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JO Paris 2024

JO Paris 2024 : Pour atteindre ses objectifs, la France devra effacer les désillusions de Tokyo

Louka Lesueur

Publié le

JO Paris 2024 Pour atteindre ses objectifs, la France devra effacer les désillusions de Tokyo
Photo Icon Sport

JEUX OLYMPIQUES DE PARIS 2024 – À Tokyo, l’équipe de France olympique avait déçu en ne ramenant « que » 33 breloques du Pays du Soleil Levant. Dix titres, 12 médailles d’argent et 11 de bronze. À domicile, l’ensemble de la délégation tricolore voudra et devra faire mieux, et pour cela, il faudra effacer les déceptions connues dans certains sports, il y a trois ans.

L’athlétisme

Sport N°1 des Jeux Olympiques, il avait surtout été l’une des plus grandes déceptions françaises des Jeux de Tokyo. Kevin Mayer fut le seul à ramener une médaille, en argent, au décathlon. Un peu plus d’une soixantaine d’athlètes s’étaient élancés à l’assaut du graal olympique. Le résultat d’une seule médaille fut d’autant décevant, qu’aux JO précédents, à Rio, les Bleus avaient ramené six médailles (3 en argent, 3 en bronze).

Sans parler de médailles, on compte seulement trois tops 5, à mettre au profit de Pascal Martinot-Lagarde (110m haies, 5ème), Quentin Bigot (lancer du marteau, 5ème), et Alexandra Tavernier (lancer du marteau, 4ème). Des éliminations précoces, notamment des relais, et l’échec des grands noms tricolores tels que Pierre Ambroise-Bosse (800m, demi-finaliste), Renaud Lavillenie (perche, 8ème en finale), Yohann Diniz (50 km marche, abandon), ou encore Mélina Robert-Michon (lancer du disque, éliminée en qualifications).

Cette année, malgré toutes les critiques que l’on peut entendre sur l’athlétisme tricolore, les espoirs sont pourtant permis. D’autant qu’en ce début de saison estivale, les records sont nombreux côté bleu. On peut citer en exemple le Meeting de Paris lors duquel les Bleus se sont illustrés avec pas moins de trois records de France (Gabriel Tual, Alice Finot et Agathe Guillemot).

Il ne faut pas oublier, non plus, les difficultés que rencontrent les athlètes. Entre les parcours du combattant pour financer leur saison olympique, le manque d’infrastructures (notamment pour les lanceurs) et d’investissements de la part des hautes instances, ou encore la chasse à des minima démesurés, participer aux Jeux n’a rien d’un long fleuve tranquille. Pour faire mieux qu’à Tokyo, les Bleus compteront sur les 90 athlètes sélectionnés.

Le cyclisme

Que ce soit sur route, sur piste, ou en VTT Cross country, la France n’a pas brillé à Tokyo. Du moins pas autant qu’elle le devrait dans des disciplines où elle est si bien représentée. Sur le bitume, la course en ligne n’a pas réussi aux Tricolores. David Gaudu, meilleur français, termine à une décevante 7ème place.





Lors du contre-la-montre, Rémi Cavagna (champion de France de la discipline 2020 et 2023) n’a jamais été en mesure de lutter pour les premières places et se classe dans le top 20, 17ème. On attendra mieux cette année, d’autant plus que les derniers résultats sont bons. Julian Alaphilippe, Christophe Laporte, Valentin Madouas et Kévin Vauquelin laissent penser que le drapeau tricolore peut briller au Trocadéro.

Mais il ne faudra pas oublier les « anciens » non plus, d’ailleurs la sélection sera un mix entre les  jeunes et les plus anciens cadres tricolores.

Dans les rochers et les graviers, on a connu la désillusion du côté des femmes. La légende, Pauline Ferrand-Prévot, alors en tête avec la Suissesse Neff, va chuter et perdre plus de 30 secondes. Elle sera également victime d’une crevaison et terminera finalement 10ème. La deuxième Française engagée, Loana Lecomte, qui dominait le début de saison, n’a jamais été dans le coup, en difficulté sur les parties techniques : elle prendra la 6ème place.

Chez les hommes, Victor Koretzky a longtemps cru au podium, mais n’a pas pu suivre dans les derniers mètres, terminant à une prometteuse 5ème place. Jordan Sarrou, champion du monde en titre, termine 9ème. Les quatre cités ont, depuis, fourni leur palmarès, pris de l’expérience et acquis le nécessaire pour se couronner de succès.

Ce sont finalement les pistards qui s’en sortent le mieux puisqu’ils ont quitté Tokyo avec deux médailles de bronze. D’abord sur la vitesse par équipe masculine composée de Florian Grengbo, Rayan Helal, Sébastien Vigier et Melvin Landerneau, puis sur l’épreuve de l’américaine messieurs (Benjamin Thomas et Donavan Grondin). Mais si l’on regarde de plus près, il y a plusieurs déconvenues. Pas de breloque sur la vitesse individuelle, où la France a régulièrement brillé.

L’omnium n’a pas offert de sésame à Benjamin Thomas, d’un rien, puisqu’il s’incline au pied du podium. Mathilde Gros, n’a pas su concrétiser son statut. Double championne d’Europe du Keirin, elle n’obtiendra que la 13ème place au Japon. Désormais, Gros est championne du monde et aura à cœur de terminer ses jeux avec une médaille autour du cou. Peu importe le terrain, le cyclisme français doit mieux faire.

La natation

Le bilan est simple à faire, avec une seule médaille à Tokyo. À remettre à Florent Manaudou, devenu vice-champion olympique du 50m nage libre, neuf ans après avoir pris l’or. Seulement six finales dans les bassins. Du côté de l’eau libre, pas de médaille. Marc-Antoine Olivier a porté les espoirs pendant 8 km avant de craquer dans les deux derniers. De son côté, David Aubry n’a pas terminé l’épreuve. Et chez les dames, Lara Grangeon a fini dans le top 10, loin de la médaille.

À l’image d’une natation tricolore sur le déclin, à l’époque, on a connu un des plus médiocres bilans en natation, sport qui a tant fait briller la France.

Mais à Paris, on attend de pied ferme les nageurs tricolores. Et notamment la nouvelle superstar des bassins, Léon Marchand. Après avoir pris de l’expérience sur ses premiers Jeux au Japon, le Toulousain vient cette fois pour pulvériser ses adversaires. Depuis Tokyo, il est devenu cinq fois champion du monde, a effacé des tablettes le légendaire Michael Phelps, se portant comme le grand favori des Jeux.

Florent Manaudou tentera d’ajouter encore une médaille à sa panoplie de trophées, et Maxime Grousset voudra confirmer qu’il est bel et bien devenu un très grand du sprint. Mais on comptera aussi sur Marie Wattel, Beryl Gastaldello ou encore Charlotte Bonnet.

Dans la Seine, Marc-Antoine Olivier, Logan Fontaine, Océane Cassignol et Caroline Jouisse se placent aussi parmi les grandes chances de médaille pour la France.

Le pentathlon moderne

Voilà un sport dont on parle peu. Et pourtant, il faut saluer le talent des pentathlètes, capables de briller dans cinq disciplines différentes (natation, escrime, équitation, course et tir).

Lors des derniers Jeux Olympiques, on avait beaucoup d’espoirs concernant l’équipe de France. Et à juste titre. Élodie Clouvel était devenue vice-championne olympique à Rio, puis vice-championne du monde en 2021 juste avant les Jeux.
Marie Oteiza, championne d’Europe en 2018, en bronze aux Mondiaux la même année, était, elle aussi, prétendante au podium.

Même chose chez les hommes avec Valentin Belaud (double champion du monde) et Valentin Prades (vice-champion du monde et champion d’Europe).

Pourtant, le meilleur résultat sera une 6ème place, celle d’Élodie Clouvel. Les Françaises ont bien terminé leur pentathlon, mais étaient trop loin du podium après la première journée. Pas mieux pour leurs coéquipiers, puisque Prades (7ème) et Belaud (11ème), ne monteront pas sur le podium.

Évidemment, les résultats d’ensemble sont loin d’être mauvais, mais avec le palmarès de chacun, forcément, revenir sans breloque est difficile à accepter.

Moins en vue, les Français n’ont tout de même pas abandonné les premières places depuis. Et tout récemment, on a même vu un visage beaucoup moins connu, Pierre Dejardin, s’imposer en Coupe du monde. Quoi qu’il en soit, le pentathlon tricolore peut briller, et arriver en tant qu’outsider peut lui réussir davantage.

En bref, la France peut faire beaucoup mieux qu’il y a trois ans. Si l’objectif fixé par le gouvernement, de finir dans le top 5 au tableau des médailles, semble atteignable, il faudra nécessairement que les hautes instances se remettent en question s’il n’est pas atteint.

Quand bon nombre d’athlètes tirent la sonnette d’alarme quant à leurs conditions défavorables dans la quête d’un titre olympique, et qu’il n’y a pas ou peu de réponses en face, il ne faut pas s’étonner d’être loin des pays tels que les États-Unis ou la Grande-Bretagne, où d’immenses investissements sont mis en place pour aider les athlètes à performer.

Désormais, à 15 jours des Jeux, on ne peut qu’encourager au maximum nos athlètes, et leur souhaiter de performer.

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