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Mort d’Albert Uderzo : Astérix et le sport, un lien indéfectible

Jordane Mougenot-Pelletier

Publié le

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Albert Uderzo, papa avec René Goscinny d’Astérix, est mort aujourd’hui à 92 ans. Retour sur les relations fructueuses et drôles entre le Gaulois préféré des Français et le monde du sport.

Le sport national gaulois : la bagarre

Si en France tout finit par des chansons, en Gaule, tout commence par une bagarre. Véritable sport national de nos ancêtres dessinés, il n’y a pas un album dans lequel ne figurerait pas le défouloir préféré du village d’Astérix. Métaphore du tempérament querelleur et râleur du Français moyen, la baston générale a été élevée au rang d’art par le duo Goscinny-Uderzo.

À ce petit jeu-là, Obélix fait sans nul doute office de GOAT incontesté. Tombé dans la marmite de potion magique quand il était petit, il est plus fort que n’importe lequel de ses congénères ou qu’une cohorte romaine. Mais la plus grande rivalité, le Clasico, le Fedal de la bagarre demeure incontestablement le duel Ordralfabétix vs Cétautomatix. Le poissonnier et le forgeron se vouent en effet une rivalité de voisinage fiévreuse à grands coups de poissons pas frais et de marteaux qui volent.

Le jour où Eddy Merckx est apparu dans Astérix

On le sait, et c’est acquis. Eddy Merckx est le plus grand champion cycliste de l’histoire. De toutes les histoires, même celle des Gaulois qui résistent encore et toujours à l’envahisseur.

Et pour Eddy Merckx nul besoin d’attendre l’invention de la bicyclette pour avoir les honneurs d’Astérix. Dans le dernier album scénarisé par René Goscinny, « Astérix chez les Belges », il apparaît, sous des traits relativement fidèles, comme messager (à pied) rapide chargé de transmettre un message capital aux « tribus voisines ».

On est en 1977, le « Cannibale » n’est plus ce qu’il était mais peu importe, sa légende lui survivra encore longtemps. Avec ou sans Astérix.



Le sport national romain : les jeux du cirque

Les Romains traitent les Gaulois en barbares, et l’amour du peuple conquis pour la bagarre ne contribue pas à redorer le blason de nos ancêtres de ce côté-là.

N’empêche… Côté barbarie, les Romains se posent là avec leurs jeux du cirque qui, pour le moins, ne sont pas un modèle d’humanité. Plusieurs fois, Astérix et ses compères s’y sont confrontés, sinon jetés. C’est particulièrement le cas dans l’album pour le moins explicite « Astérix Gladiateur ».



Chargés par le village de retrouver leur barde Assurancetourix enlevé pour être offert à César et à Rome, Astérix et Obélix se font remarquer d’un laniste pour leurs atouts physiques, disons, hors du commun. Engagés volontaires, ils triomphent d’abord d’une course de chars avant de lancer une grève sous forme de happening en invitant les autres gladiateurs à jouer au « Ni oui ni non, ni blanc ni noir ». De quoi faire enrager César qui envoie une patrouille romaine qui se fait dézinguer presto par les deux Gaulois. César rend Assurancetourix, qui avait fait fuir les lions qui devaient le manger en chantant, et tout est bien qui finit bien (mais sans chanson).

Astérix et les sports antiques

Les Romains, dont le raffinement n’est donc plus à prouver, ne se contentaient pas des jeux du cirque lors de leurs après-midis récréatifs. Ils avaient hérité (ou s’étaient approprié, c’est selon) du goût des sports antiques grecs. Il n’est donc pas rare de voir nos deux compères gaulois se livrer à des duels de course ou de javelot, comme dans « Les Douze Travaux d’Astérix ».

Mais c’est évidemment « Astérix aux Jeux Olympiques » qui fait la part la plus belle à ces sports. Inspiré à Goscinny et Uderzo par les Jeux Olympiques de 1968 à Mexico, l’album est peut-être et surtout l’occasion d’une réflexion sur la potion magique et sur le dopage dans le sport. Il faut dire que la question fait de plus en plus rage dans le monde sportif et la société de l’époque : un an avant la parution de l’album, Tom Simpson décédait sur les pentes du Mont Ventoux en plein Tour de France.

Si l’album conserve son ton rigolard, il traite également des petits arrangements entre amis lors de compétitions sportives. L’occasion de rappeler que les albums d’Astérix pouvaient se permettre, grâce à la distanciation temporelle, de traiter de sujets de société, mine de rien.

Quand Obélix jouait au rugby

Au cours de leurs pérégrinations, Astérix et Obélix croisent tout ce qui compte d’Ibères, de Lusitaniens, de Romains, de Goths, d’Ostrogoths, de Wisigoths, de Germains, de Numides et donc, de Bretons. Chacune de ces rencontres est le prétexte pour Uderzo et Goscinny d’égrener tous les clichés que les Franç… les Gaulois pardon, trimbalent au sujet des autres peuples.

Concernant les Bretons, les clichés ne sont pas minces et les deux auteurs s’en amusent beaucoup, n’est-il pas ? Syntaxe, royauté, circulation à gauche, tout y passe, le reste aussi, jusque donc au sacro-saint rugby. Astérix et Obélix se retrouvent à en disputer un match, pour le plus grand bonheur du livreur de menhirs enthousiasmé par les règles du jeu explicitées ainsi par Jolitorax : « on a pratiquement le droit de tout faire pour porter la calebasse dans les buts de l’adversaire, seul l’usage des armes est interdit, sauf accord préalable ».

Tout y est dans la représentation de Twickenham : le gazon parfait, la ferveur du public sauf peut-être le french flair d’un Obélix tout en raffut et chahut. Tout l’art d‘Uderzo.

JMPPMJ

 

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