Aurélien Paret-Peintre, la régularité récompensée
TOUR D’ITALIE 2023 – Aurélien Paret-Peintre (AG2R Citroën) vient de passer un cap. Sa victoire d’étape sur le Giro est le premier grand succès de sa carrière. Le Français se retrouve propulsé sur le devant de la scène. Une belle récompense pour ce coureur qui a su prendre son temps tout au long de sa carrière afin d’en arriver là aujourd’hui.
Cette victoire sur la quatrième étape du Tour d’Italie est le premier succès en World Tour pour Aurélien Paret-Peintre. Le natif d’Annemasse avançait masqué, comme depuis le début de sa carrière, pour surprendre son monde ce mardi en coiffant Andreas Leknessund (DSM) au sprint. Ce succès peut lui donner des ailes et lui permettre d’affirmer un nouveau statut, alors que le Giro vient seulement de commencer, et que les perspectives sont nombreuses si la forme reste similaire.
MAGNIFIQUE AURÉLIEN PARET-PEINTRE ! Le Français (AG2R Citroën) remporte la 4e étape du #Giro devant Leknessund, qui s’empare du maillot rose ! 🙌#LesRP pic.twitter.com/0VqucTNZmK
— Eurosport France (@Eurosport_FR) May 9, 2023
Une éclosion tardive
Loin des stras et des paillettes, c’est donc à 27 ans qu’Aurélien Paret-Peintre vient de devenir un vainqueur d’étape sur un Grand Tour. À l’heure où les grands noms du peloton émergent de plus en plus tôt, le fait que Paret-Peintre lève les bras à ce moment-là de sa carrière récompense une certaine logique. Le Français n’a jamais brulé d’étapes. Il est devenu un coureur solide avec toute l’expérience qu’il a emmagasinée depuis qu’il est passé professionnel en 2018 avec AG2R la Mondiale, devenue AG2R Citroën Team. Loin des Pogacar, Evenepoel voire Gaudu pour une comparaison française, Paret-Peintre a pris son temps pour construire sa carrière.
Le coureur d’AG2R Citroën Team n’est pas le plus habitué à la victoire. Son premier succès chez les professionnels a eu lieu sur le Grand Prix de la Marseillaise 2021 devant Coquard et Boudat. Paret-Peintre a réglé un petit peloton au sprint. Un premier avant-goût de sa pointe de vitesse qui doit lui permettre d’engranger plus de triomphes dans le futur.
Cette année, il s’est encore une fois montré à son aise sur sa course de rentrée, le Tour des Alpes-Maritimes et du Var. Une épreuve qui l’a vu lever les bras lors de la dernière étape. Insuffisant cependant pour remporter le classement général, Kévin Vauquelin s’étant montré trop solide.

Un coureur régulier
Le natif d’Annemasse a pour habitude de viser le classement général sur les courses à étapes. Cela a amené Paret-Peintre à avoir de très bons résultats sur trois semaines. On retrouve notamment une seizième place sur le Tour d’Italie 2020, meilleur français. L’année suivante, c’est sur le Tour de France qu’il termine quinzième au classement général final. Sa progression est linéaire, sa régularité est exemplaire. Cette année, il s’est préparé pour le Giro en terminant Paris-Nice aux portes du Top 10 puis en s’alignant sur un Tour des Alpes, qu’il a conclu à la treizième place.
Il est donc arrivé incognito sur le Giro, ce qui lui a permis de créer la surprise et de remporter cette 4ème étape entre Venosa et Lago Laceno. Désormais, il sera beaucoup plus attendu, puisqu’il a montré à tout le peloton que la forme est là. Aussi, sa capacité à tenir sur trois semaines n’est plus à démontrer, compte tenu de ses anciennes performances sur les Grands Tours.

Ce Tour d’Italie est l’objectif de sa saison. Quoi qu’il arrive, Paret-Peintre a réussi son ambition de victoire d’étape. Il lui reste maintenant à confirmer ses progrès sur trois semaines. Le leader d’AG2R Citroën Team vise le Top 10 au classement général final, ce qui serait une première dans sa carrière et un très bel accomplissement.
La vie en rose ?
Troisième au classement général, Aurélien Paret-Peintre peut légitimement se mettre à rêver du maillot rose. Leknessund a montré qu’il était fort, mais le Norvégien a seulement réussi à décrocher le Français pendant quelques mètres dans le Colle Molella, avant de voir le Haut-Savoyard rentrer sur le plat puis s’incliner au sprint. Paret-Peintre compte trente secondes de retard sur le leader. Entre ces deux coureurs, Remco Evenepoel a deux secondes d’avance sur le Tricolore. Le champion du monde a les clés en main dans cette bataille. Il a volontairement lâché le maillot rose ce mardi et il ne souhaite vraisemblablement pas le retrouver tout de suite. Encore plus depuis ses deux chutes ce mercredi.
L’arrivée au Gran Sasso ce vendredi doit permettre la première grande bagarre entre les favoris au classement général. Cela permettra de savoir comment Aurélien Paret-Peintre se place réellement dans la hiérarchie. S’il veut prendre le maillot rose, c’est sur les pentes du Gran Sasso qu’il doit le faire, mais pour cela, il va falloir lâcher Leknessund et Evenepoel. Loin d’être simple.


