Trois équipes invaincues, Nevers en souffrance : les enseignements du premier bloc de Pro D2
PRO D2 2026-2027 – On fait le point sur les enseignements de ce premier bloc de cinq matchs, marqué par le rythme infernal de trois équipes.
Oyonnax, Provence Rugby et Brive : trois favoris qui carburent au super
Cinq matchs, cinq victoires ! Beaucoup citaient Provence Rugby et le CA Brive comme les deux cadors de cette Pro D2. Provençaux et Corréziens répondent présents dans ce premier bloc, en faisant le plein ! Si les deux clubs ont eu la chance de recevoir à trois reprises sur les cinq matchs, tous deux sont allés chercher une victoire de référence loin de leurs bases. Pour Provence Rugby, c’est une victoire au caractère sur la pelouse de Colomiers. Pour Brive, c’est une démonstration, la même semaine, sur la pelouse d’Armandie à Agen (37-14).
#rugby Pro D2 : @ProvenceRugby s’impose dans la douleur face à @SArugbyofficiel mais réalise un début de saison historique avec un 5 sur 5@LNRofficiel @laprovence
https://t.co/Y1eZ9eRugj— Steven Imbert (@stevenimbert) September 26, 2026
Les observateurs étaient un peu plus prudents concernant Oyonnax. Après une saison 2024-2025 catastrophique, les Aindinois ont terminé l’exercice précédent avec une demi-finale perdue contre Vannes. Mais avant cette défaite contre le futur promu en Top 14, ils avaient gagné six de leurs sept derniers matchs de Pro D2. Une dynamique conservée, avec à la clé une place de leader à l’issue de la 5e journée. Avec 23 points, Oyonnax en compte deux de plus que Provence Rugby et Brive.
Tout n’est pas encore parfait pour Brive et Provence, Oyonnax à l’épreuve d’un cador
Trois équipes qui jouent avec leurs armes. Oyonnax impressionne par son attaque, la meilleure de Pro D2 tant en termes de points (205, soit 41 points marqués en moyenne) que d’essais inscrits (27, soit 5,4 par match). Brive (106 points encaissés) et Provence Rugby (108 points encaissés) possèdent les deux meilleures défenses du championnat.
Tout n’a pas été parfait pour Provence Rugby comme pour Brive. Provence a vu Narbonne revenir très fort (47-42), tandis qu’Aurillac n’est pas passé loin du coup parfait ce vendredi, avant de craquer (24-20). De son côté, Brive a laissé filer un bonus offensif qui lui semblait promis contre Colomiers. Le bonus offensif, justement, est un secteur dans lequel les deux équipes pèchent encore. Oyonnax, de son côté, n’a pas encore rencontré de grand cador cette saison.
Une orgie d’essais sur tous les terrains de Pro D2
Depuis plusieurs saisons sur les terrains du rugby professionnel français, le nombre d’essais par match est à la hausse. Le premier bloc de Pro D2 ne déroge pas à la règle, bien au contraire ! 7,5 essais par match ont été inscrits lors des 40 premières rencontres de la saison. Soit plus d’un essai supplémentaire par match par rapport à la saison passée (6,4). Dans le même temps, 58,6 points sont marqués en moyenne.
Symbole de cette tendance, ce remarquable Aurillac-Dax s’est conclu sur le score de 65-35. Soit 100 points tout pile. Cinq matchs ont dépassé les 80 points inscrits, soit un par journée. Neuf rencontres ont atteint ou dépassé la barre des dix essais, tandis que seul Béziers, lors de son déplacement à Nice (6-43), n’a pas marqué d’essai au cours d’un match. Toutes les autres équipes ont trouvé la terre promise au moins une fois à chacune de leurs rencontres.
Toutes les équipes dépassent les 20 points par match en moyenne. Pire attaque de Pro D2 avec 102 points, Agen en a inscrit 20,4 par rencontre. Dans le même temps, Brive, meilleure défense, encaisse tout de même plus de 20 points par match (21,2).
- À ce sujet – Grenoble surpasse Valence Romans, Biarritz confirme : le résumé du multirugby de la 5e journée de Pro D2
Narbonne est un promu qui a de l’allure
Cinquième de la phase régulière de Nationale avant de réaliser des phases finales de rêve, Narbonne avait tout d’une victime idéale. On pouvait même craindre un scénario à la Montauban en Top 14 la saison passée. Il convient d’être prudent car ce n’est que le premier bloc, mais force est de constater que les Narbonnais tiennent leur rang dans cette Pro D2.
Malgré un premier bloc défavorable avec trois déplacements, les Audois sont 9es de Pro D2, avec neuf points. Ils ont marqué les esprits en allant décrocher un point de bonus offensif sur la pelouse de Provence, avec une fin de match en boulet de canon. Pour l’heure, c’est également un sans-faute à la maison, avec deux victoires contre Nevers (28-26) et le SA XV (31-26).
Le derby perdu contre Béziers ce vendredi (34-24) a laissé un goût amer à leur technicien Jacques Delmas, comme il l’explique à L’Indépendant. Pour ses joueurs, le plus dur arrive déjà, avec un début de deuxième bloc corsé : une réception du leader Oyonnax, un déplacement à Colomiers, puis la réception de Brive. Si Narbonne arrive à prendre huit points sur ces trois matchs, nul doute qu’il sera un candidat crédible au maintien.
Nevers sur la « lancée » d’une deuxième moitié de saison douloureuse en Pro D2
Cinq matchs, cinq défaites et une dernière place de Pro D2. Le début de saison de l’USON Nevers ressemble déjà à un chemin de croix. Seule équipe de Pro D2 à ne pas avoir remporté le moindre match, la sonnette d’alarme est déjà tirée dans la Nièvre. C’est le plus mauvais départ du club depuis son accession historique en Pro D2 en 2017. Les deux prochaines rencontres, un déplacement à Nice (14e) et la réception d’Agen (15e), sont déjà cruciales !
On se souvient de la deuxième moitié de saison de l’exercice 2025-2026, avec cette terrible série de neuf matchs sans victoire au cœur de l’hiver (8 défaites et un nul), qui avait amené Nevers à une place de barragiste. Le club avait finalement réussi à s’en sortir avec caractère dans la dernière ligne droite de la saison. Les Nivernais sont déjà en train de revivre une période particulièrement délicate.
Fin du match à Oyonnax 🟡🔵 pic.twitter.com/zsblWAp1Zx
— USON NEVERS RUGBY (@usonneversrugby) September 25, 2026
Xavier Péméja, le manager de l’USON Nevers, ne cachait pas sa colère, au micro du Journal du Centre, à l’issue de la défaite contre Oyonnax ce vendredi (56-35) : « Tu prends trois essais en dix minutes de jeu, t’es pas dans l’action (…) tu arrives à la mi-temps et t’es mort (…) Tu as l’impression qu’il n’y a pas de prise en compte du match. Et là, quand il y a l’urgence, on s’y remet, mais c’est trop tard. On dirait qu’on le fait exprès, qu’on attend de prendre une grosse fessée pour réagir »


