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Euro de handball

Euro féminin de handball : La France est tournée vers la Suède

Publié le

Uros Hocevar / kolektiffimages

Pour son dernier match du tour principal, la France affronte la Suède pour une place en demi-finale. Olivier Krumbholz et Béatrice Edwige ont livré quelques clés pour ce match.

La Suède est déjà éliminée et sa façon d’aborder le match sera donc importante pour Béatrice Edwige.

On sait très bien que les équipes qui n’ont plus rien à jouer, c’est vraiment des équipes qui jouent très très libérées. Elles vont rien n’avoir à perdre. Ça va être leur dernier match dans la compétition donc ça va être 60 minutes pour elles où après elles seront au repos. Donc elles vont forcément tout donner, elles vont lâcher les gaz. Peut-être qu’il va faire des rotations qu’il n’aura pas fait dans le tournoi. Ces fameuses filles qui vont rentrer qui auront peut-être pas joué du tournoi vont se dire « voilà, j’ai 60 minutes pour me montrer » en plus de ça contre l’équipe de France qui elle, a tout à perdre sur ce match-là. Donc ça va être un match très très dangereux. La majeure partie du temps où on a joué les Suédoises c’était toujours avec des matchs à enjeu pour nous donc ça va être très très compliqué à mon avis.

La défense bien sûr, sera très importante. Olivier Krumbholz est revenu sur les deux derniers matchs dans ce secteur : “On a fait des fautes en défense sur les 2 derniers matchs à cause de la fatigue. Là on va revenir à mon avis à notre meilleure défense. En fait on met de l’ordre dans notre défense et le désordre dans l’attaque adverse : c’est ça notre philosophie de la défense. On a des artistes en défense, donc ça aide aussi. On essaie aussi d’avoir des formes d’adaptation défensives un peu atypiques pour poser des problèmes.

« On a surtout pris conscience, après le match du Monténégro, qu’on était en fait capables d’enchaîner très vite »

Béatrice Edwige, deuxième joueuse de champ la plus utilisée après Grâce Zaadi est revenue sur l’évolution de cette défense depuis l’année dernière.

L’année dernière c’était une année particulière, individuellement on a pas été au niveau. J’ai toujours eu une manière de défendre qui était portée vers le haut, dans le fait d’attaquer l’attaque. On a surtout pris conscience, après le match du Monténégro, qu’on était en fait capables d’enchaîner très vite. Et à partir du moment où nous on a vraiment pris conscience de ça, on a vraiment commencé à poser de gros soucis aux adversaires parce que je pense que même les adversaires ne s’attendent pas à ce qu’on soit capables d’ouvrir notre défense, de l’élargir autant et de la refermer si vite.

Il y a des actions qui ont été assez frappantes sur beaucoup de nos matchs où on a réussi à venir recouper des ballons sur des pivots ou à intercepter etc… Je pense vraiment que c’est ce qui fait que notre défense est vraiment très très efficace. On parle de nos qualités physiques offensives mais du coup c’est des qualités qui nous servent énormément en défense parce qu’on est quand même très mobiles et on est aussi mobiles vers l’avant que quand il faut revenir dans le bloc. On est aussi capables d’alterner beaucoup de types de défenses : autant des 1-5 que des 0-6, que des 1-5 décalées. Je pense qu’on pourrait même faire une 2-4. Mais le boss ne l’a pas encore validé donc on attend un peu. Mais on pourrait je le dis, on pourrait. On attend validation du boss (rires).

Krumbholz renchérit

Ce qu’elle a pas voulu dire parce qu’elle est modeste, elle est la patronne de la défense. Elle s’y investit énormément par rapport à la volonté de réussir ses performances. Mais elle s’investit aussi sur l’étude de l’adversaire, donc elle a une vision d’ensemble sur la défense. Elle est modeste mais elle travaille énormément Béa, à la vidéo c’est l’une de celles qui travaille le plus. Elle est à la recherche d’une très grande précision par rapport à ce qu’on peut faire. C’est intéressant. C’est pas facile parce que vous avez deux systèmes en défense qu’on appelle des systèmes de zone et systèmes homme à homme.

Il y a pas mal de joueuses qui passent d’un système à un autre entre le club et l’équipe de France. Et c’est vrai que depuis toujours, depuis notamment le passage d’Eric Barada comme adjoint, on a toujours été très très exigeant vis-à-vis des joueuses sur le plan défensif. Et je pense que cette exigence elle est reprise par Béa qui est la patronne de défense. Ca fait des années que je le dis, je pense que c’est pas très modeste mais je pense que la France a la meilleure défense et le meilleur potentiel défensif.

Pas de fatalisme concernant les jets de 7m

Un autre aspect important : les jets de 7m. Depuis le début de la compétition, la France est à 11/20 dans cet exercice, soit la 13e équipe (sur 16) de la compétition. Olivier Krumbholz n’est pas fataliste.

Bien évidemment que c’est un chiffre qui ne nous est pas favorable. Autant de penaltys ratés ça nous pénalise dans les matchs. Après, il y a essentiellement une dimension mentale. C’est pas parce que vous êtes dans un moment de souffrance sur ce savoir-faire que vous allez pas vous reprendre. C’est des joueuses d’expérience, à Kumamoto Alexandra a fait 15/15. Mais de toute façon on va aussi préparer des options. Ne serait-ce que si on va en demi-finale et qu’on va au bout d’un match en match nul, il y a quand même 5 tireurs à trouver. Je pense qu’on va entraîner 2-3 aux tirs de penalty. J’ai préparé un montage vidéo pour Grâce et Alex qu’elles vont regarder ensemble. Elles vont discuter. J’ai fait une comparaison sur la gestuelle entre Kumamoto et cette compétition et j’espère que ça peut leur donner des pistes pour se relancer sur ce tir de penalty si important.

Les Bleues ont eu 3 jours de repos entre le match de la Russie et la Suède. Mais Olivier Krumbholz ne croit pas à un risque de décompression.

Dans toute situation vous avez des avantages et des inconvénients. Nous on est très contents d’avoir trois jours. Par contre on sait, comme vous, que ça peut être un piège parce qu’on a été sur un rythme très élevé. Mais on a des joueuses de maturité, on a un groupe qui se parle, on a un groupe qui vit. Et je pense que ça soit au niveau de l’expérience des entraineurs, l’expérience du préparateur mental et l’expérience des filles, on a franchement pas de crainte sur l’idée qu’on va rentrer contre la Suède avec des filles qui seront disponibles et concentrées.

La seule petite chose qui pourrait nous arriver c’est une petite crispation parce que l’enjeu est suprême. Mais j’y crois pas, je pense qu’on a passé ce cap-là. On a beaucoup parlé après notre match contre le Monténégro où on a joué avec le frein à main. Elles ont débrieffé entre elles sur ce petit relâchement contre l’Espagne. Et je pense que cette équipe elle sait se servir de ce qui lui arrive pour rebondir. […] Toute chose est une opportunité. Et l’équipe de France fatiguée a tenu les Russes alors je pense qu’une équipe de France revigorée va faire souffrir la Suède.

Arlette

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