[Vidéo] Marie-Julie Bonnin (perche) : « Je ne réalise pas que je suis championne du monde »
ATHLÉTISME – Entretien vidéo avec Marie-Julie Bonnin, au lendemain de son titre mondial en salle, à la perche à Nankin (Chine). La Bordelaise, qui est devenue la première française championne du monde à la perche, ne réalise pas encore son exploit.
Propos recueillis par Victoire Eyoum et retranscris par Étienne Goursaud.
Dicodusport est allé à la rencontre de Marie-Julie Bonnin, auteure d’un immense exploit, lors des championnats du monde en salle, fin mars. Avec un titre de championne du monde de la perche. Si on lui avait dit cela en début de saison, peut-être qu’elle nous aurait tous pris pour des fous. Mais c’est désormais une réalité. Venue, selon ses termes, faire un braquage à Nankin (Chine), la Française est devenue la toute première Bleue championne du monde dans cette discipline. Deux semaines après avoir la première à décrocher une médaille européenne à Apeldoorn (Pays-Bas). Tout va très vite pour la Bordelaise qui admet « ne pas avoir encore digéré » son exploit en Chine. « J’ai l’impression que, dès qu’on m’en parle, je pouffe de rire, car c’est irréel », reconnait la perchiste. Qui n’a pas totalement réalisé sur le podium.
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« Je me sens légitime avec ces filles qui sautent haut »
Irréel, oui, mais dans le cheminement d’une saison absolument parfaite. Avec comme pire concours, un 4.51 m en rentrée à Dévoluy. Elle a battu trois fois son record en salle (4.66 m à Bordeaux, 4.71 m à Roubaix puis le record de France égalé à 4.75 en Chine). Quatre concours à 4.70 m ou plus. « On a trouvé la formule magique ». Elle raconte son concours en Chine, ce moment où tout bascule : « Quand Tina (Sutej NDLR) ne passe pas, je ne réalise pas, je reste dans mon concours, avec comme objectif de réaliser 4.80 m. J’étais formatée, avec envie de sauter 4.80 m. Sans me laisser submerger par les émotions ».

Elle a abordé la compétition avec décontraction, mais avec envie de ramener une médaille. « Je voulais sauter haut, faire le record de France. Je suis légitime d’être avec filles qui sautent haut et je me sens à ma place. Ce qui n’était pas le cas avant. On a bien travaillé à l’entraînement ». Elle évoque sa gestion dans ses concours : « Des moments de on/off ». Mais aussi qu’elle, femme métisse, soit devenue championne du monde, dans une discipline très « blanche », encore plus chez les femmes : « On est une ou deux métisses au niveau international et c’est bien de montrer qu’on peut gagner. Mais je veux aussi montrer qu’on peut s’amuser et montrer à toutes les petites filles, que c’est possible ». Elle évoque également la saison estivale et des ambitions rehaussées : « On prend une nouvelle dimension. Ce serait sympa de faire médaille à Tokyo, mais je vais peut-être viser une autre couleur ».
Rendez-vous cet été !

