24 Heures du Mans : Cadillac, une histoire qui reste encore à écrire
24 HEURES DU MANS – Alors que la classique mancelle se tient le week-end prochain et fête cette année son Centenaire, Dicodusport vous fait découvrir chaque jour une marque qui a participé à la légende de l’épreuve sarthoise. Place à Cadillac aujourd’hui. Le constructeur américain, après 21 ans d’absence, revient cette année en catégorie Hypercar pour disputer la gagne au général.
Créées en 1923, les 24 Heures du Mans sont plus qu’une simple course d’endurance. Véritable laboratoire technique, l’épreuve née des intentions de Georges Durand, secrétaire général de l’ACO (Automobile Club de l’Ouest) et de Charles Faroux, patron du journal l’Auto, a toujours été pionnière en termes d’innovations. Des innovations qui, après avoir été testées en course, se sont retrouvées sur des voitures de séries destinées à la route, les nôtres.
De sa création en 1902 à ses débuts en compétition
Dans l’histoire qu’elle entretient avec le Mans, on ne peut pas dire que celle de Cadillac soit une franche réussite à ce jour. Mais s’arrêter à ce simple constat serait une erreur. Bien qu’elle ne soit pas la première marque qui nous vient à l’esprit quand on évoque l’histoire des 24H du Mans, ses marques et ses pilotes légendaires, Cadillac n’en demeure pas moins un nom connu du sport automobile. Créé en 1902, le constructeur américain basé à Detroit (Michigan) est très tôt racheté par General Motors, en 1909.
Depuis toujours, Cadillac s’est concentré à produire une gamme de voitures de luxe, d’abord pour le marché américain, puis pour l’Europe. Mais d’une trace en compétition, il faut attendre l’après-guerre. En 1950, la marque d’Henry Leland, son fondateur, débarque au Mans au mois de juin, histoire de se frotter au double tour d’horloge.
Sous l’impulsion de Briggs Cunningham, Cadillac compte bien briller. Et si la première idée du pilote américain et propriétaire d’écurie est d’engager des « Fordillac », ces autos motorisées par un V8 Cadillac et munies d’un châssis Ford, les autorités sportives ne s’y montrent pas favorables.
Tant pis. Cunningham engagera deux autos, un Coupé de Ville de 5,4 litres confié aux mains des frères Collier et une autre, une Spider surnommée « Le Monstre » pilotée par Phil Walters et lui-même. Cette appellation trouve son origine par la forme atypique de la carrosserie, très allongée et d’une aérodynamique pensée pour la vitesse. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si cette même carrosserie créée a été testée dans une soufflerie dédiée à l’aviation.
Daring History: Entered into the Le Mans Race in 1950, the « Le Monstre » epitomized progressive design #TBT pic.twitter.com/4YUe77J50Y
— Cadillac (@Cadillac) April 9, 2015
Réalisant une course correcte sans grands éclats pour autant, les Cadillac se classent toutes les deux à l’arrivée. La #3 termine à la 10ème place du classement général, juste devant la #2 du patron pilote Cunningham. Les Américaines, 2ème et 3ème de leur classe (plus de 5 000 cm3) sont reléguées à 18 tours du vainqueur de classe, l’Allard, 3ème au scratch et muni d’un moteur… Cadillac.
Un retour plein d’espoir à l’aube du 21ème siècle
Après 1950, il faudra attendre 50 longues années pour revoir le constructeur américain en piste sur le circuit de la Sarthe. Entre-temps, Cunningham continuera à piloter des autos de sa propre écurie, mais abandonnera son activité de constructeur à la fin des années 1950. Il obtiendra pour meilleur résultat au Mans une 4ème place en 1962 à bord d’une Jaguar type E.
À l’orée des années 2000, General Motors se lance dans un programme endurance et ramène Cadillac sur le devant de la scène, cette fois de manière officielle. Utilisée en American Le Mans Series (IMSA depuis 2014), la Cadillac Northstar LMP est engagée en catégorie reine. Développée à l’aide d’un châssis fourni par Riley & Scott, les ambitions de GM sont claires : remporter les 24 Heures du Mans d’ici à 2002, date anniversaire du centenaire de la création de Cadillac.
Pour l’édition 2000, quatre prototypes Cadillac sont alignés dont deux sont couvés par l’équipe française DAMS. La #4 de Tinseau-Goossens-Kolby est la première des 48 autos participantes à abandonner, en prenant feu dans les Hunaudières au cinquième tour de course seulement.
Le prototype #3 semble être en mesure d’accrocher une belle quatrième place, occupant cette position de la 12ème à la 21ème heure. Malheureusement, un bris de suspension condamne le trio Bernard-Collard-Montagny qui franchira la ligne en 19ème position. 21ème et 22ème place pour les deux autres Northstar LMP.
DAMS – Cadillac Northstar LMP
Le Mans 24h – 2000
Éric Bernard / Emmanuel Collard / Franck Montagny pic.twitter.com/5aTDtb8dV3— レバ一グ (@Lebarg_39) November 19, 2021
Après une année d’apprentissage, 2001 doit permettre à Cadillac de franchir un cap. Las, les deux prototypes préparés par DAMS ne sont pas à la hauteur des évènements et n’arrivent pas à concurrencer les Audi R8. Pire, en proie à de nouveaux ennuis mécaniques comme l’an passé, la Cadillac #6 de Taylor-Angelelli-Tinseau est la seule à terminer… en 15ème position. Quant à sa sœur, la #5 est victime d’une sortie de route lors de la 5ème heure et abandonne. Nous sommes loin, très loin de l’objectif affiché par General Motors.
Fin du programme LMP900
2002 sonne le glas des espoirs de Cadillac. Revoyant entièrement sa copie, la marque américaine repart d’une feuille blanche. Désormais, la marque ne s’appuie plus sur Riley & Scott et ne confie plus la préparation de ses autos à l’écurie DAMS. La LMP02 présente de nouveaux éléments aérodynamiques, de nouveaux turbocompresseurs et son châssis est bien différent de la LMP01 jusqu’alors.
En course, les Cadillac n’arrivent jamais à jouer les premiers rôles. La première des deux autos, la #6 coupe la ligne en neuvième position, soit le meilleur résultat d’une Cadillac aux 24h de Mans à ce jour. Sa sœur, la #7 est 12ème.
N’ayant pas atteint sa quête de succès, GM met un terme au projet Cadillac fin 2002, en préférant se concentrer sur le programme Corvette.
En IMSA depuis 2017, aux 24 Heures du Mans en 2023
De retour dans le championnat du monde nord-américain (IMSA) à compter de 2017, Cadillac a coiffé la couronne en 2017, 2018 et 2021. Régulièrement aux avant-postes, la DPi-VR s’est rapidement imposée comme une valeur sûre et a remporté les courses les plus mythiques outre-Atlantique (24h de Daytona ; 12h de Sebring ; Petit Le Mans).
#2021 #IMSA Mazda Win Petit Le Mans – #31 Cadillac takes The Championship https://t.co/BP94ZyXMjc pic.twitter.com/nSvtRAucuh
— Flyin18T Motorsports (@Flyin18T) November 14, 2021
En 2023, la Cadillac V-LMDh a succédé à la DPi-VR. Avec le développement d’un nouveau règlement bâti par les instances de l’IMSA et de l’ACO, Cadillac a décidé d’engager un exemplaire en championnat du monde d’endurance (WEC). Le prototype, auréolé du numéro 2 compte dans ses rangs des pilotes chevronnés : Earl Bamber, Alex Lynn et Richard Westbrook. Après deux 4ème places signées aux 1000 Miles de Sebring en ouverture de la saison et aux 6 Heures de Portimao, les hommes de Laura Wontrop Klauser, la team manager, ont terminé 5èmes des 6 Heures de Spa le mois dernier.
Les 10 et 11 juin prochains, Cadillac pourra compter sur 3 prototypes, dont deux sont rapatriés des États-Unis. En plus de la #2 alignée à plein temps en WEC, la #3 sera confiée au trio Bourdais-Van der Zande-Dixon (déjà vu à Spa) et la #311 engagée sous la bannière du Action Express Racing avec Derani-Sims-Aitken.
Bénéficiant d’une bonne vitesse de pointe, avec son look atypique et son moteur V8 atmosphérique, personne ne peut être indifférent au constructeur de Detroit. Son histoire au Mans est un récit qui reste encore à raconter. Si gagner pour son retour en catégorie reine, l’année du Centenaire semble peu probable, un podium dans la Sarthe est tout à fait envisageable. À moins d’une surprise ?
À lire aussi
- Le programme et les horaires des 24 Heures du Mans 2023
- Les engagés des 24 Heures du Mans 2023
- À quelle heure et sur quelle chaîne TV regarder les 24 Heures du Mans


