6 Nations : Champion en titre, le Pays de Galles est en danger
TOURNOI DES 6 NATIONS 2022 – Le prestigieux Tournoi des 6 Nations débute ce week-end. Champions en titre, les Gallois sont pourtant loin d’être favoris à leur propre succession. Plombée par les blessures, la sélection de Wayne Pivac est dans une forme très incertaine avant ce début de tournoi.
Le 26 mars dernier, le Pays de Galles célébrait son trente-neuvième titre continental après la victoire du XV du Chardon sur la pelouse du Stade de France. Deux mois auparavant, le petit pays britannique n’était pourtant pas du tout optimiste pour son équipe nationale. En effet, après un tournoi 2020 complètement raté et marqué par une cinquième place, une coupe d’Automne catastrophique et un jeu illisible, qui croyait au triomphe des Dragons Rouges ? Certainement peu de monde mais les Gallois l’ont fait.
Malgré un jeu difficile à mettre en place, les soldats rouges se sont regroupés autour d’un jeu minimaliste tout en proposant un gros combat à leurs adversaires. Ils ont aussi bénéficié de grosses erreurs adverses, leur permettant de se retrouver en supériorité numérique aux meilleurs des moments, comme ce fut le cas contre l’Irlande, l’Écosse ou encore la France. Enfin, les fulgurances des stars des lignes arrières ont aussi aidé. Tout cela a permis d’enclencher une dynamique au fur et à mesure que la compétition avançait, et ainsi créer de la confiance. Les Gallois peuvent-ils refaire le coup cette année ?
Une forme en berne
Après leur sacre en 2021, le XV du Poireau a eu des difficultés lors des tests matchs d’été et d’automne. En juillet, l’Argentine est parvenue à faire match nul (20-20) puis à s’imposer à Cardiff (11-33). Circonstance atténuante, les meilleurs joueurs étaient en Afrique du Sud pour préparer la tournée des Lions. En novembre, les All Blacks (16-54) et les Springboks (18-23) n’ont pas tremblé au Principality Stadium. Heureusement, le Pays de Galles s’est repris sur ses deux dernières rencontres. Tout d’abord, le XV du Poireau l’a difficilement emporté face aux Fidji (38-23), avant de s’imposer contre les Wallabies (29-28), qui sont passés totalement à côté de leur tournée automnale.
Du côté de la Champions Cup, le Pays de Galles a fait chou blanc. En effet, aucun club de la principauté n’est parvenu à se hisser en phases finales de la compétition, pourtant ouvert à seize équipes du continent. On sait que la forme des clubs peut avoir une influence sur le rendement de l’équipe nationale. Aussi, les clubs ont été beaucoup pénalisés par les différentes épidémies de Covid, contraignant les joueurs à ne disputer que très peu de match depuis deux mois.
Une équipe décimée par les blessures
On l’a déjà souligné. L’an passé, le Pays de Galles a remporté un trophée de manière inattendue, mais un nouveau facteur risque de faire la différence. Ce paramètre à prendre en compte, c’est l’hécatombe des cadres qui touche l’équipe. « Avec les blessés, il y a à peu près huit ou neuf joueurs qui totalisent 680 sélections », soulignait le sélectionneur Wayne Pivac. En 2021, le Pays de Galles avait pu compter sur ses leaders, notamment devant. Cette fois, le capitaine Alun Wyn Jones, joueur le plus capé de l’histoire du rugby mondial, ne sera pas de la partie et on voit mal les Diables Rouges se passer de lui.
Si la perte est déjà importante, ce n’est pas la seule. En effet, toute la troisième ligne est décimée. Ainsi, Justin Tipuric ou Josh Navidi, pierres angulaires de la victoire l’an passé, seront absents pour l’ensemble de la compétition. Aussi, toujours au sein du pack, Elliot Dee et Ken Owens manqueront à l’appel. Taulupe Faletau, quant à lui, devrait rater le début du tournoi. Enfin, derrière, Leigh Halfpenny sera absent et George North devrait revenir d’une longue blessure en cours de tournoi.
De minces motifs d’espoir
Malgré l’hécatombe, le Pays de Galles ne veut pas s’apitoyer sur son sort et veut encore voir grand. « Nous sommes un peu handicapés par les blessures, déclarait Wayne Pivac. Mais on imagine que l’opportunité que cela représente pour les autres joueurs et la motivation liée à ça vont nous aider à performer. » Le groupe sélectionné par le Néo-Zélandais est très inexpérimenté. Devant, les leaders sont réduits à peau de chagrin. On peut retirer le pilier Wyn Jones ou les troisième ligne Ross Moriarty et Aaron Wainwright. Le jeune Taine Basham (22 ans, 4 sélections), très prometteur, aura l’occasion de se faire une place en tant que flanker.
Wales have announced their 2022 squad for the #GuinnessSixNations 🏴 pic.twitter.com/93BEcgw5R8
— Guinness Six Nations (@SixNationsRugby) January 18, 2022
Derrière, il y aura bien plus d’expérience. Wayne Pivac a choisi de nommer Dan Biggar (95 sélections) capitaine. L’ouvreur de Northampton pourrait atteindre le cap des 100 sélections en fin de tournoi. L’expérience sera aussi amenée par l’arrière Liam Williams et l’inoxydable Jonathan Davies. Enfin, les ailiers Louis Rees-Zammit et Josh Adams, faiseurs de miracles, seront bien au rendez-vous. Avec tout ça, le Pays de Galles peut espérer exister un minimum dans la compétition, même s’il est très loin d’être prétendant au titre.
Notre pronostic : le Pays de Galles ne pourra pas réitérer la performance de l’an passé
« Avec le nombre de blessés, le manque de temps de jeu, la forme des autres nations et le fait que l’on n’a pas gagné en Irlande depuis 10 ans, il y a beaucoup trop de vents contraires pour l’emporter. » Tels furent les mots de la légende galloise Shane Williams dans le Rugby Paper. L’ancien ailier de poche a bien résumé la pensée de beaucoup d’observateurs. S’il a évoqué un déplacement difficile en Irlande, il aurait aussi bien pu s’attarder sur une victoire à Twickenham qui n’est plus intervenue depuis 2012 dans le cadre du Tournoi des 6 Nations. Aussi, à Cardiff, il faudra recevoir les Français et les Écossais que l’on sait très en forme. Sans Alun Wyn Jones et une bonne partie des leaders de l’équipe, le Pays de Galles a plus de chances de finir dans la seconde partie du tableau.
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