime chez Camille Abily, et plus généralement chez cette génération de si grandes joueuses trentenaires aujourd’hui, les Gaëtane Thiney et autres Laura Georges, c’est ce goût du travail et de la modestie, cette façon de s’émerveiller à chaque but, à chaque prestation de haut vol, comme si cela arrivait par hasard, une chance que seul un travail acharné pourrait de nouveau convoquer. Ce match devait être le sien, ce maillot lyonnais, elle l’a porté 300 fois. Contre Lille, Camille Abily eut l’élégance de livrer un match à la hauteur de son talent, de sa carrière.
Camille Abily au coup franc
7ème minute. Face aux attaques lyonnaises, les promues lilloises n’ont autre choix que de défendre, et ce faisant, multiplient les fautes. L’arbitre siffle. Sur ce coup franc à l’entrée de la surface de réparation, elles sont deux, trois à pouvoir frapper. Amel Majri s’élance comme un leurre, derrière elle, Camille Abily enroule une frappe qui ne laisse aucune chance à Elisa Launay, la gardienne lilloise. Un but à zéro. Point de départ d’un déferlement d’attaques et de buts lyonnais.
La formation de Reynald Pedros, sans Dzsenifer Marozsan mais avec une Shanice van de Sanden retrouvée, multiplie les combinaisons. Fait mouche. Deux minutes après l’ouverture du score, l’indispensable Eugénie Le Sommer, côté gauche, enrhume la défense, centre au millimètre pour la tête de Shanice van de Sanden, offre à l’internationale néerlandaise son premier but sous ses couleurs lyonnaises (9ème).
C’est alors qu’Ada Hegerberg voulut en être. Meilleure buteuse du championnat, elle s’attacha à conforter son statut. 17ème minute : lancée dans la profondeur par Eugénie Le Sommer, l’internationale norvégienne, sa défenseuse sur le dos, crucifie la gardienne lilloise sans trembler. 17ème minute, pour la troisième fois, Elisa Launay allait chercher le ballon dans ses filets.
Camille Abily, la tête la première
Bis repetita quatre minutes plus tard. Camille Abily, servie côté droit par Lucy Bronze, plonge au premier poteau, de la tête propulse le ballon dans les cages de cette pauvre Elisa Launay qui eut beau se détendre… en vain. Cela faisait 4 buts à rien, on jouait la 21ème minute.
Les Lilloises devaient encore tenir une bonne heure, on se demandait comment cela allait finir, songeant tout à coup au cinglant 9 – 2 infligé au Paris FC le 24 septembre dernier. D’autant que les Lilloises, vaillantes, ne purent rien proposer de plus que des contrattaques brouillonnes, des tirs de loin ou dévissés, à l’image de tentative la jeune internationale belge Jana Coryn. Paisible est la soirée de la gardienne lyonnaise, on se prend à espérer une température clémente, histoire qu’elle ne prenne pas froid faute d’exercice physique.
A l’opposé du terrain, Elisa Launay, sans doute la joueuse lilloise la plus en vue, la plus sollicitée. Quatre buts déjà dans les gants, elle ne se décourage pas, s’emploie à repousser les assauts lyonnais, remporte un duel contre Ada Hegerberg, mais doit céder, une fois encore, face à la géante norvégienne qui glisse, du bout du pied, comme si de rien n’était, le ballon dans les cages adverses, concluant un festival d’Amel Majri côté gauche.
40ème minute. Lyon 5, Lille 0.
Les Lyonnaises marquent et gèrent
De retour des vestiaires, les Lyonnaises décidèrent de… s’économiser. Depuis le début du championnat, c’est comme ça. Elles font le boulot en première mi-temps, gèrent en seconde, donnant parfois une impression confuse au milieu de terrain, notamment en l’absence de Dzsenifer Marozsan, blessée à la pommette.
La machine est moins performante.
Les Lilloises en profitent pour tenter d’exister, Saki Kumagai rate un pénalty (54ème), Reynald Pedros lance Elodie Thomis pour ranimer ce grand corps amorphe qu’est devenue son équipe. L’étincelle espérée se produit à la 92ème, où Amel Majri et son pied gauche prouva qu’elle se situait dans la lignée de son aînée Camille Abily à qui elle rendit un bel hommage en marquant, sur coup franc à la 92ème. Que dire de ces journées de championnat, qui se suivent et se ressemblent ? Ada Hegerberg a beau souligner que du travail reste encore à accomplir, les faits sont là : Lyon gagne, avec, sans ses cadres. Et Camille Abily s’apprête à jouer son 301ème match sous les couleurs lyonnaises.

