« La Relève » : À la recherche des champions paralympiques de demain
JEUX PARALYMPIQUES DE PARIS 2024 – Le Comité Paralympique et Sportif Français organisait à l’INSEP, ce 22 et 23 mars, la cinquième édition de « La Relève », un programme de détection pour déceler des athlètes ayant un potentiel dans un ou plusieurs sports paralympiques.
Dans le gymnase Marie-Thérèse Eyquem de l’INSEP (Institut national du sport, de l’expertise et de la performance), une vingtaine de sportifs passe des tests physiques. Pourtant, ils ne préparent pas les Jeux. Ou plutôt, pas encore. Ce vendredi matin débute peut-être une aventure qui les mènera vers les Jeux Paralympiques.
C’est en tout cas l’un des objectifs du programme La Relève mis en place par le Comité Paralympique et Sportif Français. « Initialement, l’objectif était de recruter les futurs talents, explique Jean Minier, le directeur des sports au Comité Paralympique et Sportif Français (CPSF). Aujourd’hui, c’est surtout devenu un programme d’accès à la compétition sportive pour faire gagner du temps aux personnes dans le choix d’un sport adapté. »
Nouvelle étape pour #LaRelève✨
Réunis à l’@INSEP_PARIS, les participants de la saison 5 débutent la journée par les habituels tests physiques pic.twitter.com/LlvHExZ7OZ
— Comité Paralympique et Sportif Français (@FRAparalympique) March 22, 2024
Des fédérations qui se transforment en scouts
Soufiane Saidi fait partie d’eux. Cet Avignonnais a perdu la vue il y a un peu plus d’un an après un accident et souhaite donc « choisir une discipline ». « Pas découvrir, mais choisir », insiste le jeune homme de 24 ans. « Aux alentours de chez moi, il y a plusieurs clubs disponibles pour mon handicap, mais j’ai du mal à trancher entre l’athlétisme, la natation, le tandem et le cécifoot. » Bonne nouvelle pour celui qui « vise la performance » et veut « tout défoncer », toutes ces disciplines sont au programme des Jeux paralympiques.
Afin de leur permettre de trouver le sport adéquat, les responsables de plusieurs fédérations – la Fédération Française Handisport et la Fédération Française du Sport Adapté ainsi que celles d’aviron, de badminton, de canoë-kayak, d’équitation, de hockey sur glace, de judo, de montagne et d’escalade, de taekwondo, de tennis, de tir, de tir à l’arc, de triathlon et de volley-ball – sont présents dans le temple du sport français. Et à l’image de scouts qui seraient au bord du terrain de football pour dénicher la pépite dès son plus jeune âge, ils viennent détecter de futurs licenciés. Alain Febvre, le responsable de l’escrime handisport au sein de la Fédération Française Handisport est à la recherche « de profils jeunes, mais surtout des profils féminins, car je suis en manque de féminines dans ma discipline. Mais tous les profils qui correspondent aux capacités physiques que demande l’escrime me vont (souplesse et dextérité). Je viens de discuter avec un jeune homme de 35 ans et ce n’est pas un problème non plus, parce qu’en escrime, il faut aussi de la maturité. »
« Nous, on regarde les amplitudes des candidats, indique pour sa part Quentin Dolo, chargé de mission volley assis au sein de la fédération. Quelqu’un de grande taille sera plus disposé à performer en volley. Mais il faut aussi qu’il soit mobile pour se déplacer. Le dernier aspect auquel on est attentif, c’est le handicap de la personne pour qu’il soit éligible et on priorise les amputations au niveau des membres inférieurs. »
Avant de tester et pratiquer des parasports, les participants de #LaRelève✨ échangent avec @DavietBenjamin et le #CPSF pour découvrir le mouvement paralympique pic.twitter.com/5ZyuDLAJff
— Comité Paralympique et Sportif Français (@FRAparalympique) March 22, 2024
« Un ou deux qui intégreront une équipe de France »
Le programme a déjà fait ses preuves. Le snowboardeur Laurent Vaglica a participé aux Jeux paralympiques de Pékin en 2022 et Érika Sauzeau a même décroché la médaille de bronze en quatre barres mixte aux Jeux de Tokyo en 2021. Cet été, 10 à 15 athlètes détectés lors des quatre premières éditions pourraient disputer les Jeux de Paris. Parmi eux, Pauline Déroulède, issue de la première édition et désormais ambassadrice de La Relève : « Ce programme de détection a radicalement changé ma vie. Il y a eu un avant et un après, avouait la 17e joueuse mondiale de tennis fauteuil et numéro 1 française. Lorsque j’étais à leur place, je me souviens que j’étais déterminée, mais aussi très en colère, car mon accident était récent. Je me souviens que lors de cette journée, je voulais prouver que j’étais à la hauteur auprès de la fédération et je m’étais donnée à fond. »
Sur les vingt participants qui ont pris part à cette cinquième édition, « il n’y a en a peut-être qu’un ou deux qui intégreront une équipe de France, estime Jean Minier. Les autres pratiqueront en compétition, proche de chez eux, mais feront leur chemin. » Plus qu’une médaille aux Jeux, trouver le sport qui leur correspond le mieux, n’est-ce pas cela le plus important ?


