Nous suivre

Culture

On a revu les 5 films sur le football les plus ratés

Jordane Mougenot-Pelletier

Publié

le

FenuaTV

Netflix, Amazon Prime et toutes les plateformes de VOD sont devenus depuis le début du confinement nos meilleurs amis. Alors pour tromper nos derniers jours d’ennui, on a décidé de revoir quelques films sur le football. Avant le meilleur, voilà le pire.

À nous la victoire (1981) – John Huston

Une légende ne devrait pas faire ça. Quand on a réalisé Key Largo, Les Insurgés ou The Misfits, on ne peut pas se fourvoyer dans un bourbier pareil.

Un ancien footballeur professionnel allemand, en charge pendant la Seconde Guerre Mondiale d’un camp de prisonnier, veut organiser un match entre les meilleurs gardes et les meilleurs prisonniers. Un deal qui est accepté par John Colby (Michael Caine) qui va permettre de mettre sur pied un ingénieux plan d’évasion.

Mais comme un Britton ne peut raisonnablement pas faire ça tout seul, l’opération sera pilotée par un Capitaine américain : Robert Hatch aka Sylvester Stallone. Il faut désormais appesantir l’esprit, déjà torturé d’une pandémie mondiale et d’une déconfinement incertain, de la vision terrifiante de Sylvester Stallone – l’Étalon italien, jouant au football. Dans les cages certes, mais tout de même…

Pour affronter l’armada de grands blonds costauds, John Colby recrute donc les meilleurs prisonniers de guerre. Coup de bol, il tombe sur Pelé, Bobby Moore, Kazimierz Deyna ou Osvaldo Ardiles, 5 Coupes du Monde à eux 4. Et Stallone dans les cages donc.

Apoula Edel a bien joué avec Pauleta


Les Seigneurs (2012) – Olivier Dahan

Franck Dubosc, ancien joueur qui se rêve acteur (même si on a parfois l’impression que c’est l’inverse). Gad Elmaleh, ancien international qui ne rêve que de jeux vidéos (et de vannes originales). Omar Sy, professionnel sur la touche à cause de problèmes cardiaques. Ramzy Bedia, aussi cocaïné que le Diego de la grande époque (oui, c’est un rôle de composition). Et Joey Starr, repris de justice et milieu de terrain hargneux.

Tout ce petit monde est appelé par José Garcia, en TIG à Molenne pour sauver le club de football dont il a la charge.

Voilà… Les Seigneurs c’est à peu près tout. C’est surtout un film qui filme le football comme jamais on l’a aussi mal filmé. Le sport n’y est certes qu’un prétexte. On s’en voudrait d’oublier le Comte de Bouderbala en pêcheur breton qui répond au nom (hilarant) de Yoann Le Penis.


Trois Zéros (2002) – Fabien Onteniente

Qu’est-ce qu’un bon titre ? Vendeur pour donner envie, mystérieux pour susciter l’intérêt, provocant pour interpeler. Il n’y a probablement pas de recette miracle.

Il y en a une pourtant qui marche à tous les coups. Le titre explicatif, celui qui balance d’emblée ce qu’on va voir à l’écran. Les Trois Frères, La Prisonnière du Désert, Mort à Venise, les exemples ne manquent pas. Pour 3 Zéros c’est pareil. Zéro réalisateur, ou plutôt un réalisateur aussi réalisateur que Cyril Jeunechamp est poète. 0 scénario, ou plutôt un scénario sans queue ni tête qui tente péniblement d’enquiller les (mauvaises) vannes. Zéro football, là encore pris comme prétexte à développer un sujet à la mode.

Et un, et deux, et…


Goal ! Naissance d’un prodige (2005) – Danny Cannon

Christopher Vogler dans « Le Guide du Scénariste » explique tout ce qu’il faut savoir pour bâtir un parfait scénario « à la Hollywood ». Entre autres choses, il explique que l’histoire est bien efficace si ce n’est pas le héros qui vient à l’aventure mais l’aventure qui vient au héros. Il introduit aussi les temps nécessaires du team building, de l’aventure qui commence, des premiers échecs du héros pour finir par le voir triompher de toute adversité.

Dans « Goal ! Naissance d’un prodige », Danny Cannon et ses scénaristes l’ont tant et si bien compris que leur film est la parfaite illustration de ce qu’ils n’ont rien compris de la leçon de Vogler. Car s’ils respectent évidemment toutes les étapes cruciales du maître, ils en oublient l’essentiel : la vraisemblance.

G!NDP nous conte en effet l’histoire d’un joueur amateur de 22 ans qui est repéré à Los Angeles par un ancien recruteur de Newcastle. Santi Munez, le prodige qui nait, cache son asthme et échoue lamentablement sur les pelouses détrempées du nord de l’Angleterre. Heureusement, grâce à l’amour et l’amitié, il va triompher et boire des godets avec Zidane, Raul et Beckham.

Pas aussi invraisemblable que ce qui se cache à la fin du film : Newcastle se qualifie pour la Coupe d’Europe.


Pelé – Naissance d’une légende (2016) – Michael et Jeff Zimbalist

L’ennui avec les biopics de personnes vivantes, c’est qu’ils ne peuvent être qu’hagiographiques. On voit mal Dexter Fletcher dire qu’Elton John est un musicien surcoté ou Eastwood brosser un tableau en demi-teinte de Mandela.

Dans « Pelé – Naissance d’une légende » (titre clairement pompé sur G!NDP), les Zimbalists‘ vont au delà de l’hagiographie. Le film déforme la réalité, met en scène des séquences qui oscillent entre l’improbabilité et le manichéisme extrême. Les ralentis à chaque fois que le Brésilien joue  touchent au ridicule. Son talent est réduit à une sorte de super-héros du ballon rond.

Le summum du bon goût est atteint quand les géants footballeurs suédois opposés à Pelé et l’équipe brésilienne de 1958 sont dépeints comme des protos-nazis. La légende de Pelé n’avait pas besoin qu’on embellisse ainsi une vérité suffisamment bigger than life.

JMPPMJ


Journaliste/rédacteur depuis mai 2018 - Dans mon sang coule à la fois le feu des penne à l'arrabiata et la glace du Grand Colombier. Amoureux des belles lettres et des Talking Heads, je supporte un club olympique. Intéressé par les relations qu'entretient le sport avec la société, je m'intéresse autant à Marc Cécillon qu'à Pep Guardiola, à Tonya Harding qu'à Philipp Roth. Enfant des 90's, on ne me fera pas croire qu'il y a eu plus beau à voir depuis Zinédine Zidane, Marco Pantani et Pete Sampras. La béchamel est une invention du diable, la Super Ligue aussi.

Clique pour commenter

Poster un Commentaire

avatar
  S'abonner  
Me notifier des
Toute l'actualité des Jeux Olympiques de Tokyo 2020

Fil Info

Actus à la une