5 raisons de suivre la Coupe du monde masculine de ski alpin
COUPE DU MONDE DE SKI ALPIN 2023-2024 – Tous les quatre ans l’histoire se répète : deux ans après les Jeux Olympiques d’hiver, un an après les derniers Mondiaux et un an avant les prochains, les meilleurs skieurs de la planète se donnent rendez-vous pour une saison sans grand championnat. La rédaction de Dicodusport vous propose donc cinq raisons de (quand même) suivre la saison qui débute ce dimanche.
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Marco Odermatt pour la passe de trois
Double tenant du gros globe de cristal, Marco Odermatt est, à 26 ans, le principal candidat à sa propre succession. Auteur d’une saison 2022-2023 record marquée par 22 podiums – égalant ainsi Hermann Maier lors de la saison 1999-2000 – et 2042 points soit 42 de plus que l’Autrichien lors de cette même saison, Odermatt a toutes les cartes en mains pour soulever un troisième gros globe lors des finales de Saalbach en mars prochain.
Le Suisse est également en quête de sa première victoire en coupe du monde en descente après son titre acquis lors des Championnats du monde 2023 de Courchevel-Méribel. Dans cette perspective et s’il continuait sur la lancée de sa saison 2022-2023 phénoménale, le natif de Buochs sur les rives du lac des Quatre-Cantons peut viser un autre record qu’il co-détient avec Hermann Maier, Ingemark Stenmark et Marcel Hirscher. Chacun vainqueurs de 13 courses sur la même saison, Odermatt pourrait ainsi devenir légende parmi les légendes s’il parvenait à décrocher 14 victoires sur une même saison.
Pour contrecarrer les plans de l’Helvète, deux noms se détachent : Marco Schwarz et Aleksander Aamodt Kilde. Le premier, respectivement 12ème et 20ème du petit globe du slalom et du géant en 2022-2023 a d’ailleurs décidé de s’aligner sur toutes les disciplines et de disputer l’intégralité des courses de la saison. Surprenant 4ème de la descente des derniers Mondiaux et 6ème du Super-G, l’Autrichien pourra faire valoir sa polyvalence pour nourrir des ambitions légitimes.

Marco Odermatt et le gros globe – Photo Icon Sport
L’armada norvégienne en embuscade
Aleksander Aamodt Kilde quant à lui sera le fer de lance d’une équipe norvégienne conquérante. Dauphin d’Odermatt la saison dernière, le Norvégien est néanmoins en conflit avec sa fédération concernant des questions de droit à l’image, tout comme Lucas Braathen. Âgé de 23 ans, ce dernier sortait d’une saison pleine au cours de laquelle il a remporté 3 victoires (le géant d’Alta Badia et les slaloms de Val d’Isère et d’Adelboden) et a terminé 4ème du classement général de la Coupe du monde. Alors qu’il semblait être le Norvégien le mieux armé pour prendre la relève d’Henrik Kristoffersen sur les disciplines techniques, il a annoncé ce vendredi sa retraite sportive à la surprise générale en raison de ce conflit avec sa fédération.
Coup de tonnerre dans le monde du ski alpin avec l’annonce de la retraite de Lucas Braathen ⛷️🇳🇴#FISAlpinehttps://t.co/VwEc7mlQus
— Dicodusport ⭐⭐ (@dicodusport) October 27, 2023
Il faudra donc toujours compter sur Kristoffersen et ne pas l’enterrer pour autant ! S’il s’apprête à débuter sa onzième saison sur le circuit, Kristoffersen n’a que 29 ans et reste performant, en ayant remporté deux slaloms l’an dernier en plus de celui des Championnats du monde. Sa régularité lui a permis de conclure la saison juste devant son cadet, Lucas Braathen et derrière Kilde. Les fans norvégiens auront également les yeux rivés sur Atle Lie McGrath, qui reviendra de blessure après une entorse au genou contractée à Courchevel-Méribel en février dernier. A 23 ans, le public l’attendra au tournant après une saison 2022-2023 décevante (un seul podium outre la blessure et 6 courses ponctuées par une sortie, une disqualification ou une non-qualification en deuxième manche) alors qu’il restait sur quatre podiums dont deux victoires la saison d’avant.
En plus de ces trois noms, la délégation norvégienne comptera également sur une myriade d’athlètes capables de coups d’éclat à l’image d’Aleksander Steen Olsen, de Timon Haugan en slalom voire de Rasmus Windingstad en géant et d’Adrian Sejesterd en vitesse.
Un mois de janvier épique
Comme chaque année, le mois de janvier s’annonce splendide. En cette année particulière sans championnat, les amoureux des sports blancs savoureront encore davantage les étapes d’Adelboden, de Wengen, de Kitzbühel et de Schladming. Les hostilités débuteront le 6 janvier par le géant le plus mythique du calendrier sur la Chuenisbärgli d’Adelboden. La piste, connue par sa difficulté extrême, est redoutée pour ses mouvements de terrain liés au passage de routes en travers et son mur final si télégénique mais tellement exigeant et vertigineux (voir ci-dessous) que Lucas Braathen avait préféré mettre le clignotant, en 2022, à la surprise générale. Alexis Pinturault s’y est imposé par trois fois dont deux fois en 2021 pour ce qui constitue pour l’instant son avant-dernière et antepénultième victoire en Coupe du monde. Le lendemain, les athlètes descendront à nouveau cette piste, pour un slalom cette fois-ci.
C’est @AlexPinturault qui a l’honneur d’ouvrir le géant de #Adelboden avec un public en feu 🔥
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🙏🏻 Grosses pensées pour @vmuffatjeandet pic.twitter.com/XLojIw0khO— Chalet ❄️ Club (@ChaletClub2021) January 8, 2022
Cinq jours après, le gotha du ski mondial se retrouvera à 30 kilomètres à vol d’oiseau, à Wengen pour un enchaînement super G-descente-slalom de toute beauté : la piste du Lauberhorn est réputée pour être chaque année le théâtre de la descente la plus longue de la saison avec plus de 2:30 de course et 4 455 mètres à dévaler. Un physique hors norme et des qualités de résistance sont donc requis pour espérer triompher dans l’aire d’arrivée. Par ailleurs, l’an dernier, la descente a été amputée de sa partie haute en raison des conditions météorologiques souvent compliquées dans les Alpes bernoises (vent, brouillard, neige…) : on espère donc que tous les voyants seront au vert cette année.
Le week-end suivant, le vainqueur de Wengen tentera de doubler en s’imposant sur la descente de la mythique Streif de Kitzbühel à l’image de Kilde en 2022 et 2023. Il faudra néanmoins dompter ses nombreux sauts (la Mausefalle, le Seidlalmsprung, l’Hausbergkante ou le Zielsprung) ses compressions et ses dévers redoutés et redoutables (l’Alte Schneise ou la Traverse). De fait, la piste est réputée comme la plus difficile et la plus dangereuse de la saison même si des aménagements ont été réalisés ces dernières années notamment à l’approche de la Traverse, fatale à Aksel Lund Svindal qui a vu sa saison s’y terminer en 2016. Alors que la FIS a décidé de repousser l’arrivée du combiné par équipe, initialement prévu pour le week-end de Kitzbühel, un slalom se tiendra néanmoins le dimanche dans la station autrichienne.
Ce slalom servira de répétition générale à celui de Schladming prévu deux jours après, en nocturne. Après Adelboden pour les géantistes, Kitzbühel pour les descendeurs, les slalomeurs auront eux aussi l’opportunité de descendre la piste qui constitue la mecque de leur discipline et où Clément Noël a remporté la seule victoire de la saison dans le clan français la saison dernière. Un géant se tiendra également le lendemain. Enfin, à l’issue de cet enchaînement de quatre étapes entre la Suisse et l’Autriche, le mois de janvier proposera un passage par Garmisch-Partenkirchen (Allemagne) pour deux Super-G (les 27 et 28 janvier).
