Nous suivre
Tour de France

Le Tour de France menacé par les incendies : le véritable drame, c’est le climat

Etienne Goursaud

Publié le

Le Tour de France menacé par les incendies - le véritable drame c'est le climat
Photo Icon Sport

TOUR DE FRANCE 2026 – La 3e étape a été menacée par les incendies. Derrière le Tour, c’est toute la question du climat qui se pose.

L’incertitude plane sur les routes du Tour de France. Menacée par des incendies, la 3e étape devrait bien avoir lieu ce lundi, sans spectateurs selon les dernières informations qui nous ont été communiquées. Néanmoins, cet épisode rappelle que le sport est aussi dépendant du climat. Un climat qui s’emballe considérablement dans le monde.

La France n’est pas épargnée depuis le milieu du printemps. C’est une de ses vitrines sportives qui est sous la menace. Aujourd’hui, le coup passe près. Mais le phénomène pourrait revenir de plus en plus souvent. De quoi remettre sur la table la question écologique.

Tour de France 2026 : un lourd bilan des incendies dès le début juillet

Des incendies qui débutent de plus en plus tôt

Selon Le Ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, plus de 11 000 hectares ont brûlé en France cette année. « Plus de 11 000 hectares brûlés contre 5 700 l’an passé à la même période », a-t-il indiqué ce lundi matin sur France 2. Un chiffre qui prend en compte l’incendie qui s’est déclaré ce samedi 4 juillet dans les Pyrénées-Orientales. Avec cet incendie, on dépasse déjà la moyenne annuelle de la surface brûlée sur notre territoire. Selon les dernières informations ce lundi matin, 6 000 hectares sont déjà partis en fumée. Près de la moitié du total des incendies de Gironde en 2022.

Une moyenne qui pourrait bien augmenter rapidement. Si 2003 (75 000 hectares) et 2022 (60 000 hectares) restent deux années exceptionnelles, ces dernières années sont globalement effrayantes, même si elles sont moins intenses que les deux années citées. Par exemple, selon les données de l’Office national des forêts, 30 000 hectares ont brûlé en 2025. Trois fois la moyenne nationale.

À l’heure où nous écrivons ces lignes, le feu n’est toujours pas stabilisé et une surface plus importante pourrait brûler. Un feu qui se déclare alors qu’au même moment, 900 hectares ont brûlé dans l’Aude et le Gard.



Pour rappel, les feux de forêt qui ont ravagé la Gironde et une partie des Landes en 2022 n’avaient commencé « que » le 12 juillet. Cette année, les premiers gros incendies en France sont intervenus au cœur du printemps. Dès le mois d’avril, des dizaines d’hectares brûlaient déjà dans plusieurs endroits de France. Notamment en Sarthe, avec cinq départs de feu, le 29 avril dernier. Au nord-ouest de la France et dans une zone plutôt connue pour être assez humide. Riche de 4 800 km de cours d’eau et parmi les plus importants milieux humides du pays. Pourtant, la forêt y a brûlé de manière conséquente et précoce.



Avec ces incendies, ce sont des écosystèmes entiers qui s’effondrent. Des animaux qui meurent en même temps que la végétation. Qui mettront parfois des dizaines d’années à s’en remettre… Avant un prochain incendie. L’homme, plus qu’indirectement responsable, en est également une victime sur le plus long terme.

Canicules précoces et chaleur extrême : un cocktail explosif

Un incendie dans les Pyrénées-Orientales, qui succède à celui dans l’Aude et le Gard, tout juste stabilisé. La faute à une sécheresse et à une chaleur intense que subit la grande majorité de la France depuis six semaines. À l’heure où nous écrivons ces lignes, nous ne sommes que le 5 juillet et la France va entrer dans son 3e épisode caniculaire. 14 jours de canicule ont déjà été recensés, contre 16 en 2003, l’année record.

Le premier épisode a eu lieu à la fin du mois de mai. Pour la toute première fois, une alerte orange canicule a été déclenchée en France lors du 5e mois de l’année. Avec une anomalie de 15 degrés par rapport aux normes de saison, calculées sur les 30 dernières années. Des chiffres à donner le tournis. Le 26 mai a été la journée la plus chaude connue en France en mai (24,8 degrés). Angoulême a battu le record national absolu de chaleur pour un mois de mai (37,8 degrés). Météo France a publié un article détaillé sur les conséquences et les records de température pour ce mois de mai.

