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Favoris et outsiders Course en ligne Championnats du monde 2024

Emilien Descampiaux

Publié le

Favoris et outsiders Course en ligne Championnats du monde 2024
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CYCLISME CHAMPIONNATS DU MONDE 2024 – Trois coureurs se démarquent cette année pour convoiter le maillot arc-en-ciel aux Championnats du monde à Zurich : Mathieu van der Poel, Tadej Pogacar et Remco Evenepoel. Le parcours sélectif de Zurich pourrait permettre une vraie sélection entre les coureurs et déboucher sur une grande explication entre les cadors. Les favoris et outsiders.

De grosses individualités

Tadej Pogacar n’a plus qu’un objectif ultime en cette fin de saison après une saison monumentale : le maillot arc-en-ciel. Le Slovène n’a connu la défaite qu’à deux reprises cette année, sur Milan-San Remo et sur le Grand Prix de Québec. Pogi a montré sa domination sur de nombreuses courses d’un jour cette année et les années précédentes en s’adjugeant, le Ronde, les Strade Bianche, la Flèche Wallonne, l’Amstel Gold Race, Liège-Bastogne-Liège et le Tour de Lombardie. Troisième à Glasgow, l’an dernier, le parcours vallonné zurichois lui correspondra beaucoup mieux que le tourniquet écossais. De plus, Pogi semble avoir pris un gros ascendant psychologique sur le peloton comme on l’a vu à Montréal alors que le triple vainqueur du Tour n’était pas impérial. Le doute pourrait venir de son entente avec Primoz Roglic. Ce dernier verra dimanche une de ses dernières chances de maillot arc-en-ciel.

Remco Evenepoel est peut-être le deuxième meilleur coureur de la saison, malgré sa grosse chute sur le Tour du Pays Basque. Incapable de battre Pogacar en Grand Tour, sur les courses d’un jour, tout est possible. Comme le Slovène, le Belge est un tueur sur les classiques accidentées. Capable d’attaques fulgurantes comme lors de ses deux succès sur Liège-Bastogne-Liège comme d’offensives malignes tactiquement comme lors de la course en ligne olympique et lors de son sacre mondial en Australie. Malheureusement, leur duel a souvent été reporté à cause d’une chute et d’autres circonstances. On espère donc que ce championnat du monde sera enfin la bonne. De plus, le Belge ne semblait pas encore au top niveau physiquement, après son gros été avec deux titres olympiques et une troisième place sur le Tour. Le bémol sera l’absence de Wout Van Aert qui permet de neutraliser certaines offensives des rivaux de Remco Evenepoel. On suivra aussi Maxim Van Gils, qui sera la deuxième carte des Belges. Le puncheur de la Lotto Dstny a réalisé une grosse saison 2024 en remportant grâce à sa pointe de vitesse Eschborn-Francfort et le Grand Prix du Canton d’Argovie. Une pointe de vitesse utile en cas de regroupement dans le final.

De son côté, Mathieu van der Poel est le tenant du titre. Mais, le Néerlandais trouvera un parcours plus sélectif que lors de son sacre dans les rues de Glasgow. Néanmoins, il ne faut pas sous-estimer les capacités de Mathieu van der Poel et surestimer la difficulté du parcours. MVDP a pu terminer sur le podium de la Doyenne cette année. De plus, il a perdu du poids pour mieux grimper les plus de 4 000 mètres de dénivelé sur le parcours zurichois. van der Poel est un homme des grands rendez-vous en remportant, en plus de son sacre mondial, Milan-San Remo en 2023, les deux dernières éditions de Paris-Roubaix et trois fois le Ronde. Sur les montées courtes, il peut suivre Pogacar et Evenepoel. Mais, la répétition des efforts et les montées plus longues peuvent enterrer ses espoirs de titre mondial. De plus, MVDP n’aura pas une équipe hyper forte autour de lui.

Marc Hirschi, c’est l’homme de cette fin de saison. Depuis sa victoire début août sur la Clasica San Sebastian, le Suisse était intouchable avec cinq victoires d’affilée sur cinq courses d’un jour, sur des parcours difficiles et vallonnés. Explosif, résistant et en pleine confiance, on le pense même capable de suivre les attaques des meilleurs sur ce type de parcours. Mais, sur une course aussi longue et face à des cadors comme Pogacar et Evenepoel, ses chances de titre seront moindres, mais pas impossible. Néanmoins, il a montré de meilleures jambes que MVDP lors de l’étape reine au Luxembourg. Malheureusement, la sélection suisse sera moins bien armée que celle des Belges. Mauro Schmid et Stefan Küng auront un rôle important. Ces deux lieutenants d’Hirschi ont été performants et offensifs sur la dernière Vuelta.

