Édito : Il ne faut pas banaliser l’exceptionnel des équipes de France de handball
HANDBALL – Les Bleus sont en finale de l’Euro, un mois après le sacre mondial des Bleues. Une douce habitude à ne surtout pas banaliser.
Aller en demi-finale d’une grande compétition, c’est de l’ordre de l’exceptionnel. La France en est à sa 5e qualification consécutive chez les hommes, idem chez les femmes. Aller en finale, cela relève de l’exploit. Et pourtant, les Bleus sont en finale de l’Euro. Ils étaient en finale du Mondial 2023 et sont champions olympiques. Les Bleues sont championnes du monde et championnes olympiques. C’est tellement ahurissant que, quand il n’y a pas qualification en finale, on crie à la compétition ratée. Les équipes de France nous habituent à des standards tellement élevés que notre grille de lecture en est totalement biaisée.
Ne banalisons pas l’exceptionnel
Alors les grincheux diront que ce sont toujours les mêmes qui vont au bout. Il est vrai que la France va encore retrouver le Danemark en finale, comme lors des JO, comme lors du dernier Mondial. Il est vrai aussi que chez les femmes, c’est bien souvent la Norvège qui se dresse sur la route des Bleues. Mais, mine de rien, cet Euro masculin était très dense en qualité. La Norvège, émergente au plus haut niveau ces dernières années, s’est cassée les dents au tour principal. Accrochée également en poules par les incroyables Iles Féroé. Vingt-quatre nations au départ et aucune différence vraiment dantesque dans un match. Un Portugal pas si loin des demies, vraie nation qui progresse depuis quatre ans. L’Autriche qui a accroché l’Espagne, la Croatie et l’Allemagne, excusez du peu.

En quinze éditions, six pays ont soulevé le trophée. Il n’y en aura certes pas un 7e cette année. Loin des 10 vainqueurs différents en football, en seize éditions. Les détracteurs du handball se plaisent à dire que c’est un sport fermé et très européen. Alors certes, les dix champions du monde (en 28 éditions) sont tous européens. Mais en football, seules neuf nations ont remporté la Coupe du monde. En 22 éditions. Et encore, cela s’est ouvert entre 1998 et 2010, avec deux vainqueurs inédits, la France et l‘Espagne. Si universel qu’il soit, le football est rattrapé par la domination de quelques pays, quand les matchs importants arrivent. La critique peut donc être la même qu’en handball.
Alors, encore une fois, il ne faut surtout pas banaliser ce que font les équipes de France de handball. Ce n’est pas parce que l’habitude est belle que le standard baisse. Ce qui est fait est absolument incroyable : répondre à chaque fois présent en étant cité dans les favoris de la compétition. C’est le cas de l’équipe de France masculine depuis 2006 (1995 ?). C’est le lot de l’équipe de France féminine depuis 2003. Les crashs se comptent sur les doigts d’une main, là où les éliminations au premier tour (2 au 21ᵉ siècle) ont émaillé un football français pourtant plus fort que jamais depuis le doublé de Zizou un soir de 12 juillet 1998. Pendant que le rugby français reste sur trois éliminations consécutives en quarts de finale. D’une Coupe du monde où seules quatre nations ont soulevé le trophée dans l’histoire. Ne pas banaliser l’incroyable.


Fauconnier
31 janvier 2024 à 12h06
Très bon papier argumenté et qui remet en place les jaloux des autres sports qui dénigrent le Handball
Pierre
30 janvier 2024 à 10h39
Excellente analyse , qui remet quelques pendules à l’heure .