Mais ce n’est rien comparé à celle qui a touché la France à la fin du mois de juin. Pour la première fois dans l’histoire, il a fait une moyenne de 30 degrés sur le territoire national. C’étaient les 24 et 25 juin derniers. 40 % du territoire a été concerné par des températures d’au moins 40 degrés. Jusqu’à 72 départements en même temps ont été placés en vigilance rouge canicule par Météo France. C’est évidemment un record pour une vigilance rouge, quelle qu’elle soit. Les températures se sont approchées des 45 degrés à plusieurs endroits ! Près de 500 records absolus ont été battus. Avec une nuit à 22 degrés, le 25 juin 2026. Là aussi, Météo France a publié un article détaillé sur le sujet.

Des sols très secs : le feu prend très facilement

Des températures extrêmes, peu de précipitations, un déficit de près de 50 % par rapport à la norme mensuelle de juin, cumulé à ceux d’avril et de mai : les conséquences sur les sols sont très importantes. Selon les données de certains spécialistes de la météo, les 30 premiers centimètres des sols de l’intégralité du territoire français sont dépourvus d’eau. Une sécheresse des sols qui s’étend à 80 cm sur une large majorité de notre territoire. Sols secs, chaleur extrême, le cocktail à incendie est plus explosif que jamais.

Des informations qui contrastent avec les crues majeures observées à la fin du mois de janvier et au début du mois de février. La Garonne, la Charente, la Loire et le Maine avaient été placés en vigilance rouge. Preuve que cela va très vite, surtout quand les conditions extrêmes se multiplient. La faune et la flore sont déjà en extrême souffrance, avec une mortalité très importante. C’est peut-être la donnée la plus inquiétante à retenir, dans ce tumulte d’informations peu réjouissantes.

Tour de France, sport et climat : une organisation à réinventer

La France, territoire forestier en première ligne face aux incendies

Ces risques d’annulation d’étapes sur le Tour de France vont se multiplier dans les années futures. Le changement climatique est une réalité scientifique. La France est un pays forestier. 32 % de son territoire, soit 17,5 millions d’hectares, sont recouverts de bois et de forêts. Parmi eux, les massifs montagneux, théâtre des grandes étapes de montagne. Celle prévue ce 6 juillet s’inscrit en pointillés. Mais combien vont l’être dans le futur ? Cette question doit nous amener à une réflexion autour du sport et du réchauffement climatique, qui va bouleverser son organisation.

Avant même le Grand Départ 2026, c’est le 3e épisode caniculaire en approche qui est venu s’inscrire dans le débat ! Laurent Nuñez, le ministre de l’Intérieur, avait laissé des directives aux différents préfets : « À titre exceptionnel et en concertation avec l’organisateur et l’ensemble des parties prenantes, vous pourrez décider de l’annulation d’une étape, lorsque les conditions sanitaires ou opérationnelles ne permettent plus d’assurer simultanément la sécurité des spectateurs, des personnels mobilisés et la continuité de la réponse aux urgences de la population ». Finalement, la 3e étape devrait se courir, mais sans public aux Angles.

Autant, en cas de chaleur, le Tour de France peut s’adapter avec des départs tôt le matin pour éviter le pic de chaleur, autant pour les incendies, il n’y aura rien à faire si un feu venait à se déclarer à proximité d’une ou plusieurs étapes de la Grande Boucle.

Une question qui dépasse largement le Tour de France

En ce début de mois de juillet, c’est le Tour de France qui fait l’actualité. Mais c’est l’ensemble du monde sportif qui doit composer avec ces changements. La chaleur et les orages ont fait l’actualité de la Coupe du Monde 2026. Jusqu’à menacer le coup d’envoi du 8e de finale de la Coupe du monde entre la France et le Paraguay, finalement disputé ce samedi à l’heure prévue. Une Coupe du monde marquée par ses pauses fraîcheur, qui existent également au cas par cas dans les championnats nationaux, mais aussi en rugby.

Le réchauffement climatique impacte également les sports hivernaux. Des manches de ski alpin commencent à être annulées faute d’une quantité de neige suffisante. On pourrait dérouler une liste quasiment infinie d’évènements annulés à cause de la météo. De nombreuses organisations ont dû baisser pavillon en France lors de l’alerte canicule. Tandis que la neige artificielle est devenue légion en biathlon, avec ses conséquences énergétiques et sur la gestion de la ressource qu’est l’eau. L’eau qui manque actuellement en France et dans bien des territoires dans le monde. Qui sera un enjeu bien plus grand que n’importe quelle compétition sportive.

Le classement des autres maillots distinctifs

Clique pour commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *