Biathlon : Gilonne Guigonnat, rendez-vous pris
COUPE DU MONDE DE BIATHLON – Alors que l’heure est au bilan, les yeux sont déjà rivés sur l’avenir du côté de certaines biathlètes. C’est le cas de Gilonne Guigonnat, qui a montré toute l’étendue de son talent en décrochant son premier podium, le week-end dernier à Canmore.
À l’inverse de Justine Braisaz-Bouchet, Julia Simon, Lou Jeanmonnot et Sophie Chauveau qui ont toutes obtenu leur premier podium en Coupe du monde à 24 ans ou moins, Gilonne Guigonnat a patienté davantage. Ce dimanche, en terminant troisième de la mass start qui clôturait la saison, la biathlète de Villard-sur-Boëge décrochait son premier accessit sur la boîte à 25 ans et demi. Si la différence n’est pas flagrante avec certaines biathlètes, à l’image de Sophie Chauveau (24 ans et demi), elle cache cependant un parcours plein d’abnégation pour en arriver à ce point. Retour sur les étapes récentes de la carrière de Gilonne Guigonnat.

De l’IBU Cup à la Coupe du monde…
La Française a fait ses débuts en Coupe du monde l’an dernier, lors de l’ultime étape d’Oslo en prenant part au sprint, achevé à une modeste 59ème place. En raison de l’annulation de la poursuite, suite au report du sprint initial, elle n’a pas été conviée pour disputer la mass start finale. Néanmoins, cette expérience ne lui a certes pas permis d’inscrire ses premiers points sur le circuit mondial, mais à défaut, de se frotter à la rude concurrence internationale afin de préparer la saison 2023-2024. Elle comptait alors quatre podiums dont une victoire en IBU Cup (le deuxième échelon du biathlon), dont trois sur la saison 2022-2023 ainsi qu’une troisième place sur la poursuite des Championnats d’Europe de cette même saison. Mieux, elle venait de terminer deuxième au classement général de l’IBU Cup, seulement battue, pour deux petits points, par la Suédoise Tilda Johansson.
Ainsi, ce n’était pas une surprise de la voir dans le groupe France pour le lancement de la saison, en novembre dernier à Östersund en Suède d’autant qu’elle bénéficiait du forfait de Caroline Colombo, absente toute la saison en raison d’une neuropathie. Malgré une huitième place sur le sprint inaugural, la Française a payé des résultats inconstants, ne faisant pas mieux qu’une vingtième position sur les courses suivantes (lors de la poursuite d’Hochfilzen) ainsi que l’émergence d’autres biathlètes dont Océane Michelon qui venait de s’imposer sur une course d’IBU Cup (et qui depuis, a remporté le général et deux autres petits globes). Mais c’est surtout Jeanne Richard qui a ébloui grâce à une huitième place lors de sa première course chez les grandes sur le sprint d’Oberhof (suivi d’une neuvième position sur la poursuite).
… en repassant par l’IBU Cup
Ainsi, au terme de l’étape de Lenzerheide avant les fêtes de fin d’année, Gilonne Guigonnat a été contrainte de repasser par la case IBU Cup. Finalement, il s’agissait peut-être d’un mal pour un bien, puisque la Française a remporté la poursuite de Martell en réalisant le sans-faute au tir, malgré une onzième place au départ, définie par le sprint réalisé au préalable. Dans la foulée, elle a confirmé sa forme du moment en s’imposant sur le sprint Ridnaun, lui permettant de renouer rapidement avec le groupe France A, lors de l’étape d’Antholz mi-janvier (huitième de la mass-start)… juste avant les Mondiaux de Nove Mesto.

Non-sélectionnée pour l’enchaînement sprint-poursuite en début de championnats, la Française a connu son baptême lors de l’individuel qu’elle conclut à la 32ème position en raison de trois fautes rédhibitoires au tir. L’essentiel est ailleurs, puisqu’elle dispute ensuite le reste de la saison, jusqu’à ce fameux podium obtenu avec détermination, dimanche dernier.
Qu’espérer la saison prochaine ?
Cette troisième place marque-t-elle le début d’une belle carrière sur le circuit de la Coupe du monde ? S’il semble difficile de présager du futur, il n’en demeure pas moins que Gilonne Guigonnat a les moyens de s’inscrire dans les pas de son frère aîné, Antonin (six podiums en individuel). Évidemment, l’objectif de tout biathlète sur la ligne de départ d’une course est de s’imposer. Pour cela, il faudra prendre rendez-vous le 4 décembre prochain pour l’individuel de Kontiolahti, première course (hors relais) de la saison pour les femmes.
D’ici-là, Guigonnat devra assurément travailler son tir. Si elle fait parler sa précision au couché (94%), elle peut encore grappiller sur le debout (85%). Réputée bonne tireuse, élément crucial au biathlon, elle a également montré qu’elle avait les nerfs pour rivaliser en confrontation directe, puisque six de ses neufs podiums en carrière (Coupe du monde, IBU Cup, Championnats d’Europe) l’ont été sur des épreuves de poursuite ou de mass start. En outre, elle peut encore progresser en vitesse de ski, puisqu’elle tourne actuellement à 6.5 secondes concédées par kilomètre sur Anamarija Lampic, la plus rapide du circuit. Elle a toutefois entamé la saison à plus de 10 secondes, preuve des progrès déjà réalisés. Quoi qu’il en soit, preuve encore que le biathlon tricolore féminin se porte bien !
Victoire française sur la dernière course de l’année : 𝐋𝐨𝐮 𝐉𝐞𝐚𝐧𝐦𝐨𝐧𝐧𝐨𝐭 🇫🇷 s’impose sur la mass start, Gilonne Guigonnat sur le podium devant Justine Braisaz-Bouchet ! #ChaletClub pic.twitter.com/pgmttpjCq6
— Eurosport France (@Eurosport_FR) March 17, 2024


