Nous suivre
Actualités

20 ans après, que reste-t-il de l’affaire Festina ?

Nicolas Jacquemard

Publié le

Un tremblement de terre a secoué le Tour de France 1998 : l’affaire Festina. Toute une équipe priée de quitter le Tour, les larmes de Richard Virenque et le départ volontaire d’autres coureurs comme Laurent Jalabert. 

Le Tour de France 1998 est resté dans les mémoires pour de bien sombres raisons malheureusement. Petit rappel des faits, le médecin de Festina, Willy Voet, se fait contrôler au volant de sa voiture et les gendarmes trouvent tout un attirail de produits dopants à l’arrière de la voiture. Quelques jours après, il passe aux aveux et dénonce d’autres médecins pais aussi des coureurs. Tout va très vite et le 17 juillet, au soir de la 6ème étape, le directeur du Tour de France, Jean-Marie Leblanc, décide d’exclure l’équipe Festina.

Les coureurs vont protester et tenter de négocier pour ne pas se faire mettre hors-course, mais c’est finalement un Richard Virenque en larmes qui annonce que son équipe ne prendra pas le départ de l’étape contre-la-montre du jour. Quelques jours plus tard, d’autres équipes voient leur hôtel perquisitionner et préfèrent se retirer : la ONCE, l’équipe de Laurent Jalabert à l’époque, faisant partie de celles-ci. C’est un cataclysme pour le cyclisme.

La prise de conscience et des avancées

Cette affaire est l’occasion d’une prise de conscience pour le grand public, de quelque chose que tout le monde savait dans le peloton. A ce moment précis, aucun coureur de cette époque ne peut se réfugier derrière l’ignorance. L’idée qui fait soin chemin est que l’on doit tendre vers un cyclisme propre, et que tous les coureurs partent sur un pied d’égalité. Les contrôles vont être multipliés, à l’arrivée des courses ou même de manière inopinée lors des entraînements.

Il y aura en 2007, la création du MPCC, le Mouvement Pour un Cyclisme Crédible. Roger Legeay, alors directeur sportif de l’équipe Crédit Agricole, en est son premier président, un mouvement créé dans le but de se réunir pour se battre en faveur d’un cyclisme propre. En 2008, les passeports biologiques sont créés, l’idée est d’avoir un maximum d’informations au niveau hématologique et endocrinologique sur les coureurs pour optimiser la lutte anti-dopage. Entre temps, en 2005, les AUT (autorisation d’usage à des fins thérapeutiques) sont mises en place afin de permettre à des coureurs malades de prendre certains traitement interdits en temps normal.

Des affaires de dopage douloureuses

Ces AUT justement, sont au cœur de certains débats, car elles permettent à des coureurs comme Chris Froome, asthmatique, d’être le meilleur coureur de Grand Tour depuis plusieurs années. Ajoutez à cela son contrôle anormal sur la Vuelta, lors duquel le taux de salbutamol, médicament utilisé par le coureur pour traiter son asthme, était largement supérieur à la limite autorisée, et vous tenez une nouvelle histoire qui fait tache pour le cyclisme.





Avant cela, il y a eu la terrible affaire Armstrong et US Postal, dans laquelle le coureur américain a eu un coup d’avance sur les contrôles pendant toute sa carrière avant de tomber une fois celle-ci terminée. Des excuses qui ne changeront rien au mal qu’il a pu faire à son sport qu’il disait tant aimer.

D’autres coureurs ont été pris la main dans le sac ces vingt dernières années, comme le Rasmussen volant du Tour de France 2007, qui quelques temps plus tard, ne regrettait même pas s’être dopé. A côté de ces cas, de nombreux coureurs s’entraînent et se battent pour préserver leur sport, le cyclisme, qui même s’il est l’un des sports les plus ciblés par la lutte anti-dopage, traîne encore certaines casseroles qui font désordre.

Nicolas Jacquemard

Clique pour commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *