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Formule 1

Isack Hadjar s’offre un podium pour son retour à Bakou : la stratégie Red Bull décryptée

Victor Clot-Amiot

Publié le

Isack Hadjar s'offre un podium pour son retour à Bakou la stratégie Red Bull décryptée
Photo Icon Sport

GP D’AZERBAÏDJAN F1 2026 – Isack Hadjar a signé son deuxième podium de la saison après une course parfaitement menée stratégiquement par lui et Red Bull.

La logique veut qu’en Formule 1, il ne fait jamais bon de rester trop longtemps dans le sillage de la monoplace qui vous précède. Pour cause, les lois de l’aérodynamisme veulent que la voiture devant vous, bien qu’elle vous offre de l’aspiration en ligne droite, génère de l’« air sale » dans les zones plus sinueuses, produisant des perturbations, moins d’appui et donc moins de performance.

Pourtant, on a longtemps vu le Français Isack Hadjar rester à moins d’une seconde de son coéquipier Max Verstappen. Comment interpréter la stratégie du pilote Red Bull Racing ? On tente de vous apporter plusieurs éléments de réponse.

L’intelligence et la lucidité d’Isack Hadjar

En réalité, le Français n’a pas semblé souffrir des perturbations à rester dans le sillage de Max Verstappen. Cette position semblait même lui seoir parfaitement. C’est d’ailleurs la signification du message radio, qu’il a partagé à son ingénieur au 17ᵉ tour, lorsque ce dernier lui demandait s’il serait en mesure de prendre le dessus sur Oscar Piastri, alors 2ᵉ, si les deux pilotes Red Bull échangeaient leurs positions. Une belle preuve du fair-play du Français.

Je serais plus rapide de deux ou trois dixièmes [au tour, NDLR], mais je suis bien à cette place honnêtement. Autrement, nous perdrions du temps.

En réalité, Hadjar se contentait de suivre son coéquipier sans pour autant l’attaquer. Ainsi, les perturbations liées à l’air sale n’ont pas impacté le Français, qui pouvait sans doute se permettre en outre de faire un peu de lift and coast. Entendez par là relâcher la pédale d’accélérateur plus tôt et laisser la voiture en roue libre un peu plus longtemps avant un virage, facilitant en outre la tenue des pneumatiques.

Verstappen étant à la lutte derrière Piastri (McLaren), cela lui permettait de ne pas perdre de terrain. Idem, la gestion de l’énergie de sa monoplace devenait plus simple, à l’abri derrière son coéquipier, et sans menace immédiate derrière. En conséquence, Hadjar est parvenu à exploiter une situation en théorie délétère à long terme, en atout pour gérer au mieux sa monoplace.



Red Bull en totale maîtrise

Lorsque Verstappen semblait un peu plus en délicatesse avec ses pneumatiques, le Français s’est alors montré plus offensif à la radio, suggérant cette fois-ci de lui-même la possibilité d’échanger les positions. Là encore, le Grand Prix a proposé une situation assez inhabituelle. Traditionnellement, les pneumatiques softs (aux liserés rouges) permettent d’aller plus vite que les medium (aux liserés jaunes) mais s’usent plus tôt. Pourtant, aujourd’hui, le différentiel de performances a semblé plus faible.



Verstappen s’étant élancé en pneus medium, Hadjar en softs, c’est donc logiquement que le Français a dû céder sa position tôt dans la course. On imaginait à ce moment que le Français serait plus rapidement en délicatesse, alors que les deux hommes avaient une stratégie différente. Il n’était donc pas question de faire perdre du temps au Batave.

Derrière Verstappen, Hadjar pouvait alors se laisser emmener jusqu’à ce que l’écart avec le reste de la meute soit suffisant, pour ensuite passer aux stands et ne pas ressortir dans le trafic. Ça, c’était l’idée après quelques tours de course. Mais avec un Verstappen en délicatesse, on pouvait imaginer que le Néerlandais rentre aux stands plus tôt (si l’écart lui permettait de ne pas ressortir dans le trafic) puis que Hadjar aurait tout le loisir d’envoyer les gaz et tenter de dépasser Piastri.

La Safety Car s’en mêle

Seulement, le peloton étant assez resserré, les Red Bull avaient également intérêt à maintenir ce statu quo — Verstappen devant Hadjar — le plus longtemps possible, en espérant une voiture de sécurité qui permettrait à tout le monde de passer aux stands, et donc aux monoplaces de l’équipe autrichienne de ressortir à la même position et non au cœur du peloton.

Celle-ci est finalement intervenue au tout début du 31ᵉ tour, après qu’Alexander Albon (Williams) ait envoyé sa voiture dans le décor. Une seconde a suivi, peu après la relance, lorsque les pilotes Alpine et Lando Norris (McLaren) sont entrés en collision. Entre-temps, Verstappen avait pris le meilleur sur Piastri, ce qui laissait le champ libre à Hadjar pour attaquer l’Australien.

La récompense est venue en fin de course

Sous pression, Piastri commettait donc une erreur, en bloquant ses roues au virage 1 du 40ᵉ tour, permettant au Français de (re)monter à la troisième place de la course pour la première fois depuis la fin du sixième tour. Il ne lui restait plus qu’à gérer son avance sur Charles Leclerc (Ferrari), 4ᵉ, qui faisait tampon avec Kimi Antonelli (Mercedes), 5ᵉ, en étant parti 16ᵉ. Passant la ligne en troisième position, Isack Hadjar signait ainsi son troisième podium en F1, après seulement 35 GP disputés. De retour après sa blessure au poignet, et quelques jours après la reconduction de son contrat, le Français confirme qu’il est à sa place au volant de la Red Bull.

Dans le même temps, la stratégie des Red Bull a également profité à Max Verstappen, qui est finalement remonté de la huitième à la deuxième place. Le Néerlandais est passé à un cheveu de déboîter George Russell (McLaren) au passage du drapeau à damier, mais se satisfera de cette performance bienvenue pour lui.

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