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Portraits

Julien Loubet, une deuxième carrière couronnée de succès

Nicolas Jacquemard

Publié le

Julien Loubet

Nous avons rencontré Julien Loubet, coureur cycliste français au parcours atypique, qui brille sur les routes cette année avec l’équipe Armée de Terre. 

Julien, peux-tu te présenter en quelques mots ?

J’ai 32 ans et je suis cycliste professionnel. Je suis passé professionnel en 2005 avec l’équipe AG2R où je suis resté 7 saisons. Après un retour chez les amateurs, je suis dans ma 10ème année professionnel avec l’équipe Armée de Terre

Comment as-tu commencé le cyclisme ?

J’ai commencé à l’école du cyclisme en minimes après avoir fait un peu de football. Je ne fais pas partie d’une famille qui est dans le monde du vélo.

Quel profil de coureur es-tu ?

Je suis un coureur complet, plutôt puncheur grimpeur !

Tu as eu une carrière mouvementée, tu es passé pro, avant de repasser amateur pour être aujourd’hui à nouveau pro, comment l’expliques-tu ?

J’ai une carrière très atypique, je suis un des rares dans le peloton aujourd’hui à avoir une trajectoire de la sorte. J’ai jamais complètement arrêté le vélo mais quand j’étais repassé chez les amateurs j’étais dans la vie active, j’avais un travail. Je suis passé pro très tôt à 20 ans, dans une équipe World Tour et mes premières années chez AG2R ont été difficiles. J’ai malgré tout fait quelques résultats sympas sur la route du Sud ou une troisième place au championnat de France. A l’époque j’étais un coureur prometteur, sur la même lignée qu’Andy Schleck ou Lars Boom, avec qui je me battais chez les espoirs. J’ai un peu stagné pendant ces années chez AG2R. Ce n’était pas simple à cette période car on devait jongler entre les courses World Tour et les courses françaises. J’ai pu participer à deux Giro et deux Vuelta. Je pense qu’à un moment donné j’ai un peu saturé mentalement car je voyais que j’étais dans le dur donc je suis reparti chez les amateurs. Cela m’a permis de souffler et de prendre conscience de plein de choses. Voir le milieu du travail pendant cette période m’a vraiment aidé, j’ai pris conscience que j’avais encore de belles années devant moi pour faire quelque chose de bien dans mon sport. J’ai aussi pris de la maturité mentale, ce qui m’a permis de me connaître vraiment et aujourd’hui de me préparer correctement, avec une approche différente, pour mes courses. Quand on voit Quelqu’un comme Jean-Christophe Péraud qui est arrivé sur le tard sur la route mais qui a réussi à finir 2ème du Tour, ça donne des idées. Je crois que mes meilleures années arrivent ou du moins je suis en plein dedans et la fraîcheur mentale est un vrai atout.

Cette année tout te sourit ou presque, est-ce qu’on peut parler de déclic ?

Je pense que le déclic je l’ai provoqué moi-même quand j’ai décidé de revenir chez les professionnels en 2015 avec l’équipe de Marseille. Cette année-là je gagne Paris-Camembert par exemple. La saison 2016 a été plus difficile avec Fortuneo marquée par des chutes et des maladies. Je suis passé tout proche de la sélection pour le Tour et cela a été dur de se relancer pour le reste de la saison. Cette année est clairement ma meilleure saison surtout avec cette route du sud donc je suis très heureux.



Tu signes une super victoire sur la route du sud à domicile, tu peux revenir sur cette course ?

Je l’avais préparé comme mon début de saison. En Continentale, des courses un peu montagneuses comme ça, c’est plutôt rare. Je l’ai abordé d’une manière idéale en ayant fait un stage en montagne à Font-Romeu. J’ai vraiment trouvé mon équilibre niveau entrainement et familiale, ce qui me permet de me préparer sereinement. J’ai clairement pu afficher mes ambitions pour cette course au sein de l’équipe et ça m’a vraiment aidé à gagner cette étape.

Cette victoire a été saluée par l’ensemble de la communauté vélo française, un mélange de fierté et de motivation pour toi ?

Oui carrément, c’est très motivant. La route du Sud reste vraiment une course importante et la victoire l’était aussi sachant qu’il y avait 9 équipes World Tour au départ. Je me frotte moins à ces équipes là en ce moment mais j’ai vraiment envie de revenir dedans pour essayer de faire un Tour de France car je n’y ai encore jamais participé. Cet objectif m’aide à trouver de la motivation quotidiennement.

Est-ce que tu peux nous dire un mot sur ton équipe actuelle, l’Armée de Terre ?

C’est une équipe atypique avec à la base des gars qui sont des soldats et qui ont donc connu une formation militaire. Quand on arrive c’est assez peu conventionnel la manière de faire les choses mais ça marche. C’est une équipe avec un esprit de famille, d’engagement solidaire et collectif.



Quel est ton plus beau souvenir sur un vélo ?

Je crois que c’est cette étape de la Route du Sud, avec la préparation jusqu’à la veille et la reconnaissance avec un des mécanos qui est mon ami. Le Jour J, j’ai pu avoir le soutien de ma famille et ensuite partager la victoire avec eux. J’avais le maillot de leader de la course au début de la 3ème étape quand je suis passé dans la ville où tout a commencé pour moi. C’était une forme de remerciements pour les éducateurs et pour les petits du club.

Quelle est la personne qui a le plus compté dans ta carrière ?

Mon entraîneur de toujours, Michel Puntous, a été prépondérant pour moi. Il est là depuis mon passage en sport-études chez les juniors. C’est lui qui m’a suivi tout au long de ma carrière ou presque. Quand je travaille avec lui ça marche, je gagne des courses.

Quel est le coureur qui t’as le plus impressionné sur un vélo ?

Richard Virenque de part son panache et ses grandes échappées. C’était un coureur qui produisait du spectacle et beaucoup de coureurs ont eu envie de faire du vélo en le voyant sur les routes. C’était mon idole d’enfance.

Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour la suite de la saison ?

J’espère vraiment évoluer au plus haut niveau l’année prochaine, on vit une super année avec l’équipe donc j’espère que ça va continuer et puis évidemment de belles victoires.

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