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Championnats du monde de cyclisme sur route

15e et effondré à l’arrivée : ce que le classement ne dit pas de la course de Paul Seixas à Montréal

Flo Ostermann

Publié le

15e et effondré à l’arrivée ce que le classement ne dit pas de la course de Paul Seixas à Montréal
Photo Icon Sport

CHAMPIONNATS DU MONDE DE CYCLISME 2026 – Paul Seixas rêvait du maillot arc-en-ciel, il a finalement quitté Montréal avec une frustrante 15e place sur la course en ligne. Un résultat loin de ses ambitions, mais qui ne raconte pas vraiment la journée du Français.

Une 15e place qui laisse forcément des regrets

Paul Seixas n’était pas venu à Montréal pour terminer 15e. Il l’avait annoncé avant la course : il visait le maillot arc-en-ciel et rien d’autre. Alors, au moment de passer devant les micros après l’arrivée, le Français n’avait pas vraiment envie de chercher du positif dans sa journée.

Très marqué, il s’en est surtout voulu de ne pas avoir récompensé le travail de ses coéquipiers. L’équipe de France avait beaucoup roulé pour lui et durci la course comme il le souhaitait. Mais tout s’est finalement écroulé dans la dernière heure. À chaud, Seixas n’y voyait qu’un échec.

Difficile de lui demander de penser autrement quelques minutes seulement après l’arrivée. Mais cette 15e place, à près de trois minutes de Brandon McNulty, raconte assez mal les 273,4 kilomètres qui l’ont précédée. Pendant longtemps, Seixas a été exactement là où il voulait être.

Paul Seixas était encore avec les meilleurs quand la course s’est durcie

Les Bleus avaient choisi de ne pas attendre le final. Bruno Armirail a d’abord abattu un gros travail pour rapprocher le peloton de l’échappée. Valentin Paret-Peintre, Jordan Jegat et les autres Français ont ensuite pris leur part lorsque la course a commencé à sérieusement se tendre.

Le plan était clair : faire mal aux jambes, éliminer le plus de monde possible et emmener Paul Seixas vers un final où seuls les plus costauds pourraient encore jouer la victoire.





Les Français ont eu la course dure qu’ils voulaient. Les attaques se sont succédé, les groupes se sont faits et défaits. Mathieu van der Poel, Wout Van Aert, Primoz Roglic, Ben Healy puis, dans une moindre mesure, Remco Evenepoel, Isaac Del Toro ou encore Tom Pidcock ont tour à tour tenté quelque chose. Paul Seixas, lui, n’a pas sauté.

À 59 kilomètres de l’arrivée, lorsque Del Toro a accéléré dans l’énième ascension de Camillien-Houde, le Français a même été capable de prendre sa roue. À ce moment-là, il était toujours parmi les hommes qui comptaient. Et surtout, rien dans son attitude ne laissait présager une fin de course aussi difficile. Ses sensations étaient même excellentes, selon ses propres mots. Le problème est venu d’ailleurs.

Les crampes arrivent et tout bascule pour Paul Seixas

Un peu plus de 30 kilomètres restaient à parcourir lorsque Brandon McNulty a profité d’un temps mort et de la supériorité numérique américaine pour prendre les devants. Peu après, la situation a commencé à se gâter pour Seixas. À environ 25 kilomètres de l’arrivée, dans l’avant-dernière ascension de la principale difficulté du circuit montréalais, le Français montrait déjà des signes de gêne à la cuisse gauche. Des crampes, alors qu’il expliquera ensuite n’en avoir encore jamais connu sur un vélo.

Il aurait pu exploser immédiatement. Il a tenu. Seixas s’est accroché au groupe pendant encore une vingtaine de kilomètres, avec aussi le travail de ses coéquipiers dans un coin de la tête. Mais il ne pouvait plus vraiment courir comme il l’aurait voulu. Il fallait désormais gérer son effort et éviter que les crampes ne deviennent totalement incontrôlables.

À 3,7 kilomètres de la ligne, dans la dernière bosse, il n’a cette fois rien pu faire. Seixas se tenait la cuisse et a fini par perdre définitivement le contact. McNulty était déjà parti chercher le maillot arc-en-ciel. Derrière l’Américain, Michael Matthews et Mathieu van der Poel ont complété le podium.

Seixas a terminé comme il pouvait. Quinzième, loin de ce qu’il imaginait encore quelques dizaines de kilomètres plus tôt. Mais alors, pourquoi ces crampes ? Une mauvaise gestion de l’alimentation ou de l’hydratation dans la dernière heure est une piste. Thomas Voeckler n’a toutefois pas voulu tirer de conclusion aussi rapidement après l’arrivée. Le sélectionneur préférait attendre les données et le débriefing avant de chercher une explication précise.

