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Tennis : La colère des joueurs du circuit Challenger

Victor Clot-Amiot

Publié le

Tennis La colère des joueurs du circuit Challenger
Photo Icon Sport

TENNIS – À l’occasion du début de saison, l’ATP a mis à jour son barème des points distribués sur les différents tournois. S’il n’y a pas de changement concernant les vainqueurs sur le circuit ATP, les points octroyés aux rangs inférieurs évoluent, provoquant l’amertume de certains joueurs. Explications.

Concrètement, statu quo concernant les vainqueurs de tournois du circuit ATP. Un joueur triomphant en ATP 250 remportera 250 points, 500 pour un ATP 500, 1000 pour un Masters 1000, et 2000 pour un tournoi du Grand Chelem. En s’inclinant lors du tournoi, les joueurs se voient en revanche garantir une dotation de points en hausse, contrairement aux années précédentes. Ainsi, un joueur passant les qualifications d’un ATP 250 à 48 joueurs remportera 8 points, trois de plus que l’an dernier. Une élimination en quarts de finale d’un tournoi de tennis du même type rapportera désormais 50 points, 5 de plus qu’en 2023, 100 points en ATP 500 (10 de plus qu’en 2023), 200 en Masters 1000 (20 de plus qu’en 2023) et 400 en Grand chelem (40 de plus qu’en 2023). Du positif, a priori.

Bref, concrètement, il faut retenir qu’à l’exception des vainqueurs, la dotation en points ATP de tous les joueurs a été réajustée à la hausse, pour tous les tournois du circuit ATP et à tous les stades de compétition. Alors pourquoi certains joueurs s’insurgent-ils sur les réseaux sociaux ?

Une dotation en baisse en Challenger

En réalité, si le circuit ATP est concerné par une dotation de points à la hausse, ce n’est pas le cas du circuit Challenger (l’échelon inférieur). Pour bien comprendre le problème, il faut garder à l’esprit qu’à part les tournois du Grand Chelem et certains Masters 1000, les tableaux des ATP 250 et 500 sont cloisonnés à 48 joueurs tout au plus. Concrètement, la plupart des joueurs hors Top 100 ne sont pas concernés de manière régulière. Ainsi, pour jouer, gagner de l’argent et prendre des points, ces derniers doivent passer par le circuit challenger. Il s’agit d’une condition sine qua non.

Or, l’attribution des points sur le circuit Challenger connaît une baisse significative. En cause, la création d’une catégorie de tournoi « premium » qui rapporte 175 points au classement alors que le maximum était de 125 jusqu’à l’année dernière. Néanmoins, cela ne concernera que cinq tournois dans l’année. A contrario, le barème alloué aux échelons inférieurs connaît une baisse certaine. Auparavant, la plus petite catégorie de tournois Challenger rapportait 80 points au vainqueur. Désormais, elle n’en rapportera que 50. Idem, pour les joueurs s’inclinant avant la finale. Par exemple, en Challenger 125, un joueur éliminé en demi-finale remportera 35 points. C’est 10 de moins que l’an dernier. Et cela vaut pour tous les tournois (hors Challenger 175 donc) et à tous les niveaux.

Un fossé qui se creuse irrémédiablement

Ainsi, à titre de comparaison, un joueur éliminé au deuxième tour d’un ATP 500 à 32 joueurs gagnera plus de points (50) qu’un demi-finaliste d’un Challenger 125 (45). Idem, en passant les qualifications d’un Masters 1000 comme le Rolex Paris Masters, un joueur gagnerait peu ou prou autant de points qu’un quart de finaliste d’un Challenger 175 (30 contre 32).





La conséquence est notable pour les joueurs du circuit Challenger. Le plafond de verre qui les sépare du Top 100 et encore plus du Top 50 s’épaissit de plus en plus. Il y a aujourd’hui 290 points d’écart entre le 50ème au classement ATP et le 100ème et 221 entre le 100ème et le 150ème. Au contraire, il y en a « seulement » 178 entre le 150ème et le 250ème. Le fossé risque donc de s’agrandir après les premiers tournois de la saison.

Certains joueurs de tennis, à l’image d’Harold Mayot (21 ans, 166ème mondial) ont tiré la sonnette d’alarme sur les réseaux sociaux. Pour ces joueurs, l’enjeu et de taille. Derrière les prize moneys de ces joueurs qui peuvent paraître impressionnants à première vue (428 000$ en carrière pour Mayot par exemple) il faut avoir à l’esprit que la plupart des joueurs de tennis payent les dépenses liées à leurs déplacements (transports, hôtel, nourriture), leur staff pour ne citer que cela. Pour des joueurs en déplacement la quasi-totalité de l’année, ce n’est pas anodin…

Cette colère est palpable chez les joueurs Français. En effet, ce circuit, qu’ils ont l’habitude de disputer, leur réussit. Parmi eux, Laurent Lokoli, finaliste du challenger de Nouméa il y a un an tout pile. Lui non plus n’a pas mâché ses mots à l’égard de l’ATP. C’est dire si les conséquences de cette réforme risquent d’avoir des impacts significatifs.

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