Nous suivre
JO d'hiver 2026

Qui est Mathis Desloges ? 5 choses à savoir sur le vice-champion olympique du skiathlon

Flo Ostermann

Publié le

Qui est Mathis Desloges 5 choses à savoir sur le vice-champion olympique du skiathlon
Photo Icon Sport

Ancien biathlète, proche d’Émilien Jacquelin, travailleur discret… Découvrez qui est Mathis Desloges à travers 5 choses à savoir sur le vice-champion olympique du skiathlon.

Il n’a pas levé les bras comme une rock star, mais a crié sa joie à l’arrivée. En coupant la ligne en deuxième position du skiathlon masculin, Mathis Desloges a signé l’un des premiers grands moments français des Jeux Olympiques d’hiver 2026. À 23 ans, le fondeur a décroché l’argent sur l’une des épreuves les plus exigeantes du programme, offrant à la France sa toute première médaille à Milan-Cortina. Une performance aboutie, fruit d’un long cheminement plus que d’un coup d’éclat.

1. Une course maîtrisée de bout en bout

Le skiathlon est une épreuve à part. Vingt kilomètres, deux techniques, un changement de skis en plein effort, et une intensité qui ne faiblit jamais. Ce dimanche, Mathis Desloges n’a jamais semblé subir la course. Toujours bien placé, attentif aux mouvements des favoris norvégiens, il a traversé la partie classique sans se découvrir, avant de hausser progressivement le ton en skating.

Dans le dernier tiers de course, là où beaucoup cèdent, le Français est resté lucide (exception faite de sa petite escapade hors piste) et solide, ne laissant s’échapper que Johannes Klaebo, référence absolue de la discipline. Derrière le Norvégien, Desloges a su verrouiller sa deuxième place avec sang-froid, tel un vieux briscard. À l’arrivée, l’argent olympique a valeur de confirmation autant que de révélation.

2. Un parcours marqué par les détours

Rien ne prédestinait Mathis Desloges à briller un jour sur une épreuve de ski de fond olympique. Plus jeune, c’est le biathlon qui occupe les hivers de l’Isérois d’origine. Une discipline complète, exigeante mentalement, dans laquelle il apprend très tôt la rigueur de l’entraînement et la gestion de la pression.

Mais au fil des saisons, une évidence s’impose : ses qualités d’endurance et de régularité s’expriment davantage sans la carabine sur le dos. Le choix de basculer vers le ski de fond n’est ni immédiat ni simple. Les premières années chez les seniors sont faites de doutes, de résultats discrets et de longues périodes de travail sans récompense visible. Desloges s’accroche, convaincu que le temps finira par jouer en sa faveur.



3. Une culture de l’exigence héritée du Vercors

Originaire de l’Isère, Mathis Desloges grandit dans un environnement où le sport de haut niveau n’est jamais très loin. Il partage notamment des liens étroits avec Émilien Jacquelin, figure du biathlon français, issu du même club, à Villard-de-Lans. Sans évoluer dans la même discipline, les deux athlètes se croisent, s’entraînent parfois ensemble et partagent une même approche du haut niveau.



Cette proximité nourrit chez Desloges une culture de l’effort et une exigence quotidienne. Observer, apprendre, comprendre comment durer au plus haut niveau, le double champion du monde de la poursuite étant de sept ans son aîné. Autant d’éléments qui façonnent son état d’esprit, discret mais profondément compétiteur.

4. Sixième des Mondiaux 2025 à 22 ans

Dans un sport dominé par les nations nordiques, la percée n’est jamais immédiate. Mathis Desloges construit pourtant la sienne à vitesse grand V. Champion du monde U23 de la mass start en 2024, il s’est depuis rapproché du haut niveau international, sans bruit. Les résultats arrivent progressivement : des places régulières dans le top 10, une capacité à tenir les formats longs, et surtout une constance qui attire l’attention du staff.

Un an avant les Jeux, sa sixième place sur le skiathlon des Championnats du monde agit comme un signal fort. Il manque encore l’exploit, mais le socle est là. Physiquement prêt, mentalement solide, Desloges sait qu’une fenêtre peut s’ouvrir à Milan-Cortina.

5. Une préparation pensée pour un seul rendez-vous

À l’approche des JO, le fondeur fait des choix clairs. Son calendrier, à l’instar du reste de l’équipe de France masculine, est aménagé : certaines compétitions sont mises de côté, comme l’étape de Coupe du monde d’Oberhof (Allemagne), mi-janvier. L’objectif est simple : arriver au sommet de sa forme le jour J. Toute sa saison est construite autour de ce skiathlon olympique.

Cette stratégie, risquée mais assumée, se révèle payante. Le jour de la course, Desloges est exactement là où il voulait être. Ni euphorique, ni inhibé par l’enjeu. Juste prêt. Entre deux Norvégiens sur le podium. À qui il avoue volontiers emprunter les méthodes d’entraînement, avec des sorties longues de plus de 100 km, comme il a pu le décrire auprès de nos confrères de L’Équipe, à l’automne dernier. Pari gagnant.

Un cap franchi, un autre à tenir

Vice-champion olympique à 23 ans, Mathis Desloges change donc de dimension. Il n’est plus seulement un fondeur prometteur, mais un athlète désormais attendu. Chaque course sera désormais abordée différemment, avec plus de pression, plus d’attention, plus d’exigence.

Mais son parcours, fait de patience et de résilience, laisse penser qu’il est armé pour cette nouvelle étape. À Milan-Cortina, il n’a pas seulement gagné une médaille. Il a affirmé une trajectoire.

Clique pour commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *