Mondiaux Cyclisme 2024 : Et si les Bleus mettaient la pagaille ?
CYCLISME CHAMPIONNATS DU MONDE 2024 – Armée de coureurs solides, l’équipe de France doit se montrer offensive pour déjouer les pronostics. On essaye de décrypter la tactique potentielle de Thomas Voeckler ce dimanche et les forces en présence, côté Bleu.
Une équipe de France séduisante
Et si Thomas Voeckler nous réservait un nouveau tour de magie ? Ce n’est pas nouveau, le sélectionneur de l’équipe de France est connu pour tenter des coups de poker. On se souvient du second titre mondial de Julian Alaphilippe, en 2021. Où l’équipe de France avait mis le feu dès le début de la course. Avec des attaques incessantes des lieutenants comme Valentin Madouas, infatigable ce jour-là. Et au vu du collectif français, cela pourrait être une excellente tactique de tenter de se dévoiler très tôt, avec des coureurs importants. Et il y a matière à le faire ce dimanche, dans une course en ligne qui promet d’être explosive.
Car, il faut le dire, sur le papier, cette équipe de France est sacrément séduisante. Avec Julian Alaphilippe, Romain Bardet, Julien Bernard, David Gaudu, Romain Grégoire, Valentin Madouas, Rudy Molard et Pavel Sivakov. Pas d’immenses favoris, surtout comparés à des Tadej Pogacar, Remco Evenepoel ou Mathieu van der Poel, qui s’annoncent comme les trois grands coureurs à suivre.

Des coureurs qui ont des références sur des Monuments
Et quel intérêt aurait cette équipe de France à tenter des coups de loin et de projeter des coureurs importants dans tous les coups ? Car si la France n’a pas d’immense favori, elle peut composer sur le nombre, la seule tactique qui peut éventuellement mettre en difficulté les trois leaders. Pour ceux qui ont suivi le Tour de Luxembourg, on a vu un Mathieu van der Poel, qui était sans doute très fort, se faire harceler par plusieurs coureurs, sur divers moments de course, y compris sur des replats. Et le Néerlandais a fini par se faire piéger et perdre le classement général, alors que sur son attaque finale, il a affiché une excellente condition. Preuve que même un ogre comme lui peut-être piégé à un moment.
Et quand on se penche sur la composition de l’équipe de France, on s’aperçoit qu’il y a quelques coureurs qui ont des références sur de longues courses usantes, avec la route qui peut se cabrer, comme ce sera le cas à Zurich. On ne présente plus Julian Alaphilippe, double champion du monde et vainqueur de Milan-San Remo. Un coureur qui a gagné une course majeure en 2019, 2020 et 2021 et qui est revenu en forme en 2024. Mais Romain Bardet (podium sur Liège-Bastogne-Liège 2018 et 2024), Valentin Madouas (podium sur le Tour des Flandres 2022) et David Gaudu (podium sur Liège-Bastogne-Liège 2021) ont aussi des arguments à faire-valoir. Des courses qui se caractérisent par leur long kilométrage.
Attaquer, se sacrifier pour user les coéquipiers adverses
Si la France veut avoir une petite chance face aux trois ogres, il faut compter sur le marquage entre les immenses favoris. Il est vrai que si Tadej Pogacar, Remco Evenepoel ou Mathieu van der Poel sont isolés, qui fera l’effort pour l’autre ? On connait la générosité du Slovène, mais le voir se sacrifier et s’exposer aux contres, c’est peut-être quelque chose qui peut trotter dans sa tête. Mais pour les isoler, il faut fatiguer les différents équipiers. Que ce soit la Belgique, la Slovénie et les Pays-Bas, les équipes sont belles sur le papier et les équipiers solides. Il faudra que la France sacrifie un (ou plusieurs) de ses leaders, pour obliger les autres à faire des efforts. Et pour user les coéquipiers, il faudra oser de loin et peut-être avant le début du circuit.
Et même comme cela, cela risque de ne pas marcher. Mais on ne va pas se mentir, à la pédale, n’importe quel Français n’aura même pas 1% de chance de sortir un des trois « monstres ». Alors les trois dans la même course, cela devient une utopie. Mais une utopie partagée par d’autres pays. Et c’est là que la France peut se trouver des alliées. On pense à l’Italie qui possède quelques solides coureurs, comme la Colombie, le Danemark et même l’Espagne. Des pays qui auront, eux aussi, intérêt à lancer la course de loin. On ne connait évidemment pas le futur champion du monde et le successeur de Mathieu van der Poel. Mais on a une intuition, celle que la course de dimanche peut-être débridée. Et si c’est le cas, il est possible que Thomas Voeckler ne soit pas étranger à cela. On en salive déjà d’avance.



