Nous suivre
Rugby à XIII

Michel Wiener : « Ce sera la Coupe du monde des territoires »

Nicolas Mezine

Publié le

Michel Wiener « Ce sera la Coupe du monde des territoires »
Photo France 2025

RUGBY À XIII – La France organisera la Coupe du monde de rugby à 13 en 2025, après que l’International Rugby League ait opté pour la candidature française. Après cette grande nouvelle pour cette discipline, nous avons interviewé Michel Wiener, Directeur exécutif du Comité de candidature France 2025. Interview. 

Quand la candidature conjointe entre les États-Unis et le Canada est tombée à l’eau, étiez-vous convaincu que c’était le bon moment pour le pays de déposer sa candidature ?

Organiser la Coupe du monde en France s’inscrit dans un projet de développement du rugby à XIII dans notre pays. Lorsque Luc Lacoste, le nouveau président de la fédération, a été élu (en décembre 2020), il a mis en place un projet de développement de cette discipline, avec un plan stratégique sur plusieurs années, dont l’idée d’organiser une Coupe du monde sur notre sol qui a été évoquée dès son programme de candidature. Très tôt, il a donc rencontré le board de l’International Rugby League, pour voir dans quelles conditions la France pouvait organiser la Coupe du monde 2025.

Il y avait un projet commun entre les fédérations américaine et canadienne, donc nous étions prêts à organiser la Coupe du monde mais dans un cadre clair. Toutes les parties étant d’accord pour que la France candidate, l’IRL (International Rugby League) était d’accord pour nous accorder un mandat exclusif. On a monté un projet pendant 6 mois, on a constamment échangé avec l’IRL et ce projet a été validé le 15 décembre dernier.  

Dans la presse étrangère, certaines mauvaises langues ont émis le sentiment que la France n’était pas capable d’organiser seule cette compétition. Quel est votre avis ?

Je ne suis pas d’accord. La presse internationale a été quasi unanime pour considérer que c’est une excellente nouvelle pour le rugby à XIII que la Coupe du monde soit organisée en France. La France est devenue un véritable spécialiste pour organiser de grands événements sportifs internationaux : on aura la Coupe du monde de rugby à XV en 2023, les JO en 2024, mais aussi des championnats du monde qui seront organisés chez nous en ski, en biathlon ou en équitation. Je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de pays dans le monde qui aient une plus belle expérience et un meilleur savoir-faire que la France.

C’est vrai, à la fois au niveau de la conception des événements, on a des villes partout en France qui ont l’habitude d’accueillir des événements, qui ont des transports, des hébergements, et au niveau de l’héritage, notamment matériels et immatériels, je suis convaincu que cette Coupe du monde 2025 sera un grand succès.  

Le rugby à 13 est très pratiqué, notamment dans le Sud-Ouest, avec l’émergence des Dragons Catalans, du TO XIII et des clubs d’Elite 1. Quels sont les atouts de cette discipline pour séduire de nouvelles régions ?

C’est un sport spectaculaire. Avec le 15, ce sont deux disciplines voisines. Mais si on les compare, il y a moins de temps morts dans le rugby à 13 où le temps de jeu effectif est d’environ 68 minutes (sur 80). Dans le rugby à 15, le temps de jeu effectif est d’environ 37 minutes, car il y’a plus d’arrêts de jeu (mêlées, touches, remplacements). Le XIII est un spectacle permanent, et ce n’est pas un sport violent. Il n’y a pas de zones de contact fortes, c’est un sport qui plaît à tout le monde, hommes, femmes, jeunes. Si vous prenez la compétition fauteuil, il y a même des athlètes de 50 à 60 ans qui participent.  





Il y a beaucoup de territoires qui s’intéressent à cette discipline, avec France 2025 en perspective. Il y a des territoires où il n’y a pas de clubs dominants, que ce soit en football ou en rugby, des stades qui n’ont pas de clubs résidants, et qui réfléchissent à l’idée de développer un club de rugby à 13 de haut niveau. Un club bien structuré peut rapidement gravir les échelons et accéder en Élite 1 en quelques années. On a déjà des villes candidates pour accueillir des rencontres de la Coupe du monde dans 8 régions (sur 13), on aura une Coupe du monde très bien répartie sur le plan national, bien au-delà des bastions historiques. Ce sera la Coupe du monde des territoires. 

Au niveau du cahier des charges, quelles seront vos missions prioritaires dans les semaines ou les mois à venir  

La grande priorité aujourd’hui et pour les six mois à venir, c’est de sélectionner les villes qui vont pouvoir accueillir la Coupe du monde. Tous les autres sujets sont ouverts : les réflexions sur les modèles de billetterie, les réflexions sur les sponsors, la diffusion audiovisuelle. La priorité, ce sont les villes. Pour cela, on effectuera un Tour de France entre le 1er mars et le 30 juin 2022, pour aller rencontrer les équipes municipales et les comités d’organisation. On veut savoir s’il y a un projet économique, sportif, organisationnel suffisamment abouti pour pouvoir contractualiser avec elles. Après ce Tour de France, on réfléchira à comment organiser de manière rationnelle les compétitions, en respectant par exemple le bilan carbone. On va donc confronter toutes les remontées du terrain à une carte de France qui permettra d’organiser la compétition. 

Quelle sera la stratégie pour remplir les stades au maximum pour les 4 compétitions ?

On a une stratégie marketing poussée. On a modélisé le nombre moyen de spectateurs que l’on veut aller chercher, on a modélisé les tarifs de billetterie, on a travaillé sur les publics susceptibles d’acheter des billets. En termes de répartition, on estime que 70% des billets seront vendus en France, 30% à l’étranger. On a également identifié les moyens pour faire venir les supporters étrangers, soit via des tours opérateurs, soit via les fédérations et les clubs. On regarde également pour les publics français, les amateurs de rugby à 13 et les fans de sports en général. 

On a aussi identifié de nouveaux publics : les familles, les étudiants, les salariés de comité d’entreprise. On mettra en place des tarifs attractifs pour aller chercher des publics qui veulent découvrir ce sport. Dans toutes les villes qui n’ont pas l’habitude d’organiser ce type d’événement, et bien-sûr aussi pour celles qui en ont l’habitude, ce sera une grande fête populaire. On proposera donc de mettre en place des pack familles, sur nos quatre compétitions, des packs supporters pour voir les matchs d’une seule sélection.  

Une idée ou une envie sur les lieux pour les différentes finales des quatre compétitions ?

En réalité on aura 8 finales, avec les petites finales pour les troisièmes places. On a déjà des villes candidates pour accueillir des finales, mais on souhaite que d’autres villes se positionnent pour opter pour la meilleure solution. On va traiter toutes ces villes comme les villes qui accueilleront les matchs de poules et de phases finales. On a déjà des villes intéressées pour accueillir la finale hommes, la finale femmes, la finale jeunes et celle de la compétition fauteuil, et qui font beaucoup d’efforts pour être sélectionnées.

Notre choix devrait être effectué cet été, mais oui nous avons des idées : soit parce que ce sont des grandes villes au cœur de régions françaises qui ont l’habitude d’accueillir des matchs de rugby, dans le grand Sud-Ouest. Soit parce que ce sont des villes symboles, notamment Paris, qui est la capitale où se retrouvent les touristes français et étrangers. On a également d’autres villes qui ont de grands stades ou arénas, ou des petits stades qui ont l’habitude de vibrer sur des matchs de basket, et qui accueillent 15 à 20 000 personnes.  

YouTube video

Clique pour commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *