Athlétisme : Les femmes ont pris le pouvoir en France
ATHLÉTISME – Dans la progression de l’athlétisme tricolore, les femmes se démarquent avec une émergence de talents sur plusieurs disciplines. Au point de prendre le pas sur l’athlétisme masculin français.
C’est un nouveau phénomène dans l’athlétisme français. Cyréna Samba-Mayela, Alice Finot ou même Louise Maraval. Les femmes ont réalisé de beaux résultats, lors des derniers Jeux Olympiques de Paris. La seule médaille étant venue de la spécialiste du 100 m haies. Une renaissance de l’athlétisme féminin en France, longtemps en difficulté. Et qui s’est cherché des héritières à des athlètes comme Christine Arron, Manuela Montebrun, multiples médaillées au niveau mondial. Il y a eu Mélina Robert-Michon, qui a énormément porté l’athlétisme féminin ou Alexandra Tavernier, mais bien seules à remporter des médailles depuis les années 2010, alors que des athlètes comme Renaud Lavillenie, Yohann Diniz brillaient. Pour un total de huit athlètes hommes médaillés sur cette même période.
Un cap franchi entre 2023 et 2024
Une performance symbolisée par un immense cap franchi entre 2023 et 2024. Seules huit femmes avaient réalisé les minima pour les championnats du monde de Budapest en 2023. Contre 29 chez les garçons. Pour les JO de Paris, c’était beaucoup plus paritaire, malgré des minima durcis entre 2023 et 2024. Vingt femmes ont réalisé les minima pour 36 hommes. Pas encore du 50-50, mais 12 femmes en plus ont réalisé les minima, contre « seulement » sept chez les hommes. Forcément, la marge est moins grande chez les hommes, mais cela prouve aussi une spectaculaire progression chez les femmes.
À l’heure où on écrit ces lignes, onze femmes ont réalisé les minima World Athletics pour les championnats du monde de Tokyo, contre douze hommes. Cette fois-ci, on arrive à une quasi-parité. Et même si cette marque ne comptera pas (officiellement) dans la qualification pour Tokyo, la FFA ayant privilégié ses propres minima et/ou une éventuelle place dans les 16 premiers aux bilans mondiaux, c’est quand même très symbolique, alors que nous ne sommes qu’au mois de mars, au moment où on écrit ces lignes.
Les femmes ont brillé à Rome
Cela n’a pas échappé aux suiveurs, l’édition 2024 des championnats d’Europe a été un bon cru pour l’équipe de France. Avec 16 médailles, dont quatre titres. Pour se hisser à la 2ème place du classement des médailles, derrière l’Italie, pays hôte. Et parmi ces seize breloques, dix l’ont été pour les femmes (Hélène Parisot, Anaïs Bourgoin, Agathe Guillemot, Cyréna Samba-Mayela, Louise Maraval, Alice Finot, le relais 4×100 m, Ilionis Guillaume, Rose Loga et Auriana Lazraq-Khlass).
Dont les deux titres pour Alice Finot et Cyréna Samba-Mayela qui, avec Clément Ducos (absent à Rome) ont été les trois Français les plus performants aux JO, en individuel. Cela contraste tellement avec l’édition précédente à Munich. Où la seule Rénelle Lamote était montée sur la boite sur 800 m. D’une à dix médailles en seulement deux ans, le changement est spectaculaire. Et même si ce n’est encore totalement concrétisé au niveau mondial, c’est très prometteur.
Cela peut durer : les raisons de le penser
Il y a toutes les raisons de penser que cet avènement puisse s’inscrire dans la durée. Avec une génération qui a entre 23 et 27 ans et qui arrive progressivement à maturité. Des athlètes qui devraient progresser à l’avenir et s’inscrire, au minimum, dans la durée au niveau européen. Les championnats d’Europe en salle, qui vont débuter ce jeudi à Apeldoorn, peuvent continuer à consacrer l’athlétisme féminin. On peut raisonnablement espérer cinq médailles chez les femmes. Pour rappel, à Istanbul en 2023, six athlètes français avaient été médaillés. Seule Agnès Raharolahy, qui avait créé une énorme surprise sur 800 m, était montée sur la boite. À la 3ème place. Là aussi, le changement pourrait être radical.
Girl on fire! 🔥
7️⃣.7️⃣6️⃣ for Laeticia Bapte 🇫🇷 in the 60m hurdles semifinals at the French Indoor Championships! ⚡️
(Video @FFAthletisme)pic.twitter.com/jXl7apmCjs
— European Athletics (@EuroAthletics) February 22, 2025
La marche féminine n’avait aucune représentante jusqu’aux championnats d’Europe 2022. Elles sont déjà trois (Clémence Beretta, Camille Moutard et Pauline Stey) à avoir réalisé les minima World Athletics pour Tokyo. Une émulation avec la jeunesse qui frappe très fort à la porte (lire plus bas). C’est également le cas de la perche, où Marie-Julie Bonnin brille. Mais on n’oubliera pas que Margot Chevrier, encore convalescente, a montré la voie. Il y a une belle densité de perchistes capables d’aller chercher des barres à 4.50 m ou plus. Alors que Laëticia Bapté, sur 60 m haies, a parfaitement pris le relais d’une Cyréna Samba-Mayela, qui a fait l’impasse sur la saison en salle. Et s’avance en prétendante aux Pays-Bas.
La jeunesse qui pousse
Il faut aussi aller regarder du côté des jeunes. Et le premier nom qui vient à l’esprit est celui de Méta Tumba. Qui a été la seule athlète à décrocher une médaille sur 400m, lors des derniers championnats du monde. Et pas le plus vilain des métaux, car l’Angoumoisine a été sacrée championne du monde, avec un nouveau record de France U20 (55.59). La spécialiste du tour de piste a attiré les regards. Mais il faut aussi retenir un autre nom, celui de Chloé Le Roch. La marcheuse a pris la 8ème place du 10000 m marche, alors qu’elle n’était que cadette. Une grande performance, avec un nouveau record de France… juniors. Avec un chrono de 45:52.89. Elle a poursuivi cet hiver, en améliorant son record de France du 3000 m marche. Elle incarne, elle aussi, cette relève très prometteuse.