Des gros collectifs

Deuxième du Grand Prix de Montréal, derrière Tadej Pogacar, Pello Bilbao a fait très bonne impression au Canada et sera en forme pour cette course en ligne. Polyvalent, le Basque a du punch, une bonne pointe de vitesse et est capable de rouler en solitaire. Face aux autres favoris, il va devoir anticiper, puisqu’il semble un petit cran en dessous. Le coureur de la Bahrain-Victorious formera un beau duo avec Juan Ayuso. Revenu du Covid, Ayuso a repris sur les deux courses canadiennes où il a joué l’équipier de Pogacar. Lauréat du chrono du Tour de Luxembourg, il trouvera un parcours usant comme il les aime. Pour rappel, il a gagné le Tour du Pays basque, cette année. Enfin, l’Espagne aura une troisième carte avec une bonne pointe de vitesse en cas d’explication en petit comite : Alex Aranburu, deuxième du Grand Prix de Wallonie. Avec un collectif aussi fort et homogène, on devrait voir les Espagnols très offensifs.

Que va sortir de son chapeau Thomas Voeckler ? Julian Alaphilippe n’est plus le puncheur exceptionnel qui a été sacré à deux reprises champion du monde à Louvain et à Imola. Mais, sa présence est un atout tactique et il reste un coureur d’une certaine valeur en terminant deuxième de la Clasica San Sebastian et troisième sur le GP de Montréal. Cependant, le coureur en grande forme du côté français est David Gaudu. Excellent lors de la dernière semaine de La Vuelta, le Breton vient de finir troisième sur les routes luxembourgeoises en remportant la dernière étape. En cas de grande bataille entre les grands favoris, il semble le seul Français à pouvoir limiter les dégâts. De plus, on l’a déjà vu briller par le passé sur les courses d’un jour. La France pourrait aussi brouiller les cartes avec le médaillé d’argent des JO de Paris, Valentin Madouas.





Les Britanniques auront aussi un collectif très intéressant avec les frères Yates, Stephen Williams et Tom Pidcock. Malheureusement, Adam et Simon Yates ne sont pas reconnus comme être d’excellents coureurs sur des courses d’un jour. Le champion olympique de VTT a, quant à lui, a de nombreux doutes sur sa forme après sa chute sur le Tour de Grande-Bretagne. En grande forme, Pidcock est quand même un cran en dessous de Pogacar et d’Evenepoel. Néanmoins, la Grande-Bretagne devrait suivre la même tactique que les Français, les Italiens et les Espagnols en étant offensifs pour ne pas à assumer le poids de la course et anticiper la grande bataille entre les cadors. La meilleure carte sera sans doute le lauréat de La Flèche Wallonne et du Tour de Grande-Bretagne : Stephen Williams, très à l’aise dans les conditions humides et fraiches. Les Italiens proposeront un effectif riche sans gros leader avec Giulio Ciccone, Andrea Bagioli, Diego Ulissi et Antonio Tiberi en l’absence d’Alberto Bettiol.

Puis, cinquième de la dernière Vuelta, Mattias Skjelmose Jensen sera sans doute un gros outsider sur ce type de parcours, s’il s’est remis de sa chute sur le dernier Tour de Luxembourg. Candidat sérieux au top 10, le neuvième de Liège-Bastogne-Liège peut aller chercher une médaille avec un bon coup tactique. Pour le titre mondial, il va falloir un gros marquage entre les favoris. On aura également à surveiller l’Américain Matteo Jorgenson, vainqueur au printemps de Paris-Nice et qui a été excellent cet été sur la Grande Boucle avec une huitième place. Il a clairement passé un cap depuis son arrivée chez Visma Lease a Bike. Enfin, Michael Matthews aura du mal de jouer à la pédale avec les meilleurs dans les bosses. Il misera sur la même tactique qu’au Grand Prix de Québec où il s’est imposé après avoir attendu les derniers mètres pour s’imposer. L’Australien, multimédaillé aux Mondiaux, s’accrochera dans les bosses et attendra le final descendant pour revenir sur les hommes de tête. Mais, combien d’hommes ? Il bénéficiera du soutien du 2e du Tour d’Espagne Ben O’Connor.

Palmarès de la course en ligne des championnats du monde

2023 : Mathieu van der Poel (Pays-Bas) – Résumé – Classement

2022 : Remco Evenepoel (Belgique) – Résumé – Classement

2021 : Julian Alaphilippe (France) – Résumé – Classement

2020 : Julian Alaphilippe (France) – Résumé – Classement

2019 : Mads Pedersen (Danemark)

2018 : Alejandro Valverde (Espagne)

2017 : Peter Sagan (Slovaquie)

2016 : Peter Sagan (Slovaquie)

2015 : Peter Sagan (Slovaquie)

2014 : Michal Kwiatkowski (Pologne)

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