Nous suivre
Endurance

24 Heures du Mans : Corvette, plus d’un demi-siècle d’histoire

Antoine Ancien

Publié le

24 Heures du Mans Corvette, plus d'un demi-siècle d'histoire
Photo Icon Sport

24 HEURES DU MANS – Alors que la mythique course d’endurance se tient le week-end prochain, Dicodusport vous fait découvrir chaque jour une marque qui a participé à la légende de l’épreuve sarthoise. Aujourd’hui, place à Corvette. Le constructeur américain ne cesse de multiplier les succès depuis ses débuts, en 1960. Présent officiellement et sans discontinuer depuis 2000 (excepté 2020), la marque entretient une histoire d’amour avec Le Mans. Récit. 

Créées en 1923, les 24 Heures du Mans sont plus qu’une simple course d’endurance. Véritable laboratoire technique, l’épreuve née des intentions de Georges Durand, secrétaire général de l’ACO (Automobile Club de l’Ouest) et de Charles Faroux, patron du journal l’Auto, a toujours été pionnière en termes d’innovations. Des innovations qui, après avoir été testées en course, se sont retrouvées sur des voitures de séries destinées à la route, les nôtres.

Premières victoires de classe avec des teams privées

Corvette et Le Mans, c’est une histoire qui dure depuis plus de 60 ans. Fruit de la division du constructeur américain General Motors, cette voiture fait partie intégrante du paysage mondiale de l’endurance et est accolée au circuit de la Sarthe.

À la différence d’autres constructeurs emblématiques comme Ford, la belle américaine ne s’est jamais engagée aux 24h du Mans pour jouer la gagne au général. Ses autos ont toujours évolué en Grand Tourisme, l’objectif étant de rafler des victoires de catégories. L’aventure débute en 1960, grâce à l’initiative de teams privées. Pour sa toute première participation, Briggs Cunningham (pilote automobile) achète trois Corvette équipées d’un moteur V8 4,6l à injection de 290 chevaux. Camoradi USA aligne une Corvette. Une seule d’entre-elles coupe la ligne, celle appartenant à Cunningham et conduite par John Fitch et Bob Grossman. Elle termine huitième du général et s’impose dans sa classe, en catégorie GT. C’est une première pour le constructeur et les USA.

Après avoir foulé la piste, nous reverrons la C1 en 1962 avec une auto contrainte à l’abandon. Corvette (ou Chevrolet Corvette) prépare déjà la C2, voiture de deuxième génération. Une seule courra au Mans, lors de l’édition 1967. Le moteur L-88 ne tiendra pas la distance, ce sera l’abandon avant la mi-course pour le duo Dick Guldstrand Bob Bondurant.

Par la suite, la « Vette », comme on la surnomme, sera notamment associée au NART (North American Racing Team) en 1972, une écurie créée par Luigi Chinetti qui soutient Ferrari en course. D’autres teams engageront des Corvette, certaines seront inscrites par le Team Greder Racing ou Ecurie Léopard, un team français. Sans oublier John Greenwood, pilote et préparateur qui participera trois fois au Mans (1972, 1973 et 1976), en pilotant des Corvette de sa propre écurie, le Greenwood Racing. En 1976, justement, la célèbre Corvette #76 est un véritable monstre de la compétition, tant l’auto est imposante et ne passe pas inaperçue. Malheureusement, un abandon au bout de la cinquième heure de course anéantit les espoirs du binôme GreenwoodDarniche.





Au terme des années 1970, on retient bien entendu les victoires de classe en 1973 et 1974 (1er GTS + de 5 litres avec Henri Greder et la Française Marie-Claude Beaumont) qui triomphent deux fois consécutivement. Après 1976, c’est la période creuse. Il faudra attendre 18 longues années pour revoir la trace d’une Corvette sur le tracé manceau.

1994. Préparateur automobile américain, Callaway fait le déplacement en Sarthe avec une Corvette C4. Présent dans la toute nouvelle catégorie LM GT2, elle abandonne peu après la mi-course. Le destin n’est pas le même en 1995. La Callaway Corvette #73 finit deuxième de la catégorie LM GT2. Une autre Corvette, du team Augusta Racing, prend la dernière place du podium. Cette même team, qui engagera une auto en 1996 et 1997, ne verra pas l’arrivée.

Corvette Racing, l’art de savoir gagner

À l’aube du XXIème siècle, General Motors choisit de s’engager de manière officielle aux 24 Heures du Mans. Déjà, quatre prototypes Cadillac prennent part à la course. Si leur résultat est décevant, c’est du côté des Corvette qu’il faut garder l’œil ouvert. Les deux nouvelles C5-R arrivent à terminer troisième et quatrième du groupe GTS, juste derrière les Viper officielles. De bon augure pour la suite.

Avec sa C5-R, la belle jaune l’emporte en 2001, 2002 et 2004. Elle réalise même le doublé en 2002 avec Fellows – O’Connell – Gavin qui précède le trio Pilgrim – Collins – Freon. Après avoir concédé le succès à Ferrari en 2003, Corvette revient plus fort douze mois plus tard en prenant sa revanche sur la firme de Maranello, et en signant un nouveau doublé. Cerise sur le gâteau, Gavin-Beretta-Magnussen profitent des déboires de certaines LMP1 et LMP2 pour se hisser au sixième rang du classement général. Chapeau.

La Corvette comme chez elle, l’espoir est permis pour 2022

Le meilleur reste à venir. Avec sa nouvelle génération de voitures, la C6-R, Corvette vient à bout des Aston Martin en 2005 et file vers un nouveau doublé, la victoire en LM GT1 et la cinquième place du général revenant au même trio magique, Gavin – Beretta – Magnussen. Rien n’arrête ces trois hommes qui récidivent pour la troisième fois consécutive en 2006, en dominant Aston Martin et en s’offrant une quatrième place au scratch derrière une Audi, les prototypes ayant encore failli dans la Sarthe. Coup sur coup, les Britanniques se vengent en 2007 et 2008 en devançant à chaque fois la marque de Détroit. La C6-R s’imposera encore en 2009, et en 2011 dans la catégorie qui succède au LM GT1, le LM GTE Pro.

Les temps deviennent plus durs pour Corvette dans les années 2010. Si tout le monde se souvient de son succès mémorable en 2015 avec la #64 (Gavin-Milner-Taylor) face à la Ferrari 458 Italia #71 (Rigon-Calado-Beretta), c’est pourtant la seule de la C7.R dans la Sarthe. La faute à une concurrence accrue en GTE Pro, et à la réussite qui a quitté Corvette, notamment en 2017 lorsque l’Américaine a cédé sous la pression de l’Aston Martin Vantage #97 dans le dernier tour. En 2019, alors que la #63 est deuxième et peut encore soulever le trophée à quelques heures de l’arrivée, Jan Magnussen plante l’auto dans les Virages Porsche.

Alors que la C8.R devait faire son entrée en compétition en 2020, l’épidémie de COVID-19 en a décidé autrement, tant et si bien que la Vette n’a pas fait le déplacement en septembre 2020 pour la 89ème édition des 24h du Mans. Forcément attendue, la C8.R attisait curiosité et sympathie avant de s’élancer en course le 21 août dernier. Avec pour la première fois, son moteur V8 atmosphérique placé en position centrale (à l’arrière), les fans pouvaient se montrer quelque peu déçu au niveau du bruit, bien plus imposant lorsqu’il était disposé à l’avant et qui ne rassemblait au son d’aucune autre voiture. Passé l’architecture de l’auto, la question que tout le monde se posait était de savoir si la Corvette allait être performante. Le résultat, à l’arrivée l’an dernier, est prometteur. Avec la deuxième place de la #63 confiée aux mains de Garcia-Taylor-Catsburg, qui finit à seulement 41 secondes de la Ferrari gagnante, l’espoir d’une consécration en 2022 est permis.

Cette année, une C8.R participe même au Championnat du Monde d’Endurance (WEC). On imagine que des données ont été accumulées en perspective de la course, où Corvette aura fort à faire, face à Porsche et Ferrari. Plus que jamais, l’histoire de Corvette aux 24h du Mans continue de s’écrire.

Clique pour commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *