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Coupe du monde de biathlon

Biathlon Coupe du monde : Jeanne Richard déjà dans la cour des grandes

Maxime Cazenave

Publié le

Biathlon Antholz-Anterselva 2024 - Classement Relais mixte
Photo Icon Sport

COUPE DU MONDE DE BIATHLON 2023-2024Ce week-end, Jeanne Richard a effectué le grand saut à Oberhof en disputant sa première étape de Coupe du monde. Dans la lignée de son début de saison en IBU Cup, la Tricolore de 21 ans a regardé droit dans les yeux le gratin du plateau en enchaînant deux Tops 10. Une performance hors norme et pleine de promesses.

Ce week-end, le biathlon tricolore a une nouvelle fois été à la fête. Si cela s’est révélé compliqué pour les hommes, les femmes ont en revanche effectué une razzia impressionnante. Vendredi, Justine Braisaz-Bouchet a écrasé le sprint tandis que Sophie Chauveau a pris la 3e place. Puis, samedi, Julia Simon a remporté la poursuite, devant Braisaz-Bouchet. En plus de ces doubles podiums, les places d’honneur se sont enchaînées puisque Jeanmonnot (5e et 9e) et Simon (10e en poursuite) ont terminé à chaque fois dans le Top 10. Mais, en plus des quatre habituées du circuit, une autre sensation bleue-blanc-rouge est venue se glisser : Jeanne Richard.

En tête de l’IBU Cup

Du haut de ses 21 ans, la native de Thonon-les-Bains disputait en Allemagne son premier week-end de Coupe du monde. Cela représentait pour elle une juste récompense, puisqu’elle avait jusque-là cartonné sur le circuit inférieur en IBU Cup. Vainqueur de l’individuel de Kontiolahti, 2e du sprint de Sjusjoen, 3e de celui d’Idre Fjäll, Richard s’est emparée de la tête du classement général et a donc été récompensée. Au même titre que l’autre espoir du biathlon féminin, Océane Michelon. Gilonne Gugonnat et Chloé Chevalier en ont fait les frais, étant rétrogradées en IBU Cup.

Pourtant, malgré ces bons résultats, la promotion n’était pas forcément envisagée il y a peu. À la mi-décembre, Stéphane Bouthiaux avait ainsi sélectionné cinq biathlètes au lieu de six en l’absence de Jeanmonnot à Lenzerheide, avant de justifier son choix pour nos confrères de Nordic Magazine : « Jeanne Richard tenait bien entendu la corde après ses performances en IBU Cup. Finalement, on a préféré privilégier son apprentissage à jouer devant sur le circuit B. On envisagera, pour elle, la Coupe du monde plus tard. Il y aura d’autres occasions, éventuellement dans la saison ou lors de la suivante. Rien ne presse, elle a seulement vingt-et-un an ». À force de performer, Jeanne Richard a forcé la décision.

Un dossard 61 transformé en Top 10 sur le sprint !

Cette dernière arrivait donc à Oberhof sans pression, mais avec la volonté de prouver qu’elle peut déjà se frotter au top niveau. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle a tout simplement bluffé tout le monde. Vendredi, sur le sprint, elle s’est élancée dans l’anonymat ou presque avec le dossard 61. L’objectif principal consistait donc à assurer une place dans le Top 60 pour prendre part à la poursuite le lendemain. À l’aise dans ses skis sur une piste qu’elle connaît très bien, la jeune tricolore va pourtant déjouer tous les pronostics.

Déterminée, elle va tout simplement signer le 14e temps à ski, faisant notamment mieux que Lou Jeanmonnot. Mais surtout, elle va régaler sur le pas de tir. En toute décontraction, et en prenant son temps (61e temps au pas de tir), Jeanne Richard colle un 10/10 lui permettant d’avaler un nombre incalculable d’adversaires. Finalement, elle termine en raflant la 8e position de l’épreuve. Une performance tout bonnement exceptionnelle et historique, puisqu’elle est la première française à signer un Top 10 lors de son premier départ en Coupe du monde !





À la lutte pour le podium en poursuite

Ainsi, elle s’est retrouvée à être l’une des premières à s’élancer en poursuite samedi, avec la réelle possibilité de créer une nouvelle sensation. Comme la veille, la gamine de 21 ans ne va ressentir aucune pression, livrant une nouvelle fois une prestation de championne. Toujours performante sur les skis (12e temps), elle va se montrer impeccable sur le tir couché avant d’enchaîner un 5/5 au premier tir debout. Cela lui permet alors de prétendre au podium alors qu’elle est l’une des seules parmi le Top 15 à avoir réalisé un sans-faute.

Malheureusement, ses deux seules erreurs du week-end au tir interviendront lors de la dernière série. Toutefois, cela ne va pas l’empêcher d’assurer un dernier tour efficace pour sécuriser une étincelante 9e place, validant un deuxième Top 10 pour son premier week-end en Coupe du monde. Au passage, cela lui permet de se positionner déjà à la… 40e place du classement général.

Des perspectives rayonnantes

Ce dimanche, le staff tricolore a décidé de s’appuyer sur l’expérience de son quatuor fort (Braisaz-Bouchet, Chauveau, Jeanmonnot, Simon) pour le relais, mettant ainsi fin au magnifique week-end de Jeanne Richard. Les perspectives sont immenses pour cette dernière, qui prouve déjà qu’elle peut rivaliser sur les skis avec les dix-quinze meilleures biathlètes au monde. De plus, elle montre de l’assurance sur le pas de tir et dispose d’une énorme marge de progression dans ce domaine, avec de précieuses secondes à gratter sur la mise en place.

Le plus dur sera désormais de confirmer pour pouvoir s’installer définitivement sur le circuit. La concurrence est rude, et les six places valent cher. Rétrogradée, Gilonne Guigonnat l’a rappelé en l’emportant en IBU Cup ce week-end, sur la poursuite de Martell. Malgré tout, Richard réalise pour le moment une saison sans aucune fausse note, dépassant même largement les attentes. De quoi renforcer l’émulation dans une équipe de France qui écrase pour le moment la concurrence sur le circuit (7 victoires en 10 courses individuelles avec trois biathlètes différentes).

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