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Tennis

ATP : Corentin Moutet en pleine révolution de son jeu

Tom Compayrot

Publié le

Photo Icon Sport

ATP – Corentin Moutet vit une saison déterminante. Le Français de 24 ans est sorti du top 100 la semaine dernière, alors qu’il était encore n°61 mondial à Roland-Garros. Une blessure au poignet contractée en janvier l’a considérablement freiné, et l’a même poussé à effectuer des grands changements dans son jeu. C’est ce qu’il a expliqué dernièrement.

Corentin Moutet vient de retrouver le chemin de la victoire sur le circuit principal. Après quatre éliminations au premier tour de lors de la tournée américaine, le jeune Français s’est imposé 6-2, 6-2 contre le Chinois Tao Mu (n°573 mondial), à l’ATP 250 de Chengdu. C’est la première fois de sa carrière qu’il disputait un match sur le sol chinois. Et dans une rencontre face à un adversaire bien inférieur, il a pu tester des nouvelles choses, qu’il essaie d’incorporer dans son jeu depuis son retour de blessure. À voir maintenant si cela fonctionnera contre des meilleurs joueurs.

La blessure qui a tout déclenché

Le Francilien a toujours été un joueur atypique. Déjà en 2017, nous écrivions à quel point il était « capable de réussir tous les coups les plus difficiles » grâce à « sa précision redoutable et sa patte gauche de velours ». Mais en janvier, un événement est venu tout chambouler. Il s’est fracturé un tendon de la main droite à l’Open d’Australie, ce qui l’a contraint à passer par la case opération deux semaines plus tard. Il s’ensuivit une longue période de récupération et de rééducation qui l’a éloigné des courts pendant trois mois.

Moutet est revenu sur le circuit en avril. Aux Masters 1000 de Madrid et Rome, il a joué sans grande ambition, le but étant surtout de reprendre le rythme de la compétition et le plaisir de jouer. D’ailleurs, il n’était pas totalement remis de son opération. Incapable de tenir sa raquette à deux mains pendant tout un match, il a joué avec un revers à une main. En mai, au Challenger de Bordeaux Primrose, il expliquait vouloir reprendre son revers à deux mains, sans savoir combien de temps cela prendrait. Aujourd’hui, quatre mois plus tard, il semble avoir changé d’avis.

Revers, service : de gros changements en cours

Depuis son retour de blessure, Moutet joue donc avec un revers à une main inédit pour lui. Mais ce dernier, encore très instable, le met en difficulté contre les joueurs puissants notamment. Il l’évite donc au maximum en réalisant beaucoup de coups droits de décalage. Et en « sliçant » quasiment tous les revers qu’il est contraint de jouer. Cette stratégie peine encore à porter ses fruits. Depuis avril, il compte 12 victoires pour 16 défaites, circuits Challenger et ATP confondus. Un bilan insuffisant pour se maintenir dans le top 100. Il sait qu’il doit passer par cette période compliquée. En conférence de presse à l’Open Blot Rennes la semaine dernière, il a expliqué vouloir garder ce revers à une main « pour toute sa carrière ». Un sacré pari qu’il va falloir assumer.

Autre nouveauté dans son jeu, le service à la cuillère. Lors de son match à Chengdu ce matin, l’actuel n°13 français a réalisé dix de ces services, écœurant son adversaire inexpérimenté. En interview d’après-match, il a déclaré « vouloir en faire davantage, parce que ça marche mieux que mon service normal. Peut-être que je devrais en faire à chaque point à l’avenir ». Une idée sûrement lancée sur le ton de l’humour, même si pas un sourire n’a effleuré son visage.





À petite dose, ces services à la cuillère peuvent déstabiliser des adversaires. À grande échelle, cela semble dangereux face à des joueurs plus réactifs et talentueux que le n°573 mondial. En tout cas, que ses promesses sur son revers et son service soient tenues ou pas, Moutet est en pleine réflexion. Sa blessure l’a poussé à faire évoluer son jeu. Les prochains mois seront déterminants pour la suite de sa carrière.

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