Tour de France 2025 : Eenkhoorn et Van Wilder, héros de l’ombre pour Valentin Paret-Peintre
TOUR DE FRANCE 2025 – Ce mardi, Valentin Paret-Peintre a débloqué le compteur tricolore sur la Grande Boucle en s’imposant au sommet du Mont Ventoux. Une victoire exceptionnelle rendue possible par le dévouement total de ses deux coéquipiers de la Soudal-Quick Step, Pascal Eenkhoorn et Ilan Van Wilder.
Cela faisait plus de quinze jours que la France attendait ça. Depuis le départ de la Grande Boucle, la question habituelle se posait : quand est-ce qu’un Français parviendra à lever les bras ? Il faut dire que jusque-là, il avait été difficile d’y croire. Entre les sprints massifs où aucun tricolore n’est en capacité de lutter pour la victoire, les étapes de montagne vampirisées par Tadej Pogacar et les échappées victorieuses garnies de mastodontes du peloton, l’opportunité tant attendue ne s’était jamais présentée. Jusqu’à ce que que Valentin Paret-Peintre sorte du bois.
La Soudal-Quick Step panse la blessure Evenepoel
Révélation du Tour d’Italie 2024 où il avait remporté une étape, mais également terminé 2ème d’une autre, le pur produit de la formation chambérienne avait rejoint la Soudal-Quick Step l’été dernier pour devenir le lieutenant des deux grands leaders en montagne de la formation belge : Mikel Landa, et surtout Remco Evenepoel. Aux côtés du Belge durant les deux premières semaines, il a été libéré de son rôle suite à l’abandon du Belge dimanche dernier, ce qui lui a permis de s’exprimer avec réussite à l’avant de la course ce mardi. Cependant, Paret-Peintre n’a pas été seul pour aller chercher ce succès. Bien au contraire, il s’agit d’une véritable victoire d’équipe, patiemment orchestrée tout au long de la journée.
Si la formation belge avait initialement raté la première échappée du jour (un trio composé de Haller, Hirschi et Meurisse), cette dernière a rectifié le tir en profitant des mouvements de course pour placer trois hommes dans une nouvelle échappée massive de 35 coureurs : Valentin Paret-Peintre donc, mais également Pascal Eenkhoorn et Ilan Van Wilder. Ces deux coureurs ont ensuite joué un rôle capital tout au long de la journée pour entourer du mieux possible le coureur français.

Eenkhoorn et Van Wilder, gregarios capitaux et dévoués
À une soixantaine de kilomètres de l’arrivée, tout aurait pourtant pu basculer. À l’initiative du duo de la Tudor Pro Cycling Matteo Trentin – Julian Alaphilippe, un groupe de huit coureurs s’est extirpé de cette échappée pour prendre le large. Au sein de ce nouveau coup, seul Pascal Eenkhoorn représentait la formation Soudal-Quick Step. Un véritable problème étant donné que le coureur néerlandais représentait clairement la plus mauvaise carte à jouer en vue de la difficile arrivée au Ventoux. Le coureur néerlandais s’est donc laissé décrocher pour attendre ses deux coéquipiers. Alors que tout le monde s’enterrait, c’est lui qui a permis à ce groupe de rester dans le coup en limitant l’écart au maximum avant les premières pentes (1:30).
Puis, Ilan Van Wilder est entré en jeu au pied du mont chauve. Le Belge a donné un relais appuyé pour ensuite permettre à son coéquipier français d’entamer sa lente remontée sur le premier groupe. Revenu avec Ben Healy sur Enric Mas, Paret-Peintre s’est montré solide pour résister aux attaques de l’Irlandais. Mais alors que la victoire semblait promise à l’un de ces trois hommes, ces derniers se sont observés dans le final, laissant Santiago Buitrago revenir dans le jeu. Puis, revenu de nulle part, Ilan Van Wilder a déboulé dans le dernier kilomètre au prix d’un énorme effort pour donner un dernier coup de main, et éviter un potentiel retour du duo infernal Pogacar-Vingegaard.
Sans réfléchir, le Belge a dépassé le quatuor en faisant un signe de la tête à Valentin Paret-Peintre que l’on pourrait interpréter par « suis-moi ». Van Wilder a ainsi fait le poisson pilote durant 600 mètres avant de laisser Healy et son coéquipier en découdre pour la victoire.

« Je ne vais jamais oublier cette journée »
Suite aux victoires de Tim Merlier sur les 3ème et 9ème étapes, la Soudal-Quick Step a réalisé la passe de trois, grâce à cet effort collectif exceptionnel. Une fois la ligne franchie, ce même Van Wilder est revenu au micro d’Eurosport sur cette journée folle :
« Je suis tellement content pour Valentin et pour l’équipe. Il me disait qu’il se sentait très bien alors que je n’avais de si bonnes jambes. On a décidé de jouer sa carte. Je n’ai pas de problème à rouler pour quelqu’un d’autre. Quand j’ai vu dans les derniers kilomètres que je n’étais pas très loin, j’en ai remis pour revenir, et je n’ai pas hésité à rouler pour éviter le retour du maillot jaune. C’était incroyable, je ne vais jamais oublier cette journée ».
Plus que jamais, cette victoire de Valentin Paret-Peintre a prouvé que le cyclisme est un véritable sport collectif, où le travail et le don de soi de chacun est indispensable pour propulser un élément au sommet. Comme Frank Frank van den Broek avec Romain Bardet sur le Tour 2024 ou Mirco Maestri avec Julian Alaphilippe lors du Giro 2024, la France s’est trouvée deux nouveaux héros en Pascal Eenkhoorn et Ilan Van Wilder. Deux coureurs étrangers qui se seront sacrifiés pour permettre à un Français de lever les bras. Pour cela, un grand merci messieurs !
Ilan Van Wilder – MVP 🙌#TDF2025 pic.twitter.com/ZHR2urMRET
— Soudal Quick-Step Pro Cycling Team (@soudalquickstep) July 22, 2025


