Chronique tricolore : Benjamin Cavet, le bosseur d’outre-Manche
Quand on entend « ski de bosses », on pense souvent d’abord à la championne olympique Perrine Laffont, et on peut parfois oublier que les Français sont aussi présents au haut niveau. Encore assez peu connu du grand public, Benjamin Cavet est actuellement l’un des meilleurs bosseurs français. Après deux expériences olympiques, il espère enfin concrétiser sa montée en puissance.
Un Tricolore né outre-Manche
Né le premier jour de l’année 1994 au Royaume-Uni, Benjamin Cavet n’avait aucun lien avec le monde des sports d’hiver, enfin presque. Il arrive en France à l’âge de 10 ans pour suivre son père qui est moniteur de ski. Il découvre le ski de bosses qui est, à l’époque, pratiquement inconnu en Angleterre.
Très vite, il progresse dans les catégories jeunes mais fait face à un problème de taille : sa nationalité. En effet, arrivé en France en tant que Britannique, sa nationalité a vite été une barrière lors des compétitions internationales, c’est pourquoi dès ses 15 ans, il décide de changer de nationalité. Il rejoint alors la grande tradition française qu’est le ski de bosses.
Le meilleur junior et des débuts timides chez les pro
En 2011, alors qu’il n’a que 17 ans, il décroche la médaille d’argent des Mondiaux juniors, sa première et seule médaille internationale sous ses couleurs d’origine. L’année 2014 est une année charnière dans sa carrière, toujours aux Mondiaux juniors, lorsqu’il prend une nouvelle fois l’argent en bosses, mais aussi le titre en parallèle. La même année, il signe son premier podium en Coupe du monde en prenant la 3ème place en bosses parallèles à La Plagne. Il dispute dans la foulée ses premiers JO à Sotchi, qu’il terminera à une belle 8e place.
Benjamin Cavet est CHAMPION DU MONDE JUNIOR en #ski de bosses parallèle ! BRAVO Ben ! #freestyle pic.twitter.com/q2Hfd5m2m0
— Esprit Glisse Caisse d’Epargne (@EspritGlisse) March 27, 2014
Malgré un premier podium chez les professionnels, il peine à confirmer ensuite. Il doit attendre plus d’un an et demi pour retrouver la boîte et prendre la 2ème place de l’épreuve de bosses parallèles à Ruka (Finlande), en décembre 2015.
Souvent placé, rarement vainqueur
Au cours de la saison 2015-2016, Benjamin Cavet signe trois podiums et termine à la troisième place du classement de la spécialité, derrière les deux géants de l’époque que sont Matt Graham et Mikaël Kingsbury. Sa progression ne s’arrête pas là puisque la saison suivante est tout simplement la meilleure de sa carrière. Il monte à 6 reprises sur le podium de la Coupe du monde, devient vice-champion du monde en Sierra Nevada (Espagne), prend la deuxième place au classement de la spécialité et se classe 5ème au général de ski freestyle.
Mais voilà, malgré avoir trouvé le chemin de la régularité lui permettant d’intégrer les meilleurs mondiaux, il lui manque encore une chose, la victoire ! Entre temps, il participe à ses deuxièmes Jeux Olympiques en 2018 à Pyeongchang. Un expérience difficile puisqu’il termine 25ème et voit ses espoirs s’envoler dès les qualifications. Il lui aura fallu attendre le 18 janvier 2019 précisément, à Lake Placid (États-Unis), pour enfin monter sur la plus haute marche du podium. Étant un étudiant universitaire, il est sélectionné pour participer aux Universiades 2019 à Krasnoyarsk (Russie). En deux épreuves, il décroche deux médailles, l’or en bosses et le bronze en bosses parallèles.
Première victoire en Coupe du Monde pour Benjamin Cavet en #SkideBosses 🏆 Du côté des femmes, Perrine Laffont creuse l’écart au classement général avec un nouveau podium 🥈👏 ! #EspritGlisse
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— Esprit Glisse Caisse d’Epargne (@EspritGlisse) January 19, 2019
Des objectifs et un palmarès à étoffer
Après des JO 2018 ratés, il espère enfin se rattraper en allant chercher sa première médaille olympique à Pékin en 2022. Il évoque même une possible participation aux Jeux de Milan-Cortina en 2026, il aura alors 32 ans. Aujourd’hui, Benjamin Cavet, c’est 19 podiums en Coupe du monde (dont 1 victoire), 4 podiums au général de la spécialité et 1 top 5 au général de ski acrobatique, ainsi qu’une médaille mondiale. À 26 ans, le voilà désormais dans la force de l’âge.