Seulement sa troisième course de plus de 250 kilomètres

Il y a aussi la distance. Dimanche, Paul Seixas a découvert un nouveau territoire. Avec 273,4 kilomètres, il a disputé la course la plus longue de sa jeune carrière. Malgré ses résultats déjà impressionnants chez les professionnels, les journées de cette longueur sont encore rares pour lui. Très rares, même.

Avant ces Mondiaux, le quatrième du dernier Tour de France n’avait couru que deux fois au-delà des 250 kilomètres. La première lors des Mondiaux à Kigali en 2025, avec 267,5 km. La deuxième lors de Liège-Bastogne-Liège au printemps dernier, avec 259,5 km. Montréal était donc seulement sa troisième expérience sur une telle distance.

Or, après six heures de course, les jambes ne sont plus le seul facteur. Il faut avoir suffisamment bu et mangé depuis plusieurs heures, continuer à le faire lorsque la course s’affole, rester lucide et sentir ce dont le corps a besoin avant qu’il ne soit trop tard. À 20 ans, Seixas a encore peu connu ce genre de fins de course. Dimanche, il l’a découvert alors qu’il jouait un titre mondial.

Les Bleus avaient déjà beaucoup donné autour de leur leader

Au moment où ses problèmes ont commencé, Seixas n’avait plus personne autour de lui. Thomas Voeckler l’a reconnu : son leader s’est retrouvé isolé un peu plus tôt que prévu. C’était aussi le revers du plan français. Pour rendre la course difficile, les Bleus avaient dû travailler tôt. Plusieurs équipiers avaient déjà beaucoup donné lorsque les favoris ont commencé à attaquer dans tous les sens.

Nicolas Prodhomme ne regrettait pourtant pas la stratégie après l’arrivée. La France voulait une course de costauds et elle l’a eue. Le vent a simplement permis à davantage de puncheurs de passer les difficultés et de rester dans le jeu, là où les Bleus espéraient peut-être faire davantage de dégâts.

Quand le Lyonnais a commencé à souffrir de crampes, il a donc dû gérer seul. Pas de quoi expliquer son problème physique, mais une difficulté supplémentaire dans un final où la présence d’un équipier à ses côtés aurait forcément été précieuse.

Seixas s’en veut, Voeckler refuse de l’accabler

À l’arrivée, les deux hommes ne racontaient d’ailleurs pas tout à fait la même course. Seixas s’en voulait énormément. Il ne voulait pas entendre parler de son âge, de la distance ou de ses bonnes jambes avant l’apparition des crampes. Il avait demandé à ses équipiers de travailler pour lui et estimait ne pas avoir été à la hauteur au moment de conclure.

Voeckler était nettement moins sévère. Le sélectionneur ne voyait pas de grosse erreur dans la course de son leader et rappelait aussi à quel point son protégé pouvait être dur avec lui-même lorsqu’il manquait un objectif. Ce dimanche soir, le Français n’était de toute façon pas encore prêt à relativiser. Il venait de voir lui échapper une course qu’il avait préparée pour gagner, alors même qu’il s’était senti capable de jouer devant pendant une grande partie de la journée.

Une 15e place qui ne raconte pas toute la course de Paul Seixas

Le résultat restera. Paul Seixas a terminé 15e des Championnats du monde 2026 et, au regard de ses ambitions, ce n’est évidemment pas ce qu’il était venu chercher à Montréal.

Mais sa course ne s’est pas résumée à celle d’un jeune Français dépassé lorsque les meilleurs ont accéléré. C’est presque l’inverse. Seixas était encore là lorsque la sélection s’est faite. Il a suivi Del Toro quand le Mexicain a bougé. Il avait les jambes pour accompagner les meilleurs. Puis les crampes sont arrivées et ont progressivement fait disparaître ses chances.

Quelques jours après sa médaille de bronze sur le contre-la-montre élites, derrière Remco Evenepoel et Filippo Ganna, il quitte Montréal avec des sentiments forcément très différents de ceux qu’il imaginait avant ces Mondiaux.

Une médaille, une 15e place qui lui reste en travers de la gorge et, surtout, une première vraie expérience de ce qui peut arriver au bout de 270 kilomètres lorsque tout semblait jusque-là se passer comme prévu. Sur la feuille des résultats, Paul Seixas restera 15e. Pour raconter ses Mondiaux de Montréal, il faudra quand même aller un peu plus loin que ça.

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