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2003 : l’équipe de France féminine de handball sur le toit du monde

Publié le

Alors que la France jouera la finale du championnat du monde de handball demain, nous vous proposons de revivre la première victoire mondiale de l’équipe de France en 2003.


Du 2 au 14 décembre 2003 se déroulaient les 16e championnats du monde de handball féminin en Croatie.
Alors que le handball masculin français est sur le devant de la scène grâce aux Costauds, une nouvelle ère s’ouvre également pour les Femmes de défis avec l’arrivée d’Olivier Krumbholz en 1998. Classées 15e, 14e et 10e lors de leurs précédentes participations, les Françaises terminent 2e lors du championnat du monde 1999 et 5e en 2001. Elles arrivent en Croatie médaillées de bronze du précédent championnat d’Europe en 2002 et font figure de favorites.

Impériales en début de compétition

Les Françaises ont fait honneur à leur statut et ont remporté tous leurs matchs lors de la phase préliminaire face à l’Espagne, la Serbie-et-Monténégro, la Croatie, le Brésil et l’Australie. Premières de leur groupe, elles retrouvent l’Espagne et la Serbie-et-Monténégro dans leur groupe lors du tour principal. Leurs deux victoires face à ces équipes sont donc conservées. Le reste du groupe est composé de la Corée du Sud, la Russie et l’Autriche. Après un faux pas face à la Corée du Sud, elles reprennent leur marche en avant et battent l’Autriche et la Russie et finissent une nouvelle fois premières de leur groupe. En demi-finale, après prolongations, elles éliminent l’Ukraine 28-26 (3-1 en prolongation).

France-Hongrie : deuxième finale mondiale pour les Bleues

Le dimanche 14 décembre 2003, la France a rendez-vous avez la Hongrie à Zagreb, pour disputer sa deuxième finale en championnat du monde. C’est un gros morceau qui attend les Bleues. En effet, la Hongrie est championne d’Europe 2000 et vice-championne olympique 2000. A ces médailles s’ajoutent trois médailles de bronze aux Jeux olympiques et Championnat d’Europe et sept médailles mondiales dont le titre en 1965. Mais les Bleues étaient prêtes à relever le défi. Elles sont montées en puissance match après match et leur très bon début de compétition a eu un impact important et positif pour les matchs couperets.

Une première mi-temps équilibrée

Les Bleues sont très bien rentrées dans leur finale : d’entrée de jeu la gardienne Valérie Nicolas a réalisé deux arrêts et derrière les Françaises ont converti leurs occasions : 3-1 après 3 minutes de jeu. S’en suivent 13 minutes de disette pour la France et un 7-0 pour la Hongrie, portée par une grande Bojana Radulovics (4 buts). Olivier Krumhbolz n’a pas d’autre choix que de poser son temps mort pour remobiliser ses troupes défaillantes en attaque mais aussi en défense, fait plus rare dans ce mondial. Ça va un peu mieux pour les Bleues qui inscrivent 5 buts et n’en encaissent que 2, elles sont à 3 longueurs de leurs adversaires à la mi-temps : 8-11.

Le rouleau compresseur hongrois

La seconde mi-temps reprend sur des bonnes bases pour les Bleues mais elles vont voir leurs espoirs s’envoler rapidement. La faute à une Katalin Palinger en pleine bourre : 22 arrêts en 50 minutes de jeu dont plusieurs sur penalty, contre-attaques empêchées, imprenable aux 9m bref, les Françaises devaient redoubler d’efforts pour marquer. Ajoutez à cela une Radulovics des grands soirs : 13/21 au tir. D’ailleurs, en inscrivant son quatrième but du match à 16e minute, Bojana Radulovics, meilleure handballeuse de l’année 2000, est devenue la meilleure marqueuse de tous les temps. Avec une Anita Görbicz excellente à la mène, offrant des caviars à ses partenaires notamment Radulovics et Lovasz, les Hongroises font mal aux Bleues, très mal. D’autant plus qu’à la 45e minute, la Française Isabelle Wendling, élue meilleure pivot du mondial, pilier de la défense et auteur de 17 buts dans la compétition, a été définitivement exclue lors de l’action qui a suivi son unique but du match. A la 52e minute, Görbicz inscrit son troisième but et permet à son équipe de mener 25-18. Les carottes semblent cuites, les sourires sont présents sur les visages hongrois, mais impossible n’est pas français…

Les 7 minutes qui ont tout changé

Menées de 7 buts à 7 minutes de la fin, c’est finalement sur un jet de 7m que les Françaises arrachent l’égalisation pour jouer les prolongations.

Les Hongroises se dirigeaient tout droit vers le titre mais les Françaises n’ont jamais abandonné. Après un but de Melinda Jacques-Szabo, c’est la capitaine Stéphanie Cano qui ramène ses troupes à 5 buts. Surtout, après son but, elle a serré les poings et harangué ses partenaires. C’était le moment de se révolter et de jouer libérées. Peu à peu, la tendance s’est inversée. Les Françaises ont retrouvé leur défense, provoqué des pertes de balles et retrouvé un semblant de réussite en attaque. Lejeune, Korfanty par deux fois, Pecqueux-Rolland : 4-0 pour les Bleues qui reviennent à deux buts à 4 minutes de la fin. Après le temps mort hongrois et à deux minutes de la fin, la France est toujours derrière (25-28). Delerce et Cano marquent : la France n’est plus qu’à un but de ses adversaires.
13 secondes à jouer, la Hongrie en infériorité numérique a la balle et là, Myriam Borg-Korfanty réalise l’interception, Véronique Pecqueux-Rolland part au but mais est découpée par Anita Görbicz. Carton rouge pour la Hongroise, jet de 7m pour les Françaises. Leïla Lejeune ne tremble pas et envoie la France en prolongations.

La confiance a changé de camp surtout que la Hongrie doit débuter les prolongations avec une double infériorité numérique et privée de sa meneuse Görbicz. Les Hongroises balbutient en attaque et Valérie Nicolas, meilleure joueuse et meilleure gardienne du mondial, réalise 6 arrêts dans les prolongations. Le plus important est sur penalty : menée 3-1, la Hongrie a l’occasion de revenir à 3-2 mais Radulovics, jusque-là impériale dans cet exercice, rate son jet de 7m à une minute de la fin. Derrière, Korfanty marque, 20 secondes à jouer, la France est championne du monde.

 

La France était venue en Croatie pour se qualifier pour les Jeux Olympiques d’Athènes, elle est repartie avec le titre mondial. Jusqu’au bout, les Françaises se sont battues. Même dominées par une équipe de Hongrie séduisante en attaque et oppressante en défense, elles ont fait preuve d’abnégation pour réaliser cet improbable retour.

Arlette


Journaliste/rédactrice depuis septembre 2015 - Supportrice de Chelsea, mes sports de prédilection sont le handball, l'athlétisme et le tennis. Si je tweete plus vite que mon ombre, vous pouvez aussi me retrouver les week-ends sur les playgrounds de Bruxelles pour un petit foot ou basket entre potes. Parcourir la France, l'Europe et plus si affinités pour suivre mes sportifs préférés ? Mon kif ! Et c'est avec plaisir que je partage les résultats des sports populaires mais également plus confidentiels pour Dicodusport.

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