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Cyclisme sur route

Porté par Isaac Del Toro, le cyclisme mexicain n’avait jamais eu un tel vivier

Olivier Dobiezynski

Publié le

Porté par Isaac Del Toro, le cyclisme mexicain n’avait jamais eu un tel vivier
Photo Icon Sport

CYCLISME SUR ROUTE 2026 – Longtemps relégué aux performances d’un homme seul, le cyclisme mexicain pourrait enfin prendre son envol.

Sur la route d’Épinal, en cet été 1990, un cycliste mexicain fait parler la poudre. Alors à son apogée, Raúl Alcalá remporte un contre-la-montre de plus de 60 km sur le Tour de France, devançant son dauphin, un certain Miguel Indurain, d’une minute et 24 secondes. Le coureur de l’équipe néerlandaise PDM avait déjà enlevé une étape en ligne l’année précédente, et sa régularité en montagne lui a permis de signer trois top 10 au classement général.

De quoi générer des vocations dans le pays d’Amérique centrale ? Pas vraiment, puisqu’il faut ensuite attendre les années 2000, plus de dix ans plus tard, pour voir d’autres coureurs mexicains briller. Julio Alberto Pérez Cuapio sort alors de nulle part pour remporter trois étapes sur le Tour d’Italie en 2001 et 2002. Redoutable grimpeur, que ce soit en échappée ou à la pédale, il rafle même le maillot de meilleur grimpeur en 2002.

Plus de vingt ans de disette !

Raúl Alcalá, Julio Alberto Pérez Cuapio ou encore le regretté Miguel Arroyo : autant de profils de coureurs typés courses à étapes. Autant de cyclistes aussi qui auraient pu créer une dynamique et faire émerger de nombreuses pépites dans le pays. Or, il n’en a rien été. En effet, le Mexique a connu une période creuse d’une vingtaine d’années suite aux performances de son grimpeur de poche. Rien à se mettre sous la dent, aucun coureur de renom.

Le pays devait se contenter de coureurs du pedigree d’Efrén Santos, tout juste bons à batailler sur d’obscures et sulfureuses courses du calendrier américain, à l’instar du Tour du Costa Rica, et sans la moindre aventure sur le Vieux Continent.

Isaac Del Toro crée enfin l’émulation

Puis, l’émergence d’un vrai crack, leader du cyclisme mondial, troisième au classement UCI en 2025, est en train de changer la donne. En effet, Isaac Del Toro a littéralement survolé la saison précédente, fort de ses 18 victoires et de ses grosses performances, notamment sur le Tour d’Italie. Le coureur d’UAE Team Emirates XRG a également commencé 2026 tambour battant, en s’offrant Tirreno-Adriatico.



Dans son sillage, des carrières pourraient enfin se révéler et des vocations naître. Ainsi, un petit groupe de noms commence à éclore dans le milieu et, même si cela reste pour l’instant discret, on n’a jamais vu autant de cyclistes mexicains en même temps sur le circuit européen. L’exemple le plus parlant est celui d’Edgar David Cadena. Le coureur de la Team Storck – MRW Bau a, entre autres, crevé l’écran sur le Tour des Asturies, révélant de vraies qualités de puncheur et empochant deux étapes.



Preuve d’une nouvelle diversité des profils dans le pays, le sprinteur César Macías démarre également sa carrière en Europe depuis peu. Chez les Espagnols de Burgos Burpellet BH, il est encore en rodage mais commence à montrer sa pointe de vitesse, prenant notamment la troisième place d’une étape sur le Tour de Turquie. Derrière lui, la jeunesse mexicaine se montre également prometteuse. Citons par exemple les frères jumeaux José Antonio Prieto et José Juan Prieto, pour le moment chez Petrolike, ou encore le rouleur Sebastián Ruiz.

Des coureurs qui se montrent, et du mieux en coulisses

De bon augure donc pour un pays qui a vu ses championnats nationaux se disputer en octobre dernier, après quatre ans d’absence en raison de l’exclusion par l’UCI de la fédération cycliste locale pour de « graves problèmes d’organisation » en mai 2022.

La fédération internationale ayant finalement reconnu l’Unión Ciclista de México comme nouvelle instance locale, fondée à la suite des changements intervenus au sein du gouvernement central et, par conséquent, de la Commission nationale de la culture physique et des sports (CONADE), en charge des différents organismes sportifs. Pour le plus grand plaisir des fans de cyclisme au Mexique.

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