🇫🇷😍 Du très grand @clement__noel ! Le champion olympique s’offre son premier succès de la saison en s’imposant à Schladming ! #ChaletClub pic.twitter.com/m8M0NiUkwi
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Un flambeau à reprendre en descente chez les Français
Avec le départ à la retraite de Johan Clarey (vice-champion olympique de descente), la délégation française se cherche un nouveau fer de lance en descente. Deux noms sortent du lot. Le premier n’est autre que le vainqueur du gros globe de cristal en 2020-2021, Alexis Pinturault. Le Savoyard a déjà fait ses preuves en Super-G en finissant troisième sur celui de Beaver Creek la saison dernière mais surtout en finissant 3ème de celui des Championnats du monde et en remportant celui du combiné de ces mêmes mondiaux. Il a également disputé ses quatre premières descentes en Coupe du monde depuis 2013 (à l’exception d’une en 2020 et une en 2021).
A l’aube de cette saison, Pinturault privilégiera la descente au détriment du slalom, discipline sur laquelle, à l’exception d’une cinquième place lors du premier slalom à Val d’Isère, il n’a pas fait mieux qu’une dixième place la saison dernière. Le deuxième nom en vue est celui de Cyprien Sarrazin. Pour sa première saison en descente, celui qui jusqu’alors s’était distingué par une victoire à la surprise générale sur le parallèle d’Alta Badia en 2017, a marqué les esprits par une sixième et une dixième place à Val Gardena et Kitzbühel la saison passée.
𝐂𝐎𝐌𝐏𝐋𝐄𝐓𝐄𝐌𝐄𝐍𝐓 𝐅𝐎𝐔. Dossard N°61 ➡️ 6e place (oui, 6e place) pour Cyprien Sarrazin #ChaletClub pic.twitter.com/U9YAGafBRy
— Eurosport France (@Eurosport_FR) December 17, 2022
Parfois passé proche d’une performance encore plus retentissante, il a néanmoins payé sa fougue l’ayant conduit à la faute à plusieurs reprises et le conduisant à l’abandon à Wengen et sur la deuxième descente de Kitzbühel. Forfait aux Mondiaux et pour la fin de la saison, il devrait être de retour au portillon dès le géant de Sölden. Âgé de 29 ans, il fera l’objet d’une attention particulière en descente, dans une discipline où la maturité, l’âge et l’expérience sont cruciaux. Bien que plus à l’aise en Super-G, Nils Allègre sera également à surveiller dans le camp français, de même que Maxence Muzaton et le vétéran Adrien Théaux (39 ans) qui ont tous deux connu une dernière saison difficile en retour de blessures.
Des retours côté français
Pas épargné par les blessures, Matthieu Bailet sera de retour sur les pistes de descente cette saison après une grave blessure à l’entraînement en décembre dernier (rupture du ligament croisé et commotion cérébrale). Il lui faudra retrouver du rythme et des kilomètres afin de monter en puissance au cours de la saison.
Ce week-end marquera également les retours de Victor Muffat-Jeandet et Thibaut Favrot. Blessé au genou lors du géant d’Adelboden, Muffat-Jeandet sera dans le portillon de départ dimanche. Dans le cadre de son processus de remise en forme, il a disputé le mois dernier deux slaloms FIS sur le domaine de Cerro Castor en Terre de feu argentine (8ème et 5ème).
Tout comme les deux noms cités précédemment, Thibaut Favrot a également été blessé au genou gauche après une séance d’entraînement à Levi (Finlande) en novembre dernier. Il restait alors sur une prometteuse 10ème place lors du géant d’ouverture à Sölden. L’habitué des top 10 en géant espère gravir la dernière marche qui lui permettrait de décrocher son premier podium dans la discipline (il a déjà fini deuxième d’une coupe du monde en parallèle) alors que son meilleur résultat est une 4ème place sur le géant de Bansko en février 2021.
Le géant d’ouverture de la Coupe du monde de ski alpin, à Sölden, sera à suivre ce dimanche à partir de 10 heures après la course féminine la veille.


